La Guyane défend son modèle d’architecture durable au « Green Building & City Solutions Awards »

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103 représentants de 40 pays ont chacun présenté un projet d’architecture durable, autrement dit, des solutions qui intègrent l’environnement à l’architecture, lors du concours international « Green Building & City Solutions Awards « . Métamorphose Outremers, partenaire d’Outremers360, a rencontré Frédéric Pujol, de l’ACAPA/Guyane, qui représentait les Outre-mer aux côtés d’un Guadeloupéen, d’un Réunionnais, et de deux Calédoniens. Lundi 26 Septembre, les lauréats français de ce concours international seront connus. Ils représenteront la France à la COP22, au Maroc, où seront annoncés le 14 Novembre les gagnants internationaux de chaque catégorie.

« Les projets Outre-mer portent une tendance qui intéresse de plus en plus une Europe menacée par le réchauffement climatique. L’Europe découvre la pertinence du travail des Outre-mer. Nous savons défendre un confort d’été, avec une consommation faible de climatisation grâce à nos travaux sur la ventilation naturelle des maisons. Jusqu’à présent, on cherchait dans nos travaux une dimension exotique. Subitement, on nous voit comme possible solution à l’adaptation climatique ».

Fréderic Pujol fait parti de ces jeunes architectes qui sont arrivés en Guyane à la fin des années 90 . « Nous étions très motivés, venus par intérêt pour la Guyane, nous avons constitué un noyau dur et soudé, créant une synergie au bon moment ». Au bon moment, « car c’est l’époque où on commence à s’opposer aux normes de construction venues d’Europe. Elles sont faites pour se protéger du froid alors qu’il faut lutter contre le chaud et l’humidité ».

« Très rapidement, avec un petit groupe, nous nous sommes lancés dans la recherche bio climatique. En 2003, après avoir été formés en Guadeloupe aux normes HQE (Haute Qualité Environnementale), nous créons à Cayenne l’AQUAA , une association qui va tenter d’adapter cette notion née dans l’Hexagone, à nos normes. Avec l’aide de l’ADEME et en plusieurs étapes, nous aboutissons aujourd’hui aux normes QEA : Qualité Environnementale Amazonienne. En dix ans, cette bible réservée aux maîtres d’ouvrage est devenue incontournable. Récemment une rencontre à la Villa Méditerranée à Marseille nous a permis de porter notre savoir auprès de nos collègues européens : nous avons pu prouver que les normes peuvent se bousculer . Qu’il est possible de vivre bien à 26/27°, sans climatisation à condition de retrouver les règles de la ventilation intérieure, de créer des ombrages, d’organiser le brassage de l’air par les espaces extérieurs ». 

En Guyane, la climatisation représente 30% du budget énergétique. Modèle à éviter à tout prix dans les régions françaises qui subissent déjà des canicules comme dans le le sud-ouest. Mais très rapidement, les architectes s’aperçoivent qu’il ne suffit pas de réhabiliter les atouts des alizés dans le rafraîchissement des maisons. Le retour à la construction de bois pose problème.

« Nous nous heurtons encore aujourd’hui, à plusieurs freins. Le premier est social et culturel. L’idée de progrès est portée par la construction en dur et le rapport au bois renvoie à la case des pauvres. Ensuite, le savoir faire des constructions ventilées, de la maison créole, est complexe et a disparu. Enfin, la filière bois n’est pas capable de répondre à nos besoins. Nous ne disposons que d’une connaissance partielle des espèces de bois alors qu’il y aurait dix fois plus d’essences à exploiter avec des caractéristiques fabuleuses. On dit souvent qu’il n’y a pas assez de bois, mais 80% part à l’export. C’est donc que l’intérêt du construire en bois n’est pas encore là, freiné par le lobby du béton qui aligne le nombre d’emploi au m3 de béton coulé. Il pourrait en être de même pour le bois ».

Un autre élément bloque encore l’avancée de cette nouvelle manière de construire. Certes les architectes ont acquis le droit à expérimenter, « mais on est dans l’impasse car les contrôles techniques et les assurances ne suivent pas le hors normes. C’est donc une prise de risques trop grandes pour nous ».

Petit à petit la loi se construit. Il y a un mois, le sénat a décidé d’associer les architectes à la définition des normes pour les logements. Pour aller plus vite encore certains architectes rêvent de devenir « architecteur » en devenant également promoteur de leur projet. « Nous pourrions ainsi réduire le coût du logement d’un quart. Nous pouvons occuper des fonciers compliqués et moins chers, favoriser les partenariats avec des moyennes entreprises , économiser sur la commercialisation, explorer et exploiter pour le réhabiliter l’existant, continuer à faire bouger les lignes , Moi j’y crois assez…»

Dominique Martin Ferrari

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