Coopération Régionale -Guyane: Le Sénat valide deux accords sur le Pont de l’Oyapock

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En vue de l’ouverture prochaine du pont de l’Oyapock, le Sénat a adopté deux accords le 12 mai dernier. Deux accords qui ont pour objectif d’intensifier les  échanges commerciaux  entre les deux communes frontalières Saint-Georges de l’Oyapock en Guyane et Oiapoque, côté brésilien.

Jeudi dernier, le Sénat a approuvé deux accords visant à renforcer les échanges commerciaux entre le Brésil et la France, par le biais de la Guyane. Par sa situation géographique, la Guyane partage avec le Brésil sa plus longue frontière terrestre d’une distance de 725 km. dont une grande portion est séparée par le fleuve Oyapock, d’une longueur d’environ 500 km. Pourtant, les échanges commerciaux entre ce département français et cette puissance sud-américaine restent très limités. « En  2007, plus de 50 % des exportations guyanaises étaient destinées à la France hexagonale, contre 0,76 % vers le Brésil »,explique le sénateur Antoine Karam avant d’ajouter que le « Brésil n’arrivait qu’au 14ème rang des fournisseurs de la Guyane en 2009 ». Ces accords défendus par le parlementaire guyanais concernent d’une part, un régime d’exonération fiscale pour l’acquisition de biens dits « de subsistance » effectués par les habitants des communes frontalières. Et le second accord fixe les conditions d’entrée et de circulation des professionnels du transport sur le territoire des deux États parties d’autre part.

L’accord sur les « biens de subsistance » prévoit d’exonérer des marchandises comme de la « nourriture, vêtements, chaussures, revues, produits d’hygiène et d’entretien » de certaines « taxes et droits de douanes applicables aux produits acquis sur le territoire de l’État voisin.»
L’autre texte législatif, relatif aux transports routiers internationaux, instaure l’obligation « d’une licence de transport international » accompagnée d’une « obligation d’assurance ».  Concernant le transport de marchandises, ce dernier sera régulé. « Les autorisations seront contingentées : leur nombre sera fixé annuellement d’un commun accord entre les Parties dans le cadre d’une commission mixte transfrontalière chargée de la mise en oeuvre de l’accord », précise le sénateur.

La question des assurances en suspens

Dans son exposé, Antoine Karam évoque également le sujet crucial des assurances. « Il existe actuellement de très importants écarts en matière de tarification et de couverture des risques entre les réglementations française et brésilienne. Les Brésiliens considèrent que des polices de responsabilité illimitée seraient trop coûteuses et nuiraient à leur compétitivité, tandis que les Guyanais redoutent une couverture insuffisante des risques et une forme de dumping », souligne l’élu. Une problématique qui, selon lui, n’entrave pas l’ouverture de ce pont dont « la construction est achevée depuis près de 5 ans déjà mais qui n’a toujours pas été inauguré ». Le pont de l’Oyapock qui devrait être ouvert à la circulation d’ici l’automne de cette année.

Hormis ce point, « ces accords viennent formaliser les relations qui existent depuis longtemps entre Saint-Georges de l’Oyapock (4000 habitants) et Oiapoque », ajoute Antoine Karam. De nombreuses familles sont en effet dispersées sur les deux rives. Tous les jours, des enfants brésiliens étudiant au collège français traversent la frontière, de même que des enseignants français qui habitent sur la rive brésilienne. En dépit d’infrastructures routières, la circulation des biens et des personnes s’effectue par l’intermédiaire de pirogues qui traversent le fleuve Oyapock au niveau des communes frontalières de Saint-Georges de l’Oyapock en Guyane et d’Oiapoque au Brésil.

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