Île Maurice: Large victoire du Premier ministre Jugnauth lors des élections législatives

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La coalition du Premier ministre sortant Pravind Jugnauth a largement remporté les législatives à l’île Maurice, selon des résultats officiels publiés vendredi, offrant à son leader la légitimité populaire qu’il cherchait après avoir succédé à son père en 2017 sans passer par les urnes.

Après annonce officielle des résultats de l’élection de jeudi dans 19 des 21 circonscriptions du pays, la coalition l’Alliance Mauricienne (AM, centre droit) obtient 33 sièges de députés, ce qui lui donne la majorité absolue à l’Assemblée nationale, fixée à 32 députés, quel que soit le résultat des deux dernières circonscriptions.

En prenant en compte les projections de la Commission électorale pour ces deux circonscriptions, l’AM, composée du Mouvement socialiste mauricien (MSM) de M. Jugnauth et du Muvman Liberater (ML), obtiendrait au total 38 sièges de députés, contre 14 à l’Alliance nationale (centre gauche), et 8 au Mouvement militant mauricien (MMM).

« J’ai reçu un mandat clair et net », a lancé M. Jugnauth devant ses partisans en liesse rassemblés dans une école de Quartier Militaire, une ville de sa circonscription, dans le centre de l’île principale de ce pays de l’océan Indien. « Je serai toujours le Premier ministre de tous les Mauriciens ».

Ses deux rivaux ont concédé leur défaite.

« Je ne m’attendais pas à cette défaite », a déclaré Navin Ramgoolam, chef de file de l’Alliance nationale, tandis que Paul Bérenger, leader du MMM, a appelé à respecter le résultat « sans amertume ».

Fort de sa majorité absolue, M. Jugnauth reste aux commandes de l’île, qui depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968 est l’une des démocraties les plus stables d’Afrique, pour un mandat de cinq ans.

Légitimité

Pravind Jugnauth, 57 ans, était en quête de légitimité populaire après avoir succédé à son père Anerood Jugnauth en 2017 en tant que chef du MSM, le principal parti de la coalition au pouvoir, sans passer par des élections.

Sir Anerood, un cacique de la vie politique mauricienne (Premier ministre de 1982 à 1995, de 2000 à 2003, et président de la République de 2003 à 2012), avait décidé de passer la main deux ans avant la fin de son mandat, après avoir été élu en 2014.

Le Premier ministre avait mis en avant son bilan social – introduction d’un salaire minimum (environ 215 € par mois), revalorisation de la pension vieillesse – et la modernisation des infrastructures publiques, symbolisée par la construction d’un métro.

L’opposition, incarnée par deux anciens Premiers ministres, Navin Ramgoolam (1995-2000 et 2005-2014) et Paul Bérenger (2003-2005), avait dénoncé le « clanisme » et la « corruption » du camp Jugnauth.

Mobilisation

Les électeurs devaient choisir 62 députés, dont 60 dans l’île principale, Maurice, et deux à Rodrigues, une petite île située quelque 600 km plus à l’est.

Pour la première fois depuis 1976, ces élections mettaient aux prises trois blocs et non deux. Très concernés, les Mauriciens se sont déplacés en masse aux urnes, avec un taux de participation de 76,84 %, légèrement supérieur à celui de 2014 (74,11 %).

Si le scrutin s’est déroulé dans le calme, 6 813 personnes n’ont pas pu voter, leur nom ne figurant pas sur les listes électorales, a précisé jeudi soir Me Désiré Basset, un membre de la Commission électorale, selon lequel ces électeurs ne s’étaient pas inscrits.

La Commission électorale doit encore nommer huit députés parmi les non-élus ayant obtenu les meilleurs scores, afin de rééquilibrer la répartition des sièges entre partis et communautés.

L’île Maurice est officiellement divisée en quatre groupes ethniques, selon la Constitution de 1968 : les hindous – majoritaires -, les musulmans, les Chinois et la « population générale », composée essentiellement de métis dits créoles et de Blancs d’origine européenne.

Ses 1,3 million d’habitants forment une mosaïque de peuples, de cultures et de langues reflétant l’histoire du peuplement de l’île et coexistent pacifiquement.

L’île Maurice, un des pays les plus riches d’Afrique, a connu une croissance de 3,7 % en 2018 à la faveur du dynamisme des activités de construction et de services, surtout le tourisme et le secteur bancaire, selon la Banque mondiale.

En octobre, l’île a été retirée de la liste grise des pays considérés comme des paradis fiscaux par l’Union européenne.

Avec AFP

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