Mayotte : Le député (LR) Mansour Kamardine alerte sur la situation critique du département

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© Mansour Kamardine Député

Mayotte, marquée par une forte pression migratoire, est en proie à « une vive tension » dans la population, alerte le député mahorais Mansour Kamardine (LR) dans un entretien à l’AFP, estimant qu’on est assis sur un chaudron ».

« Nous allons vers de graves troubles, il ne faut pas sous-estimer la colère des Mahorais », prévient le nouveau député, récemment élu. « Je suis à Paris pour alerter sur la situation à Mayotte », explique le parlementaire, qui a commencé à faire le tour des ministères et cabinets.Il demande au gouvernement « un signal fort: empêcher les kwassas (bateaux de pêche comoriens qui transportent les clandestins) de venir », insiste-t-il. « Peut-on m’expliquer comment une puissance maritime comme la France n’a pas les moyens de contrôler un bras de mer de 70 km? » ajoute-t-il.

L’île manque d’infrastructures et d’équipements, souffre d’un faible développement économique et connaît le taux de chômage le plus élevé des départements d’outre-mer (36,6%). Selon M. Kamardine, « 52% de la population mahoraise est clandestine », et 8 naissances sur 10 sont des naissances de clandestins ». Pour le parlementaire, « personne ne supporterait dans l’Hexagone ce qu’on vit là-bas ». Il justifie les « décasages » (expulsions parfois violentes de clandestins par la population, ndlr), qui ont eu lieu en 2016: « Dans l’esprit des Mahorais, ou l’Etat fait le job, ou ils le font à sa place. »

 La solution selon le député: « une coopération bilatérale » avec les Comores, pour améliorer la situation de la population comorienne et endiguer l’immigration clandestine. « On dépense 60 millions par an pour lutter contre l’immigration clandestine, on pourrait mobiliser une partie de cette somme au service du développement des Comores. Je sais que la France a les moyens d’imposer cette coopération », assure-t-il.

L’élu, qui est le seul député LR à avoir voté la confiance à Edouard Philippe -il n’était pas au courant des consignes, explique-il-, juge que le Premier ministre a « développé des sujets que Mayotte voulait entendre, comme l’immigration, la sécurité, l’école ».  Sur ce dernier sujet, il salue le projet de classes de 12 élèves en CP: « je ne peux pas m’opposer à cette mesure et dire ensuite j’en ai besoin pour Mayotte», où les élèves sont 36 par classe, et certains par rotation (soit le matin, soit l’après-midi) faute de places.

Avec AFP

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