Guyane: l’ex-judoka Lucie Décosse mène campagne contre l’orpaillage

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©Archives / Stephan de Sakutin / AFP

L’ex-judoka Lucie Décosse, d’origine guyanaise, mène campagne contre l’orpaillage illégal en Guyane, où elle a participé jusqu’à samedi à une mission de cinq jours pour l’organisation mondiale de protection de l’environnement WWF.

« Je partais avec l’espoir que les choses se soient améliorées, mais ce n’est semble-t-il pas le cas », a regretté la triple championne du monde et championne olympique de judo face aux fléaux de l’orpaillage illégal. Lucie Décosse était de retour d’une mission WWF de cinq jours dans le Sud de la Guyane, sur le fleuve frontière Maroni, pour alerter sur les impacts de l’orpaillage illégal. Cette « mission » spéciale sur le fleuve Maroni a été décidée suite à la « hausse très forte » depuis 2016 du nombre de sites illégaux (des galeries souterraines aux mines à ciel ouvert), a expliqué le directeur régional du WWF, Laurent Kelle.

« Je n’avais jamais vu autant de pirogues clandestines. Ça veut dire que pour les trafiquants il y a zéro contrainte », a regretté Lucie Décosse, qui déjà avait participé à une mission en 2013. Dans un courrier remis à Annick Girardin, Ministre des Outre-mer, à la mi-septembre, une dizaine de chefs coutumiers de cette zone ont rappelé l' »urgence ». « Les habitants qui se baignent ont la peau et les yeux irrités par la pollution », avaient témoigné ces représentants de plus de 250 familles, pour qui l’eau du fleuve est aussi vitale que celle du robinet dans le reste de la France.

L'orpaillage a un impact environnemental considérable sur le fleuve du Maroni ©Paulo Santos / Reuters

L’orpaillage a un impact environnemental considérable sur le fleuve du Maroni ©Paulo Santos / Reuters

Les populations veulent la transparence autour des intoxications humaines par le mercure. « Nous exigeons d’obtenir les résultats des prélèvements menés de ces dernières années », ont déclaré les chefs coutumiers. Plusieurs enquêtes médicales indépendantes évoquent une atteinte mercurielle bien supérieure aux normes de l’OMS dans la majorité des familles. Pour l’heure, l’Agence régionale de Santé refuse tout commentaire, a indiqué l’AFP. Aucun résultat d’enquête officielle n’est communiqué depuis dix ans. Lors du déplacement présidentiel d’octobre en Guyane, Emmanuel Macron avait promis une « réorganisation » de la lutte et proposé l’utilisation de drones. « On n’a pas besoin de high-tech, ce qu’il faut c’est une présence dissuasive. Le dispositif est sous-dimensionné », oppose le WWF.

Avec AFP.

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