Déchets à La Réunion: Daniel David, « Il faut vraiment aller vers le recyclage qui génère des emplois»

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A l’occasion de la Semaine Européenne des déchets, Daniel David, responsable du pôle Environnement à l’AGORAH était l’invité de la Matinale sur Réunion 1ère pour parler du traitement des déchets à La Réunion.

Entre l’augmentation constante de sa population et l’activité économique de l’île, la problématique des déchets est un véritable enjeu. Actuellement, La Réunion traite plus de 514 470 tonnes de déchets ménagers et assimilés par an, soit 607 kg/hab/an. « Les Réunionnais ne jettent pas plus qu’un résident hexagonal en terme de déchets ménagers résiduels. En revanche, en ce qui concerne le tri sélectif, nous sommes en deçà de ce qui est collecté en Hexagone. Nous ne collectons que la moitié de ce qui est collecté dans l’Hexagone», ajoute Daniel David.
Le responsable du pôle Environnement à l’AGORAH précise que des efforts en la matière ont été faits les précédentes années. « Le tri sélectif s’est mis progressivement en place sur le territoire avec des intercommunalités qui l’ont installé au fur et à mesure mais il faut rappeler que le tri sélectif n’existait pas il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, nous avons ces poubelles de tri, de couleurs différentes qui nous permettent d’aller vers des solutions plus durables ».

70% des déchets ménagers et assimilés vont à l’enfouissement

Travailler davantage sur le tri sélectif devient aujourd’hui une nécessité pour la Réunion, en raison des deux sites d’enfouissement actuels (situés à  Saint-Pierre et à Sainte-Suzanne), qui sont proches de la saturation. « Le constat est que 70% des déchets ménagers et assimilés vont aujourd’hui à l’enfouissement. Nous devons faire en sorte que les centres d’enfouissement n’aient pas à s’agrandir d’année en année ou qu’on aille potentiellement vers la création de nouveaux centres d’enfouissement, ce qui aurait aussi un impact environnemental certain ».
Pour cela, Daniel David  insiste notamment sur l’utilité des opérations ponctuelles qui participent à la sensibilisation au traitement des déchets. « La Semaine Européenne pour la réduction des déchets est en cela importante. L’idée est d’arriver à s’améliorer sur chacune de ces étapes qui permettent d’aller jusqu’à l’enfouissement des déchets, dernière étape qu’on est supposée avoir sur le territoire, s’améliorer sur les questions de réemploi et d’utilisation en privilégiant par exemple des initiatives comme les ressourceries ou le tri à la source qui commence à apparaitre dans certaines collectivités ou entreprises, s’améliorer sur le recyclage. Point sur lequel nous avons une grande marge de manœuvre par rapport à l’Hexagone ». Il souligne plusieurs pistes d’amélioration à apporter sur la problématique des du traitement des déchets. « Il est également nécessaire de s’améliorer sur les questions de la valorisation telles que la valorisation énergétique, la valorisation touchant à la biomasse. Il ne faut pas oublier que le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ».

La Décheterie de Bellepierre © Cinor

La Décheterie de Bellepierre © Cinor

Bâtir une ligne directrice cohérente

« L’important est d’avoir une vraie ligne directrice claire sur le territoire. C’est en cela que le Plan régional des déchets va avoir une vraie utilité. Il faut rester toutefois conscient  que même si nous disposons une ligne directrice claire, les choses ne changeront pas en un claquement de doigts. Ce n’est pas en un ou deux ans que nous arriverons à avoir  20%, 30% ou 50% de déchets en moins ».  En attendant que la ligne directrice produise ses effets dans 10 voire 15 ans, il faut trouver une solution pour les déchets que nous produirons durant ce laps de temps? En tant que citoyen pragmatique sur cette question, je me dis que ces incinérateurs ou unités de valorisation énergétique ne sont pas sans doute la meilleure des solutions mais c’est l’une des moins mauvaises que l’on a sur un territoire sur lequel il faut absolument faire quelque chose ». ajoute Daniel David.
Le recyclage est aussi une alternative intéressante car il favorise l’économie circulaire. « Il faut vraiment aller vers le recyclage. On peut citer les ressourceries qui ont commencé à apparaître sur le territoire et qui génèrent des emplois », conclut Daniel David.

Daniel David, Responsable du Pôle Environnement et de l'Observatoire des Risques naturels de l'AGORAH ©AGORAH

Daniel David, Responsable du Pôle Environnement et de l’Observatoire des Risques naturels de l’AGORAH ©AGORAH

L’Observatoire Réunionnais des Déchets de l’ AGORAH

L’ Observatoire Réunionnais des Déchets (ORD) a vu le jour en 2014 à la demande des partenaires institutionnels. L’objectif de cet observatoire est contribuer à la mise en œuvre d’une politique de gestion durable des déchets du territoire, par le biais d’une meilleure connaissance commune du domaine des déchets. Il s’intéresse notamment aux Déchets Ménagers et Assimilés, aux Déchets des Activités Economiques, aux Déchets du BTP et aux Déchets issus des filières financées par une éco-taxe. Ces données permettent aux décideurs et en particulier à la Région de vérifier que les objectifs du Plan Régional Déchets sont atteints ou s’il est nécessaire de revoir les actions. Tous ces chiffres et analyses sont rendus possibles à l’AGORAH grâce aux travaux de Matthieu HOARAU, jeune chargé d’études qui assure le portage de l’Observatoire Réunionnais des Déchets.

 

A noter, l’Agorah fête ses 25 ans le 1er décembre. Dans le cadre  d’une journée portes ouvertes, toutes les informations et le programme sont à retrouver sur le site: www.agorah.com et la Page Facebook AGORAH Réunion

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