Accord de Nouméa: Il y a « quatre sorties possibles » explique Alain Christnacht

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©Outremers360

Dans une interview accordée à Outremers360, en partenariat avec Calédonia, Alain Christnacht, un des quelques grands experts ayant travaillé de près au suivi des Accords de Matignon et Nouméa, revient sur ses grandes missions et le rôle qu’il a pu jouer dans l’avenir institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. Alain Christnacht explique également le sens des Accords articulés autour du consensus et les routes possibles qui se dessineront lors de l’échéance cruciale de la Nouvelle-Calédonie. Interview intégrale à retrouver en fin d’article.

A un peu plus d’un an de l’aboutissement du processus et du référendum d’autodétermination, Alain Christnacht, qui « ne prétend à aucun monopole », veut être un pont « entre ceux qui connaissent depuis longtemps et ceux qui portent un regard neuf » sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. « Le fait de ne plus avoir de mission officielle me va très bien », assume Alain Christnacht, pour qui la dernière phase des Accords qui a débutée au lendemain de la Présidentielle et des Législatives sera plus sensible.

« L’apport de la mission de 2014 pour la Nouvelle-Calédonie a été de faire parler les différents partenaires entre eux » explique Alain Christnacht. « On a écouté, on a traduit ce qu’ils voulaient, on a regardé s’il y avait des convergences et des divergences », poursuit-il, « ça a permis de voir qu’il y a des divergences, notamment entre indépendance et non indépendance, mais il y avait aussi des points de convergence importants sur les institutions, les valeurs, l’acquis ». Ce rapport, à l’issue de la mission des experts entamée en 2014, avait reçu un accueil positif par les Signataires de l’Accord de Nouméa, lors du Comité de suivi de février 2016.

Quelle sortie pour les Accords ?

« Il y a eu un rapport, avant le rapport de notre mission, qui a été réalisé par Jean Courtial et le Professeur Mélin-Soucramanien, qui dit qu’il y a quatre sorties possibles de l’Accord de Nouméa: on ne change rien, on a un statut de plus grande autonomie, on a une indépendance partenariale qui peut correspondre à une indépendance association ou, indépendance complète, avec éventuellement des accords mais sans contraintes », explique Alain Christnacht. Mais avant de choisir un statut, les Calédoniens devront d’abord choisir entre le maintien dans la République ou l’indépendance. « Si c’est l’indépendance, à ce moment là, on peut discuter sur quel type d’indépendance. Si c’est le maintien dans la République, on peut discuter sur quel type de statut ».

En attendant, les Signataires des Accords de Matignon et Nouméa doivent une dernière fois se réunir autour d’un Comité de suivi, le premier du quinquennat Macron, dont la date n’a pas encore été fixée. Pour la suite, le Congrès devra, à une majorité de 3/5, saisir l’Etat avant mai 2018 pour enclencher le référendum et définir une date avant la fin 2018. Cette majorité étant à l’heure actuelle impossible, c’est à l’Etat que reviendra la tâche d’actionner le référendum.

Retrouvez l’intégralité de l’interview (20 min) d’Alain Christnacht, avec des informations supplémentaires:

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