Risques naturels : Les Outre-mer plus exposés mais moins protégés en cas de submersion rapide (1/2)

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© Actualité sur Kourou

Absences d’outils de surveillance, dispositif d’alerte des populations partiels. Certains risques naturels comme la submersion marine sont mal pris en compte en Outre-mer, pourtant plus exposés. Un rapport de l’IGA, qui pointe la responsabilité de l’Etat et des collectivités locales.

Un récent rapport sur l’évaluation de la mise en oeuvre du plan submersion rapide dans les Outre-mer a été publié par les ministères de l’Intérieur et de l’Environnement le 19 février dernier. Dans ce document, l’Inspection générale de l’Administration (IGA) témoigne de « la prise en compte relative » des territoires ultramarins dans les politiques publiques de protection de risques naturels. Il a constaté « un retard général par rapport à la métropole dans la prise en compte des différentes facettes de la gestion du risque de submersion rapide ». Pourtant, par leurs contraintes géographiques et climatiques associées à des spécificités des contraintes d’aménagement entraînent une exposition proportionnellement plus forte de ces territoires. Hasard ou coïncidence, ce rapport est publié au moment où les habitants du littoral kouroucien subissent les aléas de la forte houle qui s’abat sur les côtes. Actuellement, plus de 1200 personnes sont menacés par la montée des eaux. D’après le rapport, le  département guyanais compte plus de 30 000 constructions illégales dont 12 % sont en zone de risque. À noter aussi un point de préoccupation particulier sur Kourou, où 25 % des 2 545 constructions spontanées seraient concernées par le risque. Un situation de retard qui est variable d’un département à un autre. À ce jour, la Réunion semble être la collectivité la plus apte à faire face à ces événements climatiques. Pour cette mission, le rattrapage de ce retard est un « défi réalisable »: Cette situation de retard n’apparaît pas inéluctable. Cependant, pour être surmontée, elle suppose l’identification et la valorisation des bonnes pratiques. », précise le rapport.

© ASK (Actualité sur Kourou) Ce lundi 22 février 2016 dans l'après-midi, la mer dans les secteurs du Village Amérindien et de l’Anse était très agitée. Elle a inondé les maisons situées à l’avenue de l’Anse.

© ASK (Actualité sur Kourou) Ce lundi 22 février 2016 dans l’après-midi, la mer dans les secteurs du Village Amérindien et de l’Anse était très agitée. Elle a inondé les maisons situées à l’avenue de l’Anse.

Une responsabilité partagée entre Etat et collectivités locales

Face à constat, le rapport souligne la responsabilité à la fois de l’Etat et des collectivités locales. Au niveau des administrations centrales, la mission affirme que pour aider les DROM (Départements et Région d’Outre-mer), la volonté nationale doit être « une nécessité qui doit être affirmée clairement et concrètement ».  Elle préconise entre autres, une meilleure représentation des DROM au sein de la commission mixte inondation (CMI), un positionnement plus favorable de ces territoires dans la priorisation de la mise en place d’un système d’alerte et d’information des populations, et l’intérêt d’étendre le rôle du centre d’alerte aux tsunamis à l’ensemble des territoires d’Outre-mer des Caraïbes et de l’Océan indien. Des territoires plus exposés mais peuvent servir de modèle. « Il apparaît  nécessaire que la métropole pratique une inversion de regard sur les territoires en les considérant, non plus comme les derniers territoires sur lesquels se mettent en place les politiques publiques mais plutôt comme des territoires d’innovation sur des thématiques les concernant directement de manière marquée », ajoute le rapport. Mais l’Etat n’est pas le seul mis en cause. Les collectivités locales ont également leur rôle à jouer dans la mise en place d’une politique de prévention des risques naturels. Elle recommande de la part de ces dernières, la « nécessité de revoir l’application des règles d’urbanisme ». Au total, le rapport établit 28 recommandations pour pallier au problème.

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