Orpaillage en Guyane : Comment lutter contre la filière illégale ?

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Comment lutter contre l’orpaillage illégal ? Telle est la question posée dans l’émission Les Témoins d’Outre-mer cette semaine. 

La Guyane multiplie les pistes de réflexions pour lutter contre l’orpaillage clandestin ! Le 13 avril dernier, le député guyanais Gabriel Serville a intérrogé le gouvernement français sur l’avancée de l’accord de coopération signé entre la France et le Brésil pour  contre l’orpaillage illégal en Amazonie. En 2008, l’Etat avait également lancé les  »opérations Harpie » et signé un accord bilatéral de coopération avec le Brésil pour démanteler les réseaux clandestins. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault lui a répondu que l’accord était entré en vigueur en février. Jean-Marc Ayrault a également indiqué les récents résultats des dernières opérations « harpie ». Entre janvier et décembre 2015, le nombre de chantiers clandestins recensés sur le territoire guyanais a été diminué par 2, en passant de 479 à 204. Un dispositif qui reste cependant insuffisant face à l’ampleur du phénomène.  Si les autorités affichent des résultats encourageants, elles peinent à limiter de manière significative l’orpaillage illégal comme le souligne Chantal Berthelot dans l’émission « Les Témoins d’Outre-mer ». La député guyanaise, invitée de cette émission participative diffusée sur France Ô, a émis la proposition d’accentuer les prérogatives des agents dédiés à la lutte contre l’orpaillage clandestin. « C’est dans les outils à disposition des forces de l’ordre qu’il faut apporter une amélioration. Il faut permettre aussi aux agents comme les militaires de disposer d’un pouvoir de police judiciaire en saisie et en destruction pour que toute action sur le terrain soit efficace jusqu’au bout », précise-t-elle.

L’orpaillage illégal engendre également des effets néfastes sur l’environnement avec une destruction et pollution des cours d’eaux par l’émission de mercure, déforestation. Des dégâts environnementaux comportant des répercussions sanitaires. Les premiers affectés sont les Amérindiens vivant à proximité de ces fleuves. « L’orpaillage est aujourd’hui une  réelle menace pour  nos peuples autochtones…De plus en plus de naissances dans les villages se font avec des malformations,des micro-encéphalies » témoigne Sergio sur la plateforme. Pour Chantal Berthelot, l’Etat doit rapidement agir pour aider ces populations par le biais de lancement d’une étude épidémiologique pour mieux analyser l’ampleur de la pollution au mercure sur ces  populations guyanaises. « La derniere étude date de 2005. Il est effectivement temps, 10 ans après que nous puissions connaître l’impact de la contamination au mercure. La demande a d’ailleurs été faite récemment », ajoute la député. En février dernier, à l’issue d’une table ronde sur la lutte contre l’orpaillage clandestin, les députés ont souhaité la création d’une mission d’information parlementaire. Affaire à suivre.

 

 

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