Lutte contre l’homophobie : En Martinique, le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT veut avancer sur la création d’une ligne d’écoute

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Frédéric Potier ©MAXPPP

En déplacement de deux jours à partir de ce dimanche, le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), Frédéric Potier veut avancer sur la création d’une ligne d’écoute dédiée aux personnes souffrants d’homophobie sur ce territoire. Un lancement qu’il souhaite cette année. Frédéric Potier revient également sur un constat alarmant annoncé en début de semaine par le ministre de l’Intérieur : l’augmentation des actes antisémites en France.  

Ce dimanche, vous entamerez un déplacement de deux jours en Martinique : quel est l’objet de ce déplacement ? 

C’est un déplacement qui s’inscrit dans un plan d’action qui avait été signé par l’Académie de Martinique et le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, en décembre, et dont le but était de lutter contre l’homophobie à l’école et dans l’enseignement supérieur. Une série d’engagements avaient été actés, notamment pour faire reculer les préjuger, la haine, et favoriser la formation. Parmi nos priorités pour 2019, il y a la création d’une ligne d’écoute, un engagement de Marlène Schippa pris en conseil des ministres. C’est ma priorité : rencontrer des associations, estimer la situation et pouvoir passer aux choses concrètes pour financer et armer cette ligne d’écoute.

En 2018, un rapport parlementaire révélait que les haines anti-LGBT était plus "virulentes" en Outre-mer

En 2018, un rapport parlementaire révélait que les haines anti-LGBT était plus « virulentes » en Outre-mer

Mon souhait pour cette ligne d’écoute c’est que ce soit une association martiniquaise avec des bénévoles parlant le créole et qui comprennent les problématiques locales. Et il faut que ce soit des gens formés car il s’agit de recueillir les souffrances, la parole de victimes d’homophobie qui ont parfois des traumatismes. Cela prend un peu de temps. On veut que cette ligne d’écoute soit ouverte dans de bonnes conditions, qu’on puisse en faire la communication et faire un vrai lancement avec une vraie portée sur le territoire. Cette ligne d’écoute existe en Guyane et La Réunion. Ça marche très bien. Et l’idée est de capitaliser sur ces expériences, qu’on puisse faire partager les connaissances

En début de semaine, le ministre de l’Intérieur a annoncé une hausse de 74% des actes d’antisémites en France. Est-ce qu’on cette augmentation s’observe aussi en Outre-mer ?

L’antisémitisme est beaucoup moins aiguë en Outre-mer, ne serait-ce parce que les communautés juives sont beaucoup plus réduites en taille. Ce qui ne veut pas dire qu’elles en soient complètement dépourvues. Il y a toujours un vieux fond de croyances antisémites qui peuvent exister. C’est aussi important que l’on puisse évoquer ces questions, en lien avec l’Histoire notamment. Quand on regarde le code noir et les règles qui régissait l’esclavage, l’article 1er interdisait la traite aux juifs, parce qu’il ne fallait pas qu’ils se saisissent d’une activité « rentable » (Frédéric Potier insiste sur les guillemets). Frantz Fanon disait aussi : « quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous ». Car derrière l’antisémitisme, il y a la haine de l’autre, des minorités, des cultures ou des religions qui peuvent être différentes.

D’où vient selon vous ce constant ? Quand on regarde le vivre ensemble à La Réunion, entre des communautés religieuses différentes (chrétiennes, musulmanes, hindoues), des ethnies différentes (descendants d’esclaves africains ou malgaches, européens, asiatiques), est-ce qu’il n’y a pas là un exemple à prendre ? 

Derrière cette augmentation de l’antisémitisme et le racisme en général, il y a une vraie question de vision politique de notre société. Ce ne sont pas simplement des faits divers, des agressions d’ordre dispersées, c’est aussi une tension entre deux visions politiques : l’une qui serait une France très repliée sur des traditions, une religion, une ethnie ; et de l’autre côté, une France qui est celle d’aujourd’hui, ouverte, métissée, multiculturelle. C’est pour cette France que je me bats. Et il y a un vrai combat politique derrière ça. Et c’est aussi important qu’on n’oublie pas que les Outre-mer en sont l’illustration. Quand à La Réunion, il y a des communautés très différentes, sur le plan religieux, ethnique ou culturel, et qui coexistent très bien ensemble, c’est quelque chose de très positif et qu’il faut rappeler.

Au-delà du vivre-ensemble, car on peut très bien vivre ensemble mais de manière séparée, j’insiste plutôt sur la notion du « faire ensemble » avec des actions très concrètes. C’est pour ça que nous soutenons des projets très différents dans les Outre-mer, dont le Memorial Act en Guadeloupe à travers une convention par exemple. Ce n’est pas simplement avoir un discours, c’est mettre en place des actions pour faire ensemble.

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