En Polynésie, le leader indépendantiste Oscar Temaru entendu par la justice lors d’un procès médiatique

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©Archives Outremers360

C’est un procès particulièrement médiatique qui s’est ouvert ce mardi 18 juin en Polynésie française. Le leader indépendantiste et maire de la commune de Faa’a, Oscar Temaru, comparait pour « prise illégale d’intérêts » et « recel de prise illégale d’intérêts » dans l’affaire Radio Tefana. 

Il est notamment reproché au leader indépendantiste d’avoir accordé des subventions publiques de la mairie de Faa’a à Radio Tefana, créée en 1984, afin de servir ses intérêts politiques sur la « lutte anti-nucléaire » et l’« accession à la souveraineté ». À ses côtés comparaissent également Vito Maamaatuaiahutapu, ancien représentant indépendantiste à l’Assemblée territoriale et ancien président du Conseil d’administration de la radio, et Heinui Le Caill, actuel président du CA. La première journée de procès, ce mardi, a été marquée par une bataille procédurale avec notamment deux questions prioritaires de constitutionnalités (QPC) déposées par la défense mais rejetées par le parquet.

Ce mercredi, le maire de Faa’a élu pour la première en mars 1983, a finalement été entendu à la barre. En introduction, le leader indépendantiste a rappelé quelques éléments de contexte lors de la création de la radio rapporte Tahiti-infos : « En 1983, la commune avait été très touchée car ses constructions étaient très légères. Il nous fallait alors créer un moyen de communication avec la population. A cette époque, Faa’a c’était comme la bande de Gaza ». Oscar Temaru aurait saisi l’opportunité de l’autorisation des radios libres en 1981 pour « dénoncer le risque du génocide culturel ». « Il n’y avait qu’une seule radio d’opposition, c’est Radio Tefana, cette petite voix », a poursuivi le leader indépendantiste, « le nucléaire et l’indépendance étaient tabu, et cela ne passait pas dans la presse ».

Les avocats de la défense Mes Dominique Antz, Vincent Dubois, David Koubbi et

Les avocats de la défense Mes Dominique Antz, Vincent Dubois, David Koubbi et Gilles Jourdainne

Le parquet de Papeete reproche également au leader indépendantiste d’avoir mis à disposition de la radio des employés communaux. « Oscar Temaru a mis en place absolument tout ce qui devait être mis en place pour que les décisions qu’il a prises, soient prises dans le cadre de la légalité la plus large et la plus absolue », a défendu maître David Koubbi, avocat du maire de Faa’a. « Je ne crois pas qu’il puisse être soutenu, en 2019, que la lutte contre le nucléaire puisse poser un problème de légalité. Le gouvernement français lui-même est anti-nucléaire, s’agissant des essais qui ont eu lieu en Polynésie française. Preuve en est : il n’y a plus, aujourd’hui, d’essais au programme, sauf erreur de ma part ».

Considérée victime par le Procureur de la République en Polynésie, les représentants de la commune de Faa’a et leur avocat « ne voient pas les choses de cette manière ». « Certes, nous nous présentons, mais nous allons tout de même dire au tribunal qu’à la différence du procureur de la République, nous ne nous considérons pas comme des victimes. Nous devrons quand même faire entendre notre voix », indique l’avocat représentant la commune Stanley Cross. « Ils (les membres du conseil municipale, ndlr) ne comprennent pas que l’on puisse reprocher à Oscar Temaru une prise illégale d’intérêt alors qu’ils ont voté ces subventions à l’unanimité ».

Lors de la première journée de ce procès, un peu plus de 300 militants s’étaient rassemblés devant le Tribunal de Papeete pour soutenir le leader indépendantiste qui risque l’inéligibilité à un an des élections municipales. Et du côté des sympathisants comme des cadres du parti indépendantiste, on pointe du doigt une volonté d’écarter Oscar Temaru de la vie politique, maire depuis près de 40 ans et qui fut plusieurs fois président de la Polynésie.

En octobre dernier, Oscar Temaru avait déjà été déchu de son mandat de représentant à l’Assemblée polynésienne en raison du rejet de ses comptes de campagne et ce, contre l’avis des rapporteurs du Conseil d’État et du CNCCFP. À noter que parmi les nombreux témoins appelés par la défense figure Daniel Goa, président de l’Union calédonienne, parti indépendantiste Kanak proche des indépendantistes de Polynésie. Les audiences de ce médiatique procès devraient durer jusqu’à vendredi, alors qu’il était initialement prévu qu’il dure une demi-journée.

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