Économie en Nouvelle-Calédonie : « J’ai pris l’engagement devant les Calédoniens de faire baisser les prix », insiste Philippe Germain

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Mardi matin en Nouvelle-Calédonie, pendant que patrons et salariés manifestaient sous ses fenêtres, le gouvernement calédonien a adopté les derniers textes relatifs à la Taxe Générale sur la Consommation (TGC) qui sera mise en place au 1er octobre. Le président du gouvernement Philippe Germain est revenu dans l’après-midi sur les raisons qui ont conduit l’institution à préférer son dispositif de contrôle des prix plutôt que celui proposé par l’intersyndicale et le Medef. Un sujet de notre partenaire La Dépêche de Nouvelle-Calédonie

Le compte n’y était pas. Après l’adoption des taux définitifs de la TGC au Congrès la semaine dernière, il ne restait plus au gouvernement que les derniers textes à arrêter pour lancer la réforme économique et fiscale au 1er octobre. Des textes qui ont provoqué la grogne du patronat depuis de nombreux mois puisqu’ils posent les grands principes de l’encadrement des prix dans certains secteurs pendant 12 mois. Et deux choix s’offraient à la Nouvelle-Calédonie. La proposition avancée il y a plusieurs semaines par l’Intersyndicale Vie Chère et le Medef-NC et celle du gouvernement, connue de longue date. Et malgré une manifestation de patrons et salariés organisée par le Medef-NC hier matin devant l’institution, le gouvernement a opté pour sa méthode. « J’ai pris l’engagement devant les Calédoniens de faire baisser les prix. Si c’était pour un autre résultat, je ne me serais pas engagé dans cette réforme depuis plus de trois ans maintenant », a expliqué le président, Philippe Germain. « Avec l’accord proposé par le Medef et l’intersyndicale le compte n’y est pas. Il ne répond pas à l’objectif de baisse des prix que les partenaires sociaux, et notamment l’intersyndicale, s’étaient fixés dès 2006 au début du combat contre la vie chère ».

Très cher panier de la ménagère

Il faut dire que les simulations de la direction des affaires économiques (DAE), qui comparent les effets sur les prix des deux propositions, font largement pencher la balance côté gouvernement. Alors que l’accord de l’intersyndicale/Medef conduirait à une baisse de 3% sur l’alimentaire, une hausse de 5% sur les produits d’entretien et d’hygiène et une hausse comprise entre 10 et 15% sur les pièces détachées, le dispositif du gouvernement aboutirait à une baisse de 10% dans l’alimentaire, une baisse de 20% sur les produits d’entretien et d’hygiène tout comme sur les pièces détachées. Le panier de la ménagère dans les grandes surfaces baisserait de 2% avec le dispositif de l’intersyndicale/Medef quand le gouvernement annonce 11%, jusqu’à 13% dans les surfaces de moins de 300 m2.

Manifestation du Medef calédonien à Nouméa ©La Dépêche de Nouvelle-Calédonie

Manifestation du Medef calédonien à Nouméa ©La Dépêche de Nouvelle-Calédonie

Impossible sans détruire des emplois, selon le Medef-NC. « D’après notre analyse de l’arrêté, ce sont les grandes surfaces, les commerces alimentaires de détail non spécialisés, les grossistes en alimentaire et le secteur des pièces détachées automobiles, les garagistes qui sont les plus touchés et dont la survie est gravement menacée ». Pour les membres du gouvernement, hormis les trois de la mouvance LR, « personne ne va mourir » et il est hors de question de laisser entendre que « l’institution cadenasse » l’économie du territoire. « Tous les secteurs de l’économie pourront conserver les marges en valeurs pratiquées actuellement », tient à préciser Philippe Germain. « La baisse de la fiscalité sur les produits importés (NDLR : suppression au 1er octobre de 7 droits et taxes à l’importation pour les remplacer par un taux de TGC) devrait permettre à minima une stabilité des prix et c’est une mesure qui était partagée par le Medef et l’intersyndicale ». Ce que vise le gouvernement, c’est une baisse significative sur le panier de la ménagère. « Un panier qui représente plus de 300 milliards de francs et pour lequel une baisse de 10% des prix rendrait 30 milliards de pouvoir d’achat aux Calédoniens et relancerait la consommation », a insisté le président du gouvernement.

Trois secteurs réglementés pendant 12 mois

Seront donc uniquement réglementés, les produits de grande consommation (alimentaire, hygiène et entretien) et les pièces détachées automobile. « L’encadrement des prix est calculé sur la base moyenne des marges en valeur constatées », explique le président qui précise qu’en sont exclus les salons de thé, les distributeurs spécialisés en café, les commerces spécialisés dans la vente de produits d’épicerie fine ou gastronomiques, les parfumeries ou distributeurs spécialisés en cosmétique et produits de beauté, les pharmacies et parapharmacies, les boulangeries et pâtisseries, excepté pour la baguette de pain d’un poids minimum de 250 gr, les animaleries, les vendeurs ambulants, les stations-service, les commerces de tabacs-journaux, les cordonniers, les commerces spécialisés en ventes en duty-free et les comptoirs de vente à l’exportation. Pour les matériaux de construction et de bricolage, les entreprises conserveront aussi leur marge en valeur, sauf pour une liste de 37 articles dont les prix seront gelés « conformément à l’accord passé entre le Medef et l’intersyndicale ».

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Pourquoi ? Parce que ce sont des secteurs qui ne sont pas suffisamment concurrentiels pour le gouvernement et l’Autorité de la concurrence. « En Métropole, ou la concurrence est importante et joue son rôle, les écarts de prix sur un même produit dans les grandes surfaces sont de l’ordre de quelques pourcents. Ici ça peut aller du simple au double, parfois au-delà », révèle le président du gouvernement, étude de la DAE à l’appui (Consultez la liste comparative à la fin de l’article).

Si de son côté le Medef dit rester mobilisé pour des actions à venir, notamment sur le plan juridique, l’intersyndicale était plutôt discrète hier, mais a laissé entendre que c’était la méthode du gouvernement plutôt que le résultat qui lui déplaisait. Reste désormais à savoir si les secteurs concernés joueront le jeu. Toujours est-il que la DAE, et à coup sûr les Calédoniens, veilleront au contrôle des prix dont la tendance générale à la baisse est attendue très rapidement du côté du gouvernement, mais aussi des petits porte-monnaie. Réponse dans quelques mois.

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