Rupture d’un barrage minier au Brésil : Vale inculpée pour «homicide involontaire» et « crime environnemental»

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© Guilherme Venaglia

L’ancien directeur général de la compagnie minière brésilienne Vale et quinze autres personnes ont été inculpés mardi pour homicide dans l’enquête sur la rupture meurtrière du barrage minier de Brumadinho, qui s’est produite il y a un an dans l’Etat du Minas Gerais, a annoncé le Parquet de l’Etat de Minas Gerais.

La catastrophe provoquée par la rupture de cette digue de retenue d’une mine de minerai de fer, le 25 janvier 2019, a fait au moins 259 morts selon un bilan toujours provisoire, les recherches se poursuivant dans la montagne de déchets miniers qui s’est abattue sur la localité de Brumadinho et un village voisin.

Le parquet de l’Etat de Minas Gerais (sud-est) a requis l’inculpation de Fabio Schvartsman, ex-patron de Vale, ainsi que de 15 autres personnes liées à la compagnie minière ou à TUV SUD, pour « homicide volontaire » et « crime environnemental ». Ils encourent de 12 à 30 ans de prison.

Vale et TUV SUD « ont imposé un risque à la société (…) en agissant de concert pour occulter systématiquement la réelle gravité de la situation du barrage », a précisé le procureur William Garcia Pinto Coelho, soulignant que de « faux certificats de stabilité » avaient été délivrés.

Il a ajouté que Fabio Schvartsman avait « pris des risques inacceptables pour créer une fausse impression de sécurité » et éviter des pertes financières à l’entreprise. « Ils ont mis le paquet pour que l’image de l’entreprise ne soit pas mise en péril par rapport à ses actionnaires », a insisté le procureur-général Antônio Sérgio Tonet

Le procureur a également expliqué que Vale disposait d’une sorte de « boîte noire consistant à dissimuler des informations sur les risques inacceptables que présentaient ses barrages ».

Un rapport de l’Agence nationale des mines (ANM) datant du mois de novembre accusait déjà Vale d’avoir omis d’informer les autorités d’anomalies qui, si elles avaient été rapportées, « auraient pu permettre d’éviter la catastrophe ».

L’ANM a notamment souligné que les informations qu’elle avait reçues de la part de Vale avant la rupture du barrage « ne concordaient pas avec les éléments présentés dans des documents internes du groupe minier ».

Vale a fait part dans un communiqué de sa « perplexité quant aux accusations d’homicide volontaire », considérant qu’il était « prématuré d’évoquer une prise de risque consciente pour provoquer la rupture délibérée du barrage ».

TUV SUD, qui a certifié la stabilité du barrage de Brumadinho, a pour sa part affirmé être « profondément attristé » par la tragédie, mais a considéré que les « causes réelles » n’avaient « toujours pas été élucidées ».

À la Bourse de Sao Paulo, le titre de Vale cédait mardi 2,40% peu avant la clôture.

Vale a déjà commencé à verser des indemnités aux victimes, à hauteur de deux milliards de réais (435 millions d’euros).

L’entreprise avait déjà été impliquée dans une autre tragédie de ce type. Le 5 novembre 2015, le barrage de Fundao, géré par Samarco, joint-venture du groupe brésilien et de l’Anglo-australien BHP, avait libéré brutalement dans la nature 40 millions de mètres cube de déchets hautement toxiques, faisant 19 morts et causant des dégâts environnementaux sans précédent au Brésil.

Avec AFP

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