2 juillet en Polynésie : Entre 1 000 et 2 000 personnes à Papeete pour commémorer le 1er essai nucléaire

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Ce mardi 2 juillet en Polynésie, entre 1 000 et 2 000 personnes se sont rassemblées à Papeete pour commémorer le 2 juillet 1966, date du premier des 193 essais nucléaires français sur les atolls de Moruroa et Fangataufa. 

C’est une mobilisation largement au-dessus des précédentes en nombre de participants qui a eu lieu ce 2 juillet à Papeete. À l’appel des associations 193 et Moruroa e Tatou, et de l’Église protestante ma’ohi, accompagnés des cadres du parti indépendantiste Tavini Huira’atira, plusieurs cortèges se sont rejoints sur l’avenue Pouvanaa a Oopa, où se situe le siège du Haut-commissariat de la République en Polynésie, puis sur la place du 2 juillet 1966, où fut érigé en 2012 un mémorial.

Durant cette journée, l’association 193 a fait savoir au secrétaire général du Haut-commissariat sa sortie du projet de Centre de mémoire des essais, tandis que l’Église protestante ma’ohi a demandé le retrait de l’actuelle loi indemnisant les victimes des essais et son remplacement par une autre loi. L’Église protestante, qui a milité contre les essais dès le début des expérimentations, a également demandé que le 2 juillet devienne un jour férié en Polynésie : « c’est simplement pour que ce soit inscrit dans notre mémoire collective, que c’est un jour qui a marqué le destin de notre peuple et de ce Fenua. C’est ce qui est important ». « C’est un devoir de mémoire. Il faut que ça figure dans le contenu pédagogique que l’on enseigne aux enfants dans les écoles. C’est une partie importante de notre histoire », a précisé le leader indépendantiste Oscar Temaru

« Je compte beaucoup sur nos parlementaires et sur le support du gouvernement que cette proposition de loi soit déposée et qu’on ne passe plus par des jugements interminables pour que les victimes soient indemnisées », a ajouté le président de l’Église protestante ma’ohi Taarii Maraea sur le remplacement de l’actuel texte d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. « À travers cette manifestation nous voulons dénoncer une nouvelle forme de négationnisme. Et il y en a plein dans ces deux institutions que sont l’État et la Polynésie », a dit de son côté le père Auguste Uebe-Carlson, fondateur de l’association 193. Reçus par le représentant de l’État, les actuels dirigeants de l’association ont officiellement annoncé leur sortie du centre mémoriel parrainé par l’État et le Pays. « Nous ne voulons pas cautionner un centre de propagande ».

Pour marquer le coup, la jeune association 193 a construit 193 cercueils représentant l’ensemble des essais réalisés en Polynésie. « Aucun tir n’était propre, mais ils génèrent des conséquences sanitaires, environnementales, sociologiques et économiques », a affirmé Léna Normand, vice-présidente de l’association. « Sur certains (cercueils) il y a des numéros. Ces numéros symbolisent une personne décédée que nous avons accompagnée. Il y en a des milliers dans ce Pays, mais parmi ceux que nous avons retenus il y a des dossiers qui ont été rejetés. Derrière un numéro il y a une histoire et un décès », a expliqué le père Auguste.

Le 2 juillet 1966, l’État a effectué son premier essai nucléaire en Polynésie, baptisé Aldébaran. En tout, 193 essais ont été réalisés en Polynésie française, sur les atolls de Moruroa et Fangataufa : 46 furent aériens, puis à partir de 1974, les essais ont été réalisés dans roche basaltique de ces deux atolls. Au bout de ses deux mandats, l’ancien président de la République François Mitterrand avait signé un moratoire sur la fin des essais, mais une dernière campagne a été effectuée par Jacques Chirac en 1996. En visite en Polynésie début 2016, François Hollande a, pour la première fois, reconnu les conséquences des essais nucléaires sur ce territoire.

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