Accords de Nouméa : Michel Rocard, « l’indépendance est un bizarrerie »

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Grand instigateur des Accords de Matignon en 1988, qui deviendront Accords de Nouméa en 1998, Michel Rocard est revenu sur le processus d’autodétermination sur lequel la Nouvelle-Calédonie est engagée. En 2018 au plus tard, la Collectivité d’Outre-mer devrait décider quel statut régira son avenir.

C’était à l’issue d’une période douloureuse pour la Nouvelle-Calédonie, plusieurs années de violences meurtrières entre « kanaks indépendantistes et loyalistes caledoches » précise l’AFP. Les incidents d’Ouvéa étant le point d’orgue de ces violences. Alors qu’il était Premier ministre, Michel Rocard élabore, aves les principales figures politiques calédoniennes, les Accords de Matignon dans le but de ramener la paix sur le « Cailloux« . Depuis cette date, l’ancien Premier ministre reste une personnalité politique de référence en Nouvelle Calédonie. Prolongés en 1998 avec Lionel Jospin, les accords prennent le nom d’Accord de Nouméa et mettent en place un processus de décolonisation accompagné par l’Etat. En 2018, les calédoniens devront choisir s’ils souhaitent se maintenir dans la République, devenir Etat-associé ou être indépendants.

Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, Jacques Lafleur et Dick Ukeiwé, tous deux députés RPCR, le 26 juin 1988 après la signature des Accords de Matignon ©Archives AFP

Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, Jacques Lafleur et Dick Ukeiwé, tous deux députés RPCR, le 26 juin 1988 après la signature des Accords de Matignon ©Archives AFP

Lors d’une interview aux Nouvelles Calédoniennes, Michel Rocard est revenu sur l’issue de ce processus, comparant l’indépendance à « une bizarrerie. Plus personne n’est indépendant nulle part ». Selon lui, « l’indépendance a changé de sens », notamment depuis la création de l’euro. Indiquant tout de même, « l’indépendance, c’est une référence à la liberté de décision, à la liberté d’analyse de celui qui décide ». L’ancien Premier ministre souhaite à 85 ans, « une solution commune » entre les non-indépendantiste et les indépendantistes. Michel Rocard ne cache pas sa peur d’une réapparition de violences entre deux communautés compactes et homogènes, « personne ne peut avoir dans la tête que la question posée à ce référendum soit choisie de manière à diviser les Calédoniens en deux paquets égaux. Parce que là, on est sûr qu’ils recommenceront à se taper dessus« .

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