Vers un Patrimoine mondial de la Haute mer ?

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Échappant à toute juridiction nationale, la Haute mer (ou les eaux internationales) ne rentre pas dans la la Convention pour la protection du Patrimoine mondial. Pourtant, ces zones, qui recouvrent plus de la moitié du globe terrestre, sont riches en sites naturels exceptionnels.

Lancé le mercredi 3 août, un rapport du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) explore les moyens permettant d’appliquer à la Haute mer la Convention pour la protection du Patrimoine mondial. Dans ce rapport, les deux organismes présentent « cinq sites qui illustrent la variété des écosystèmes, allant de la riche biodiversité aux phénomènes naturels observables uniquement dans les profondeurs de l’océan », explique l’UNESCO. « Au même titre que sur terre, les profondeurs et les zones les plus reculées de l’océan abritent des lieux uniques qui méritent d’être reconnus, à l’image de la reconnaissance attribuée au Parc national du Grand Canyon aux Etats-Unis, aux îles Galápagos en Équateur ou au Parc national Serengeti en Tanzanie », souligne Mechtild Rössler, Directrice du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, dans la préface du rapport.

Bien qu’éloignés des côtes, ces sites ne sont pas moins vulnérables face aux grandes menaces de notre époque: changement climatique, exploitation minière des grands fonds, pêche et navigation intensives ou encore pollutions plastiques. Pour les reconnaître, les protéger et les inscrire au Patrimoine mondial de l’Humanité, des modifications devront être effectuées dans la Convention de 1972 pour la protection du Patrimoine mondial. Jusqu’ici, seuls des Etats peuvent prétendre à l’inscription de sites situés dans leur juridiction, or, la Haute mer n’appartient à aucune juridiction nationale. Le rapport explore trois pistes pour étendre, à l’avenir, la protection de la Convention aux zones en Haute mer. D’après Dan Laffoley, conseiller principal en sciences et conservation marines pour l’UICN et co-auteur du rapport, « la Haute mer présente une valeur exceptionnelle mondiale, bien qu’elle bénéficie de peu de protection. Cet espace est exposé à des menaces telles que la pollution et la surpêche. C’est pourquoi il est crucial de mobiliser la communauté internationale afin de garantir sa conservation sur le long-terme ». Cette volonté de protection de la Haute mer semble s’inscrire dans la réflexion d’une gouvernance des eaux internationales, dans le but d’apporter une juridiction sur des zones qui échappent à toutes lois.

Les sites mis en avant par le rapport :

– Le Dôme thermal du Costa Rica (Pacifique), une oasis océanique unique au monde qui sert de lieu de ponte et d’habitat à de nombreuses espèces menacées ;
– Le Café des requins blancs (Pacifique), le seul lieu connu de rassemblement des requins blancs dans le Pacifique nord ;
– La mer des Sargasses (Atlantique), qui abrite un écosystème unique organisé autour d’une concentration d’algues flottantes ;
– Le Champ hydrothermal de la Cité perdue (Atlantique), un lieu situé à 800 mètres de profondeur et surplombé de monolithes de carbonate pouvant atteindre 60 mètres de haut ;
– L’Atlantis Bank, une île fossile immergée située dans les eaux subtropicales de l’océan Indien.

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