Emmanuel Macron et Azali Assoumani toujours en «désaccord» sur Mayotte française

Emmanuel Macron et Azali Assoumani toujours en «désaccord» sur Mayotte française

La question de l’appartenance de Mayotte reste un point de « désaccord » entre la France et l’Union des Comores, a reconnu lundi le président Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec son homologue comorien Azali Assoumani .

Le président de la République a rencontré M. Assoumani dans le cadre de la signature d’un accord-cadre entre les deux pays prévoyant, entre autres, 150 millions d’euros sur trois ans de fonds au profit des Comores, notamment par l’intermédiaire de l’Agence française de développement (AFD).

Ces aides publiques françaises visent à renforcer le développement de la formation, de l’agriculture, de l’environnement et de la santé. Le document, « une feuille de route conjointe (…) importante pour nos populations », a été signé en présence d’élus mahorais, a souligné Emmanuel Macron. En 2018, l’Union des Comores dont Azali Assoumani était déjà le président, avait déclenché une crise diplomatique avec la France, en refusant de réadmettre sur son sol ses propres ressortissants expulsés de Mayotte et ce, durant plus de neuf mois.

Interrogé sur la revendication des Comores de l’île française de Mayotte, devenue 101ème département en 2011, le président de la République Emmanuel Macron a reconnu que le « désaccord » entre les deux pays persistait. « Mayotte est française, pour nous, mais elle n’est pas reconnue comme telle par l’Union des Comores », a déclaré Emmanuel Macron, rappelant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, faisant référence au référendum de 1974 sur l’indépendance.

« Pour nous, Mayotte est comorienne », a répondu de son côté Azali Assoumani, tempérant toutefois: « On ne peut pas se polariser que sur ce qui nous différencie ». Emmanuel Macron a rappelé que 400.000 Franco-comoriens vivaient en France et que l’île de Mayotte accueille 48% d’étrangers parmi lesquels une majorité de Comoriens.

Les parlementaires mahorais ont salué lundi par communiqué « un pas vers l’apaisement des relations bilatérales et l’espoir d’un développement régional harmonieux ». L’accord-cadre prévoit notamment le contrôle des ateliers de fabrication des embarcations permettant le passage clandestin des Comores vers Mayotte, se sont félicités les élus.

Mayotte subit une forte pression migratoire des îles voisines des Comores dont la plus proche, Anjouan, est située à 70 km de ses côtes.

Avec AFP