La Polynésie parmi les seuls pays ouverts aux touristes américains

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©Présidence de la Polynésie (Illustration)

Alors que la mesure de quarantaine obligatoire en Polynésie a été abandonnée ce 15 juillet, un premier arrivage de visiteurs en provenance de l’Hexagone et soumis aux nouvelles réglementations est entré sur le territoire. Mais c’est ce jeudi que trois vols arrivant de Los Angeles sont prévus, faisant de la Polynésie un des seuls pays au monde ouvert aux touristes américains, tandis que le Covid-19 continue à frapper durement les États-Unis. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti

Masques de rigueur, ce mercredi matin à l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Les plus de 230 passagers du vol AF74, atterri peu après 5 heures, sont les premiers voyageurs arrivant au fenua à être dispensés de quarantaine depuis presque quatre mois. Un allègement du protocole sanitaire justifié, comme l’ont plusieurs fois rappelé les autorités, par la nécessité économique, dans une Collectivité où une importante partie des emplois, de l’activité et des rentrées fiscales sont liées au tourisme.

Mais c’est bien ce jeudi matin que la réouverture du ciel polynésien devrait passer un cap décisif, avec l’arrivée du premier vol Air Tahiti Nui (ATN) en provenance de Los Angeles. Test de Covid-19 négatif 72 heures avant le départ, kit d’auto-prélèvement distribué à l’atterrissage avec dépistage obligatoire quatre jours plus tard, surveillance sanitaire renforcée… Ces arrivées restent bien sûr entourées de mesures de précautions, qualifiées de « très exigeantes » par Édouard Fritch et le haut-commissaire Dominique Sorain jeudi dernier. Mais en ouvrant ses portes aux voyageurs en provenance des États-Unis, la Polynésie intègre tout de même un club très fermé.

La Californie referme ses bars et ses restaurants

D’après les décomptes de CNN, seule une vingtaine de pays accueille sans obligation de quarantaine ou de confinement les voyageurs américains. Les autres, et c’est notamment le cas de la France, de l’ensemble de l’Union européenne et de l’essentiel de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, n’ont pas rouvert leurs liaisons avec les États-Unis, ou les limitent au rapatriement de leurs ressortissants. Des politiques justifiées par les restrictions américaines elles-mêmes – réciprocité oblige – mais surtout à la situation sanitaire sur place.

Tourisme en Outre-mer : Les modalités pour voyager en Polynésie à partir du 15 juillet

Mardi, les États-Unis recensait plus de 67 000 nouveaux cas de Covid-19 en une journée, un niveau quotidien plus de trois fois supérieur à celui de la mi-juin. Aussi, beaucoup d’États font marche arrière dans leur effort de reprise économiques. La Californie par exemple, d’où décolleront les vols ATN, a décidé le week-end dernier de fermer de nouveaux ses bars, restaurants et divers lieux publics jugés « à risque ».

Le fenua, qui a dû demander une dérogation spéciale à Paris pour rouvrir la circulation des personnes avec les États-Unis, n’est pas le seul pays à vouloir attirer les voyageurs américains. Certains leur ouvrent même plus grand les bras : d’après Newsweek, neuf pays accueillent les Américains sans aucune restriction sanitaire. Albanie, Kosovo, Turquie…

Des Pays qui ont fait le choix de laisser leur espace aérien ouvert, ou qui reprennent petit à petit leurs liaisons pour des raisons là aussi touristiques et économiques. Les Maldives, par exemple, ont rouvert en priorité les resorts situés sur des îles isolées et peu habitées, quand la République Dominicaine exige des touristes américains des engagements sur l’honneur de non-contamination.

Les Caraïbes accueillent les Américains… avec beaucoup moins de précautions

Du point de vue américain, la Polynésie fait partie d’une autre liste, d’une grosse quinzaine de pays, qui disent « oui » au tourisme américain, mais avec des restrictions. On y trouve notamment Aruba, la Barbade, les Bermudes, les Bahamas, la Jamaïque, ou Sainte Lucie… Autant d’îles des Caraïbes elles aussi très dépendantes des dollars des touristes américains.

©Carte CNN / Radio 1 Tahiti

©Carte CNN / Radio 1 Tahiti

La plupart exigent, comme le fenua, des tests négatifs avant départ, avec, dans certains cas, des restrictions particulières pour les voyageurs en provenance des états les plus infectés. Si les autorités de ces pays préviennent généralement que les touristes pourront être testés à tout moment et mis en isolement en cas de symptômes suspects, la Polynésie est a priori la seule à avoir rendu obligatoire un deuxième test par auto-prélèvement.

À noter qu’une autre collectivité française est présente sur cette liste « American-friendly » : il s’agit de Saint-Barthélemy, qui a rouvert ses portes aux touristes de toutes provenances dès la fin juin. L’île de 10 000 habitants a elle aussi développé un protocole sanitaire propre, avec test avant le départ ou à l’arrivée et deuxième dépistage non obligatoire une semaine après l’atterrissage. Si aucune reprise de l’épidémie n’a pour l’instant été constatée à Saint-Barthélemy, les autorités locales envisagent, comme l’Hexagone, de rendre obligatoire le port du masque dans les lieux publics clos.

Avec Radio 1 Tahiti. 

Un kit d’auto-prélèvement, « c’est rassurant »

En attendant le retour des touristes américains ce jeudi, 237 passagers, touristes et résidents, sont arrivés mercredi matin de l’Hexagone, via Vancouver, les route Paris – Los Angeles ou San Francisco étant toujours impossibles. Comme prévu, les arrivants ont dû montrer patte blanche avec formulaire ETIS à présenter, et ont quitté l’aéroport de Tahiti-Faa’a avec un kit d’auto-prélèvement.

« On remet le kit à l’ensemble des passagers qui arrivent en Polynésie française. Ils doivent s’auto-prélever dans 4 jours. Sur chaque enveloppe, il y a un code-barres, et ils nous présentent leur ETIS sur lequel ils ont un identifiant ETIS. Donc on fait l’association entre le code-barres et l’identifiant ETIS ce qui nous permet de tracer les personnes. Et lorsque l’enveloppe va nous revenir avec ce code-barres, on va savoir exactement quelle est la personne qui a fait l’auto-prélèvement. Si des personnes n’ont pas fait leur auto-prélèvement, on sera en mesure de les relancer » a expliqué Hervé Barret, directeur général de l’institut Louis Malardé, interrogé par TNTV.

Les vols internationaux reprennent aujourd’hui. Quelques images de l’arrivée du vol AF en provenance du Canada. A bord, 237 passagers. Plus d’infos à suivre sur notre site internet ✈️

Publiée par TNTV Tahiti Nui Télévision sur Mercredi 15 juillet 2020

« Je ne savais pas que j’aurai ce kit. C’est sécurisant, c’est bien qu’ils proposent ça, afin de protéger le fenua », a confié un des passagers, toujours interrogé par la chaîne locale. « On fera attention. On gardera le masque, c’est important », a ajouté un autre passager. Face à l’inquiétude de la population, le gouvernement polynésien a pris un arrêté pour rendre obligatoire le port du masque « dans les lieux recevant du public, dans les moyens de transports aérien, maritime et terrestre ainsi que dans les espaces d’attente y afférents ». « Dans tout exercice professionnel, lorsque la distanciation d’un mètre ne peut pas être respectée avec le client, le port du masque est obligatoire », ajoute le décret.

« Le non-respect de ces mesures est passible d’une peine de contravention de quatrième classe, pouvant aller jusqu’à 89 000 Fcfp (près de 750 euros) ». Malgré une réglementation scrupuleuse, la Polynésie n’est pas à l’abris des contrevenants. Ainsi, « un résident polynésien revenu sur le territoire par un vol commercial du 4 juillet. Ce dernier a transmis plusieurs documents obligatoires. L’analyse a posteriori de ces pièces laisse apparaître un doute sur leur véracité », a annoncé l’exécutif polynésien.

« La personne a été immédiatement testée et isolée. Les résultats de son dépistage sont négatifs » mais « le mis en cause a été entendu dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour faux en écritures privées et usage (les résultats de l’analyse biologique) et fausse attestation et usage (falsification d’un document obligatoire) ». « Les peines encourues pour ce type d’infraction peuvent comporter une peine d’emprisonnement ainsi qu’une amende pouvant aller jusqu’à 5 millions de Fcfp (41 900 euros) ».

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