Agriculture en Nouvelle-Calédonie : 2,5 millions d’euros au Crédit Agricole Mutuel

No Comment

©La Dépêche de Nouvelle-Calédonie

Hier après-midi le gouvernement de Nouvelle-Calédonie a signé une convention avec le crédit agricole mutuel (CAM). La Nouvelle-Calédonie apportera 300 millions de Fcfp (environ 2,5 millions d’euros) à l’établissement sur plusieurs années pour permettre aux agriculteurs d’avoir recours à l’emprunt. Mieux qu’une subvention sèche au secteur, cet argent public est remboursé et fructifie. Un sujet de nos partenaires La Dépêche de Nouvelle-Calédonie

Dans le cadre de son soutien aux filières agricoles prioritaires, le gouvernement calédonien innove. « Nous avons fait le choix d’une politique agricole ambitieuse pour atteindre un taux d’autosuffisance alimentaire de 20 % en 2025 avec notamment l’installation de jeunes agriculteurs dans des filières prioritaires. Mais nous sommes aussi conscients qu’il leur est très difficile d’investir en accédant à l’emprunt via les banques », explique le président du gouvernement, Philippe Germain. Et comme le crédit agricole mutuel est une caisse et pas une banque, il ne bénéficie pas, comme le Crédit Agricole en métropole, des dépôts d’argent de ses clients ni d’apport d’une société mère. Dans ce contexte tendu, il est obligé de refuser des prêts à ses 1 364 sociétaires, les agriculteurs, qui sont aujourd’hui les seuls financeurs.

Le gouvernement a donc décidé, plutôt que de voter des subventions au secteur, d’alimenter un « fonds CAM » spécifique en y apportant 300 millions sur plusieurs années, dont 75 millions en 2018. « En apportant 300 millions nous lui offrons une capacité de prêté de l’argent, mais aussi la possibilité d’emprunter auprès de l’AFD (agence française de développement) », précise Philippe Germain. « C’est un cercle très vertueux puisque cette subvention à la CAM est appelée à faire des petits comme on dit. Cet argent public n’est pas distribué, mais prêté donc il génère des intérêts, il est remboursé et peut à nouveau être prêté. C’est ce que nous souhaitions car ce n’est pas une subvention sèche, mais un investissement dans l’agriculture que nous voulons développer pour le pays ».

Mieux encore, si l’on tient compte de la défiscalisation et des apports en fonds propres, ce fonds de 300 millions est susceptible de permettre 450 millions d’investissement. Une bonne nouvelle pour le président de la chambre d’agriculture, et sociétaire CAM, Gérard Pasco : « La CAM a été le sauveur des agriculteurs. De plus elle est dimensionnée à taille humaine, le personnel nous connait tous, va sur le terrain et, contrairement aux banques, les bureaux nous sont toujours ouverts. Je salue la démarche car ce fonds permettra de donner un grand bol d’air à la profession ».

« Ce fond public reste la propriété du territoire et peut être repris à tout moment. Pour exemple, le fond de concours pour l’élevage bovin (FDEB) mis en place en 1981 et aujourd’hui à hauteur de 700 millions dans nos comptes a permis en plus de 30 ans quasiment 3 milliards d’investissement dans le secteur agricole », tient à préciser le président du CAM, David Perrard. « Je souhaite à ce fonds les mêmes effets et les mêmes retombées économiques pour l’agriculture calédonienne ».

Le CAM c’est quoi ?

Fondée le 15 décembre 1933, la caisse de crédit agricole mutuel de Nouvelle-Calédonie est une société coopérative à capital variable dont la mission consiste à faciliter et garantir les opérations effectuées par ses sociétaires en matière de production agricole, pastorale, sylvicole, de pêche, d’aquaculture, d’industries agricoles et pastorales, d’artisanat, d’habitat rural ainsi que pour toutes les autres activités en milieu rural.  Le CAM n’intervient qu’en faveur de ses 1 364 sociétaires à ce jour et uniquement en Nouvelle-Calédonie.

Les bénéfices réalisés par le CAM sont intégralement affectés sur un fonds de réserves sur lequel sont financés les prêts consentis. Depuis son origine, le CAM n’est rattaché ni adossé à aucune structure ni réseau bancaire calédonien ou national, mais est soumis aux mêmes obligations réglementaires que la profession bancaire.

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment