Martinique : coulées de boue volcaniques sous surveillance

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Les 8 et 9 janvier derniers, différentes réunions ont été organisées en mairie du Prêcheur, avec les acteurs concernés (services de l’Etat, collectivités et services de sécurité et de secours), afin de faire un état des lieux de ce phénomène.

La rivière du Prêcheur (Martinique) fait l’objet d’une surveillance accrue des services de l’Etat à la suite de coulées de boue volcaniques successives. Le lit de cette rivière soumis « depuis plusieurs jours » à un phénomène de coulées de boue d’origine volcanique, connu sous le nom de « lahar », « reste sous haute surveillance par les services de l’Etat, par l’Observatoire Volcanique et Sismologique de la Martinique (OVSM), ainsi que par la mairie et les services de la Collectivité territoriale de la Martinique », précise un communiqué de la préfecture.Des capteurs ont été disposés « tout au long de la rivière afin de donner l’alerte en cas de glissements rocheux » et une « cellule de veille active a été mise en place par le préfet de la Martinique pour suivre l’évolution du phénomène ».

Ce phénomène n’est pas nouveau dans cette région de l’île située sous le flanc ouest de la Pelée.C’est « la zone la plus instable de cette montagne et elle porte encore les cicatrices d’événements survenus il y a plus de cent mille ans », a indiqué Valérie Clouart, la directrice de l’OVSM-IPGP.Selon elle, le phénomène actuel « est strictement lié au caractère volcanique d’un sol constitué par un empilement de couches de cendre et de roches issu des éruptions passées de la montagne Pelée » et fragilisé par les fortes pluies des dernières semaines.

La persistance de fortes pluies pourrait entraîner un « risque de lahar très énergétique et une sortie de la rivière de son lit au niveau du bourg du Prêcheur », a-t-elle encore précisé. Comme l’explique l’universitaire Pascal Saffache, le « lahar », constitué de différents matériaux  (cendres volcaniques, eau,boues, de la terre), forme un matériau extrêmement lourd et dense, qui a une capacité d’abrasion très forte. Les lahars jouent le rôle d’un rabot qu’on passerait sur des bois… Toutes les rivières qui drainent les flancs de la Montagne Pelée, que ce soit côté Caraïbes ou coté Atlantique, peuvent potentiellement générer ce type de phénomène. »

Lors d’un précédent épisode du même genre, « les 19 et 20 juin 2010, une vingtaine de maisons du Prêcheur avaient été impactées sans entraîner de pertes en vies humaines », rappelle néanmoins la directrice de l’Observatoire. Des vidéos de ces coulées de boue, de branches et de troncs déferlant dans le lit de la rivière du Prêcheur ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux depuis le début du phénomène.

Avec AFP

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