Législatives 2017: Olivier Serva présente sa candidature aux Guadeloupéens de l’Hexagone

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Ce jeudi 13 avril à Paris, le 3ème Vice-président de la Région Guadeloupe, Olivier Serva, a présenté sa candidature aux Législatives devant les Guadeloupéens et Ultramarins de l’Hexagone.

Candidat dans la 1ère circonscription de la Guadeloupe, Oliver Serva a choisi de débattre avec les Guadeloupéens de l’Hexagone pour présenter et développer son programme. « Vous avez des problématiques que l’on va évoquer et un pouvoir d’influence sur le Pays », a-t-il expliqué. Le candidat se veut volontariste: « si je suis élu, j’organiserais un rassemblement des parlementaires des Outre-mer pour défendre les projets que nous avons en commun ». Autre point évoqué sur le plan du rajeunissement des cadres locaux: améliorer le travail réalisé par Ladom (Agence de l’Outre-mer pour la mobilité) afin de « favoriser le retour au Pays avec des perspectives d’emploi sérieuses ». En effet, selon Olivier Serva, le faible taux de natalité de la Guadeloupe (2,1 enfants par femme), ajouté au non-retour des jeunes diplômés, fait craindre un vieillissement de la population guadeloupéenne. Olivier Serva compte également exiger la remise en place de « la défiscalisation sur les énergies propres Outre-mer », supprimée sous le quinquennat Sarkozy.

Olivier Serva ne cache pas son soutien officiel à Emmanuel Macron pour la Présidentielle. Max Dubois, représentant Outre-mer du candidat d’En Marche!, s’est exprimé durant cette rencontre, notamment sur la filière pêche. Il lève enfin le voile sur le nom de sa suppléante: Marlène Miraculeux-Bourgeois, une « femme de terrain », « trois fois maire de Capesterre de Marie-Galante ».

Olivier Serva: « Je veux aider mon île à déployer ses ailes de papillon »

Avant le débat et la présentation de son programme aux Guadeloupéens de l’Hexagone, Olivier Serva s’est confié, en exclusivité, à la rédaction d’Outremers360.

Pourriez-vous vous présenter ?

Laissez-moi d’abord vous parler de mes grands-parents car j’ai pour eux une affection toute particulière. Tout d’abord, du côté maternel, mon grand-père et ma grand-mère aux Grands-Fonds de Sainte-Anne, aux confins des Abymes. Mon grand-père tout d’abord m’a inculqué l’amour des animaux, des cochons en premier lieu. J’ai eu à élever mon propre cochon, une femelle que j’ai nommé Grisette en référence à la couleur si singulière de ses poils. J’y ai mis beaucoup de passion et de bonne volonté durant les petites vacances et les week-ends surtout. J’ai pu amener les femelles à la saillie, notamment ma Grisette dont la vente des petits me fournissait un bien utile argent de poche. C’est une image forte à mon esprit et qui m’est très chère.

La campagne de mes grands-parents maternels c’est aussi les vaches que mon grand-père m’amenait traire très tôt le matin alors que la rosée perlait encore sur la végétation environnante. On y allait à motocyclette, notre fameux grenat qui tire son appellation créole de la couleur de sa peinture. On y allait sans casque à l’époque, peu soucieux du danger dans cette belle campagne si sécurisante. C’est une époque faite de couleurs, d’odeurs, de senteurs et de sonorités.

Sur les lieux, je me vois encore arrivant tout guilleret, mon grand pot de fer blanc en main rempli de Tonimalt ou de Nesquick mêlé au bon sucre de canne roux. Et c’est à même les mamelles des vaches de mon grand-père que je remplissais à ras bord mon grand pot. Je ne me lassais jamais de la délectation de ce lait cru bien chaud, tendrement bercé par les senteurs si singulières de nos campagnes au levé du jour.

La campagne de mes grands-parents était aussi faite de bruits typiques comme celui des cochons qu’on tuait. Je dois à mon grand-père d’avoir appris ces techniques si particulières du grattage du porc sous nos latitudes. Et ces senteurs ! Celle des épices que j’aidais ma grand-mère à préparer pour la confection du boudin créole. Elle m’a transmis cet art subtil du mélange des ingrédients, le pain, le sang et les épices du jardin finement hachées, l’art qui consiste à vérifier la cuisson à l’aide d’une épine d’oranger.

La campagne de mes grands-parents maternels est celle aussi du goût inoubliable du bon boudin de ma grand-mère ! J’ai aussi appris à faire des balais de lataniers, ces petits palmiers typiques des sous-bois de la Grande-Terre au feuillage en éventail. Je me vois faisant sécher les feuilles au feu de bois, confectionnant ensuite avec dextérité des petits et de grands balais que ma grand-mère et moi vendions sur le petit marché de Pointe-à-Pitre.

J’ai le doux souvenir d’avoir vendu un énorme navet issu d’un petit coin du jardin de ma grand-mère qu’elle m’avait autorisé à cultiver moi-même. Immense fierté d’avoir réussi à vendre dix francs ce fruit de mon doux labeur car le jardinage aux côtés de ma grand-mère était un incomparable plaisir. Ces souvenirs si chers à mon cœur, expliquent pour beaucoup mon attachement à la campagne, à la Guadeloupe profonde et à sa capacité à s’auto-suffire et à nourrir ses enfants.

Du côté de mes grands-parents paternels, les moments précieux sont tout aussi importants. Mon grand-père Détercin qui habitait une modeste case, ne savait pas lire mais il m’a cependant inculqué de grandes valeurs qui ont beaucoup contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Il avait ce petit côté philosophe et il me prodiguait de bien utiles conseils en usant de formules dont lui seul avait le secret. Ainsi pour me faire comprendre que le verbe est précieux et qu’on doit en user avec circonspection il me disait avec autorité : « Olivier ta parole doit être fortifiante sinon tais-toi ! ».

Dada, ma grand-mère paternelle, agricultrice et commerçante à Boisvin aux Abymes, femme d’une indicible douceur qui mettait la famille au centre de tout. Elle ne se sentait épanouie qu’entourée de ses enfants et petits enfants ! Des agriculteurs communistes, d’infatigables travailleurs avec de grandes valeurs. Je suis littéralement habité par ces exemples si précieux dans ma construction personnelle.

Qu’est-ce qui vous porte, vous donne envie de vous lancer dans les Législatives ?

Je porte en moi l’amour de la vie, de mon prochain, de mes contemporains. C’est l’un des ressorts essentiels de mon profond désir d’accompagner mon peuple, de l’aider à se sublimer, à s’élever au-dessus de lui-même pour citer Aimé Césaire. Je veux aider mon île, au humble niveau qu’est le mien, à déployer ses ailes de papillon. Je suis comme disait Césaire, un arbre qui respire par ces racines. Je suis profondément ancré dans ma terre natale, indubitablement guadeloupéen et ardent défenseur de ce que je me plais à appeler la « guadeloupéanité ».

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L’archipel guadeloupéen est unique par ses spécificités reconnues dans le monde et qui en font l’une des dix plus belles destinations touristiques au monde. La Guadeloupe est riche de la grande variété de ses plages et rivières, de l’inégalée diversité de ses paysages .Sa richesse réside aussi dans la femme et l’homme guadeloupéen dont les caractères varient d’une commune à l’autre et d’île en île. Mon île à l’identité culturelle si forte qu’elle a vu sa musique traditionnelle le gwo ka classée au patrimoine immatérielle de l’humanité. Ce qui me porte ce sont donc ces richesses culturelle, émotionnelle, environnementale, qui ne demandent qu’à être sublimées pour révéler enfin l’extraordinaire potentiel de notre chère Guadeloupe.

L’archipel guadeloupéen est un diamant brut qui ne demande qu’à être habilement poli pour révéler toute sa splendeur. Ce faisant on doit se garder de ne point définitivement l’abimer. Porté par les valeurs liées à la République et à l’éducation, j’appelle de mes vœux la reconnaissance à mon archipel et à ceux qui y vivent, de leurs spécificités au sein de la République française.

En tant que de Guadeloupéen, quelles sont vos racines ?

Je ne peux évoquer mes racines sans que ne me vienne à l’esprit la métaphore de l’arbre qui déploie en un enchevêtrement complexe son système racinaire à 360 degrés autour de son tronc. Mes racines sont diverses, variées et entremêlées. Ma racine-mère est d’abord ma belle terre de Guadeloupe.

Je suis aussi noir et je porte donc sur mes traits mes origines africaines avec tout ce que cela comporte de charge émotionnelle liée aux traumatismes originels de l’esclavage et de la traite négrière. Il faut évoquer cette réalité pour mieux la dépasser et la conjurer. Il ya aussi mes racines caribéennes et caucasiennes liées à la géographie et à l’histoire.

Je ne désire donc point m’enfermer dans une racine monolithique, étouffante, qui ne me permettrait pas de m’épanouir pour continuer à filer la métaphore de l’arbre. Mes racines sont aussi faites de valeurs liées à mes parents, aux conseils qu’ils m’ont prodigué, à leur exemplarité. Mon père, exemplaire de courage et d’abnégation, reprenant ses études en même temps que moi pour réussir à devenir un professeur certifié de mathématiques. Ma mère, toute aussi motivée qui réussit sa reconversion de simple secrétaire à secrétaire comptable. A tout cela il convient d’ajouter les valeurs héritées de mes amis, de ma famille au sens large.

C’est pour toutes ces raisons que je place la valeur travail au centre de mes préoccupations .Je crois profondément en la force émancipatrice du travail et au respect profond de l’être humain quelque soit sa condition. Tout moun cé moun comme disent les haïtiens dépositaires d’une part de la fierté noir à travers leur accession à l’indépendance et au statut de première République noire. Mes racines sont enfin aussi scolaires car j’ai bénéficié d’une bonne éducation qui m’a permis de grandir et de m’épanouir.

Les souvenirs et la mémoire semblent être importants pour vous ?

Mes souvenirs sont nécessairement liés à l’expérience de la terre abymienne, de la campagne, des Grands Fonds comme je l’ai déjà évoqué par ailleurs, à l’expérience des valeurs inculquées par la famille, les amis, la République. Je suis habité par des souvenirs des expériences de vie avec les amis, les camarades, les militants du mouvement EKO ZABYM dont je suis le président.

Ces multiples souvenirs pour importants qu’ils soient ne m’enferment pas dans un passé dont je serais nostalgique mais au contraire me permettent de me projeter. Comme disait Sénèque, il n’est point de vents favorables à celui qui ne sait où il va. Je ne puis évoquer les souvenir sans évoquer l’avenir qui sont de mon point de vue intimement liés.

Alors justement, quel avenir pour la Guadeloupe ?

L’avenir réside dans l’entreprenariat et l’esprit d’entreprise. Il y a près de 70 000 chômeurs en Guadeloupe et c’est dans l’emploi privé qu’il faut trouver la clé pour permettre à chaque homme et chaque femme de devenir des personnes responsables qui s’érigent en exemples pour leur entourage et leur progéniture. L’entreprenariat et l’accompagnement des entreprises entrent dans mon champ de compétence à la Région Guadeloupe où ,en tant que 3ème vice- président, je suis chargé de l’octroi de mer et du développement économique.

L’avenir passe aussi nécessairement par l’écologie et chacun peut, dans sa vie quotidienne, avoir un comportement éco-responsable en se livrant par exemple au tri sélectif. Il faut tout faire en effet pour réguler les conséquences des gaz à effet de serre. Dans la même logique de préservation de notre environnement, il faut s’insurger avec véhémence contre des pratiques culturales qui conduisent à l’usage massif de produits hautement toxiques comme la chlordécone. Il faut aussi protéger notre biodiversité végétale contre la rapacité d’accapareurs intéressés.

Une part essentielle de notre avenir en tant qu’espace insulaire réside dans la nouvelle économie. Dans le contexte de la mondialisation qui voit la réduction des distances et des temps de communication, nous pouvons être au centre d’un monde devenu un village interconnecté. C’est dans cette logique de promotion tout azimut de la nouvelle économie, qu’à la Région nous travaillons beaucoup sur l’extension de la fibre optique pour qu’à l’horizon 2020 tout l’archipel guadeloupéen soit connecté. La Guadeloupe sera alors un pôle d’attraction caribéen en matière de nouvelle économie.

Nous œuvrons pour atteindre cet objectif par le biais des technopoles comme Audacia et l’établissement de pôles de compétitivité qu’on va installer avec la Région. On peut créer de la richesse grâce à la nouvelle économie qui constitue un atout indéniable pour notre territoire.

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