La Banane antillaise inquiète de l’entrée de la banane équatorienne sur le marché européen.

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Le 14 septembre dernier, l’association des Producteurs Européens de Banane (APEB) s’est réunie à Strasbourg à l’occasion d’un séminaire  sur le secteur de la banane européenne face aux nouveaux accords commerciaux de l’Union Européenne. Parmi ces nouveaux accords, celui avec l’Equateur inquiète les eurodéputés ultramarins.

Après la Colombie et le Pérou, la banane équatorienne pourrait bien être une nouvelle concurrente de la banane antillaise, voire européenne. Les deux parties, l’Union Européenne et l’Equateur, sont actuellement train de négocier les tarifs douaniers de cet accord commercial. Une situation qui inquiète les régions ultra-périphériques productrices de bananes (les Madères, les Açores, Guadeloupe, Martinique). Une inquiétude partagée par l’euro-député martiniquais Louis Joseph Manscour.  « L’inquiétude des producteurs européens envers les pays latino-américains est légitime. Ils produisent en termes de production, 15 fois plus que la banane des RUP. Ils bénéficient, dans le cadre des négociations, des prix préférentiels. En accompagnant ces pays, même si l’Union Européenne met des garde-fous comme des quotas, les bananes des pays-tiers pourraient mettre en difficulté le secteur de la banane européenne. Il faut savoir que l’Europe n’a jamais mis en place le mécanisme de stabilisation lors de l’entrée des bananes colombiennes et péruviennes ».

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Le député Manscour entouré de Mr Éric De Lucy, Président de l’Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN) et Gérard Bally, Délégué Général d’Eurodom ©Louis-Joseph Manscour

Une double-peine pour la banane antillaise et européenne

Pour l’eurodéputé, il s’agit d’un véritable cas de distorsion de concurrence. «La banane européenne est obligée de respecter un certain nombre de normes sociales (paiement des employés au Smic), de normes environnementales alors que ces pays-tiers ne sont pas soumis à ces contraintes. Elles inondent ensuite nos marchés de leurs  bananes, nous sommes ainsi doublement pénalisés ». Pour protéger leur producteurs, les producteurs européens réclament l’application du mécanisme de stabilisation. Autrement dit que les pays-producteurs de la « banane-dollar » , en cas de surproduction au delà du quota fixé par l’accord commercial, s’acquittent du tarif douanier à cet effet.

Phil Hogan, le Commissaire européen à l’agriculture, présent également à ce séminaire sur l’avenir de la banane européenne, a assuré prendre les engagements de tout faire pour que la banane européenne soit protégée par cette concurrence. De son côté, l’euro-député Louis-Joseph Manscour a indiqué avoir déposé un amendement en ce sens, signé par plusieurs autres euro-députés pour que le mécanisme de stabilisation soit appliqué. « Même si l’Europe a une pratique libérale en matière de libre-échange, nous réclamons un échange juste et équitable. En tant qu’européen, il est normal que nous voulons protéger notre culture et nos productions ». Louis -Joseph Mansour assure qu’il fera de son mieux, avec l’aide des autres députés européens, pour porter au plus niveau de l’Union Européenne les revendications des planteurs européens.

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