Filière Rhum des Dom: Les parlementaires et les producteurs martiniquais souhaitent une équitable répartition du quota de rhum entre les 4 DOM

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Face à une crainte de voir le quota de rhum martiniquais diminuer au profit des autres rhums domiens et plus particulièrement du rhum guadeloupéen, les parlementaires martiniquais ont décidé d’interpeller la Ministre des Outre-mer Annick Girardin dans un courrier. Ils réclament une équitable répartition du volume de rhums entre les différentes productions ultramarines.

Annoncée en juin dernier par le commissaire européen Pierre Moscovici, l’Union Européenne s’apprête à voter la résolution autorisant l’augmentation du contingent fiscal annuel des rhums des DOM de plus de 24 000 hectolitres par an. Mais l’institution européenne a laissé son pays-membre, la France le choix d’arbitrer la répartition de cette hausse de ce contigent entre les régions productrices du liquide alcoolisé. Une décision qui suscite une vive inquiétude chez les producteurs de rhums martiniquais. «  Il bruisse, ici où là, dans les services des ministères parisiens qu’il serait de bon ton que la Martinique renonce à une partie de l’augmentation de son contingent export au profit des intérêts guadeloupéens » s’insurge Charles Larcher, président du Coderum dans une tribune publiée dans France-Antilles Martinique le 5 octobre dernier. « En effet, faute de trouver un juste accord sur la répartition du quota de base qui leur serait alloué, les distillateurs guadeloupéens (agricoles ou de sucrerie) se sont mis en tête de venir chercher en Martinique le « supplément de quota » qui leur permettrait d’étancher leur soif de conquête du marché métropolitain….Il est en revanche inacceptable que cela se fasse au détriment des producteurs martiniquais! », poursuit-il. Mais une stratégie aurait été mise en place favorisant la production de sucre pour  la Guadeloupe et le rhum en Martinique.

Soutien des parlementaires martiniquais 

Pour soutenir le secteur, les parlementaires ont décidé de monter au créneau afin que la Martinique ne soit pas lésée dans cette répartition de ce nouveau contingent fiscal. « Chacun en Martinique connait les efforts faits par nos planteurs, par nos producteurs et par nos distilleries pour avoir ce rhum  martiniquais reconnu mondialement. Aujourd’hui, la Guadeloupe demande  à rattraper la Martinique. Le rattrapage va alors s’inscrire dans une proportion allant de 25% pour la Guadeloupe et une part de la Martinique réduite à 15%. Et cela, on ne peut pas l’accepter » explique la députée Josette Manin au micro de Martinique 1ere. Pour rappel, la Martinique est le seul département français à disposer d’un rhum agricole avec l’appellation d’origine contrôlée (AOC).

Dans un courrier adressé à Annick Girardin, les parlementaires ont demandé que« la Martinique bénéficie d’une augmentation proportionnelle à la progression, du contingent global (+ 20%) ». Ils évoquent  le dynamisme économique de la filière canne-sucre-rhum dans le département  citant « un secteur d’activité économique  porteur de 4 000 emplois dont le maintien est crucial pour un territoire aux taux de chômage dépassant les 20% » et que cette dernière doit continuer « de s’illustrer par des projets novateurs, structurants pour le territoire, vecteurs de développement économique, d’attractivité et créateurs d’emplois, à l’image du projet-phare spiritourisme ».

Environ 25% de la production de rhum dit traditionnel est exporté vers l’Europe, dont 70% dans l’Hexagone. Ce nouveau volume, passant de 120.000 à 144.000 hectolitres, autorisé par l’Europe doit permettre aux rhums de Guadeloupe, Guyane, Martinique et de la Réunion d’affronter plus sereinement la concurrence de groupes internationaux comme Bacardi et Pernod-Ricard avec la marque Havana Club, et des rhums de Cuba, du Venezuela, du Brésil, des États-Unis, du Mexique, de Jamaïque ou de République dominicaine.

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