A Papeete, 2 500 Polynésiens manifestent contre la réforme de leur retraite pour cette seconde mobilisation

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Deux mille cinq cents Polynésiens, selon la police, ont défilé ce mardi 6 mars à Papeete pour protester contre la réforme de la retraite en Polynésie. Il s’agit de la seconde manifestation contre la réforme des retraites en Polynésie

L’intersyndicale qui appelait à une grève générale illimitée a annoncé un « durcissement » de son mouvement après la mobilisation de la journée. Selon les organisateurs du mouvement, 6 000 grévistes ont participé à la mobilisation de ce mardi 6 mars. La presse locale en a recensé 3 000, contre 2 500 du côté des forces de l’ordre. Les organisations syndicales s’opposent à la réforme de la Protection sociale généralisée (PSG) locale engagée par le gouvernement et particulièrement au volet concernant les retraites. Les secrétaires généraux des syndicats impliqués ont annoncé des piquets de grève aux entrées Ouest et Est de Papeete jeudi.

Papeete, « ville morte » ce jeudi

Angelo Frébault, un des principaux leaders du mouvement et secrétaire général de la CSTP-FO, a indiqué que « Papeete sera une ville morte, jeudi ». Mahinui Temarii, un syndicaliste influent du port de Papeete, a annoncé que les dockers allaient cesser le travail à partir de mercredi soir, paralysant ainsi l’économie de Tahiti et de la Polynésie en général, Collectivité très dépendante des importations. Une nouvelle marche est prévue jeudi matin et les syndicats ont aussi annoncé d’autres blocages, à l’aéroport et dans les hôtels.

« L’aviation civile se joint aussi. Les aérodromes de la Polynésie française sont en cessation de travail comme vous. Ils vont monter en puissance mercredi et jeudi. L’aéroport de Faa’a, de Bora Bora et de Raiatea, les pompiers, les vigiles vont cesser aussi le travail », a assuré Angelo Frébault. Ils ont déjà montré à plusieurs reprises qu’ils pouvaient peser sur le tourisme, premier secteur économique local, voire paralyser le trafic aérien.

Réforme urgente

Les grévistes protestent contre la réforme de la retraite, qui doit être votée jeudi 8 mars à l’assemblée de la Polynésie française. Cette réforme prévoit notamment de repousser à 62 ans l’âge de départ à la retraite, contre 60 ans aujourd’hui. « Mathématiquement, il est prouvé que dans deux ans, maximum trois ans, nous aurons épuisé toutes les réserves de nos retraites », a déclaré sur TNTV le Président de la Polynésie française Edouard Fritch pour justifier l’urgence de cette réforme. « A un moment il faut savoir arrêter de parler et prendre des décisions. C’est ce que j’ai fait », s’est-il encore défendu sur Twitter.

Le mouvement de grève, initialement apolitique, a pris un tour politique : Angelo Frébault a appelé à « un vote sanction contre le gouvernement », à moins de deux mois des élections territoriales, dont le premier tour est prévu le 22 avril. Les indépendantistes d’Oscar Temaru ont par ailleurs invité les grévistes à assister au Congrès de leur parti, ce samedi 10 mars, pour présenter « sa vision de la problématique des retraites, et plus généralement, de la sécurité sociale au Fenua », une compétence de la Collectivité.

Avec AFP.

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