Orpaillage en Guyane : Une méthode scientifique pour confondre l’or illégal trouvée

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© Parc Amazonien de Guyane

Le BRGM a mis au point, avec le soutien de WWF , une méthode pour « caractériser la provenance de l’or illégal ». À très court terme, les chercheurs espèrent que ce procédé pourra aider à la lutte contre l’orpaillage en Guyane.

Distinguer l’or illégal de la production officielle est désormais possible, par le biais d’un outil scientifique. Le 23 février dernier, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a mis au point un procédé permettant de caractériser la provenance de l’or.  Riche en ressources minérales, la Guyane possède un potentiel en or estimé à un minimum de 200 tonnes. L’extraction aurifère est ainsi partagée par une partie légale (la filière officielle emploie environ 500 personnes pour une production de 1 à 2 tonnes d’or par an), mais aussi par une majeure partie, illégale, orchestrée par environ 15.000 orpailleurs clandestins appelés « garimpeiros« , qui produisent environ 10 tonnes d’or par an, avec des conséquences néfastes pour l’environnement. Lancé en 2013, le projet TAO (Traçabilité analytique de l’Or)  a été cofinancé par le WWF et l’Union européenne, via le Fonds européen de développement économique et régional. Ce méthode vise à assurer « une meilleure transparence des filières aurifères en Guyane et dans la région », et à « limiter le blanchiment et l’écoulement des productions illégales ».

Trois méthodes de détection de l’or illégal 

Les chercheurs du BRGM s’appuient sur trois procédés allant de l’étude de la morphologie à la composition chimique des éléments traces présents dans les grains d’or, en passant par des inclusions de minéraux dans le minerai. Combinées, toutes ces méthodes permettent de révéler la signature géologique du métal. L’étude note :« il est possible de distinguer les différents sites d’exploitation et de définir des districts, zones d’activité minière présentant des signatures physico-chimiques particulières ».

© BRGM, Projet TAO

Une première à l’échelle sud-américain et trois ambitions

Cette étude de faisabilité et de traçcabilité est une première pour la région sud-américaine. Elle pourra répondre également à un triple objectif. Premièrement, le projet pourra servir d’outil à la police scientifique, « en appui aux enquêtes judiciaires ». Ce dispositif  vient compléter une étape importante, franchie en 2011, grâce à la « loi sur la garantie » qui s’applique désormais en Guyane et qui oblige tout comptoir d’or à tenir un « livre de police », où il doit mentionner ses vendeurs. Deuxièmement, « on peut envisager une valorisation de la filière minière officielle, avec une labellisation, une certification», de manière à assurer les bijoutiers que l’or qu’ils achètent est bien issu d’une filière légale, ajoute Florent Taberlet, chargé du programme terrestre du WWF en Guyane, au Journal de l’environnement. Actuellement, « plus de 80% des bijoutiers avouent n’avoir aucune information sur les conditions d’extraction de l’or qu’ils manipulent au quotidien« , précise l’étude. Et puis ces outils peuvent faire entrer l’Etat dans « une démarche de transparence et de responsabilité », en mettant en avant la notion de « mines responsables ». Au final, le BRGM a pu retrouver avec succès les provenances de cinq échantillons « aveugles » fournis par le WWF, sur la base de leur carte d’identité physico-chimique.

 

 

 

 

Carte de la pression de l’orpaillage illégal sur le territoire du PAG en novembre 2013 © Parc amazonien de Guyane

Carte de la pression de l’orpaillage illégal sur le territoire du PAG en novembre 2013 © Parc amazonien de Guyane

Avec AFP

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