Emmanuel Macron au contact de « la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui »

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Emmanuel Macron salue des personnes à son arrivée à Kone, le 4 mai 2018 en Nouvelle-Calédonie ©Ludovic Marin / AFP

Visite du Lycée agricole et général Michel Rocard de Pouembout et échange avec des élèves ou encore, déplacement dans un quartier de « reconquête républicaine » au contact des habitants et des forces de l’ordre, Emmanuel Macron a voulu parler de « la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui » pour sa seconde journée de déplacement dans l’archipel. En parallèle, une marche bleu-blanc-rouge était programmée par des non-indépendantistes.

Cette marche, organisée à l’appel des formations les plus à droite de la droite non-indépendantiste de l’archipel, entendait « montrer au président de la République (…), que la majorité des Calédoniens veut rester dans la France » et dénoncer une visite présidentielle trop orientée vers l’identité kanak à leur goût. Selon les forces de l’ordre, 4 000 personnes auraient participé à cette marche à l’appel du parti Les Républicains calédoniens de Sonia Backès. Des leaders du Rassemblement-LR et d’autres partis non indépendantistes ont également pris part à cette marche voulue « apolitique ». De leur côté, les élus de Calédonie ensemble, non indépendantiste « centriste » ont préféré ne pas y participer, laissant le choix à leur sympathisants de participer, ou pas, à cette marche.

Le chef de l’Etat a lui choisi d’aller à la rencontre de « la Nouvelle Calédonie d’aujourd’hui », comme il l’a dit dès son arrivée jeudi à l’aéroport, avant une ultime phase mémorielle samedi. Il s’agit pour lui de « mesurer ce qu’est ce pays, rencontrer le peuple premier (les Kanak) » et les autres populations qui font la diversité du territoire, a expliqué jeudi le Haut-commissaire Thierry Lataste, lors d’une cérémonie d’accueil au Sénat coutumier.

Dans les pas de Michel Rocard

Emmanuel Macron s’est rendu dans la matinée dans la province nord (47 000 habitants), dirigée par Paul Néaoutyine, chef de file de l’UNI-Palika (Union nationale pour l’indépendance), pour y rencontrer les élus de l’assemblée de la province. L’objectif était aussi de visiter le lycée agricole et général Michel Rocard, à Pouembout, dont la création et l’implantation dans le nord « résultent des accords de Matignon de 1988″, explique l’Elysée. Emmanuel Macron a voulu échanger avec les élèves de l’internat qui, avec ses 480 places, est le plus important de Nouvelle-Calédonie.

« Reconquête républicaine »

Dans l’après-midi, un « signal » a été donné en matière de sécurité, avec un déplacement dans les quartiers de Pierre Lenquette-Montravel et Tindu, dits de « reconquête républicaine » au nord de Nouméa, où le chef de l’Etat, friand de bains de foule, avait prévu de discuter avec les habitants, les commerçants ainsi qu’avec la police, la gendarmerie, pour évoquer les enjeux de la police de sécurité du quotidien (PSQ). La Nouvelle-Calédonie a en effet été retenue pour expérimenter dans les quartiers populaires au nord de la capitale calédonienne, où vivent 14 000 personnes, ce dispositif de police de sécurité du quotidien, engagement de campagne du président de la République. Alors que le référendum sur l’indépendance se tiendra le 4 novembre, des craintes se font jour dans la population sur une recrudescence des violences et de la délinquance de proximité.

Séquence internationale

Ce vendredi soir, une séquence plus internationale, liée à la problématique du changement climatique, a été programmée au siège de la Communauté du Pacifique, à Nouméa, où le chef de l’Etat participera au dîner de clôture avec les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats et territoires insulaires de cette région particulièrement menacée par la montée des eaux. « Un moment important de ce déplacement, qui montre la force de la France dans le Pacifique », a dit Emmanuel Macron à son arrivée à Nouméa. En Australie, où il s’est rendu de mardi à jeudi, il avait déjà longuement insisté sur la nécessité de renforcer la place de la France dans cette région du monde.

Emmanuel Macron est surtout attendu samedi sur la partie mémorielle de son séjour. Il doit notamment se rendre à Ouvéa pour les 30 ans de l’assaut meurtrier contre la grotte où des indépendantistes retenaient des gendarmes en otages et remettre symboliquement au gouvernement calédonien l’acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie « au nom de la France et de l’empereur » Napoléon III, datant de 1853, avant un « grand discours ». Après cette séquence symbolique, Emmanuel Macron rejoindra l’Hexagone samedi soir (heure locale).

Avec AFP. 

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