Biodiversité : L’Homme, première menace des récifs coralliens

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©Dosdane / NCTPS

C’est en tout cas ce que tend à démontrer une récente étude conjointement menée par l’Université de Montpellier, l’IRD et l’Université de la Nouvelle-Calédonie. La proximité de l’homme avec les récifs coralliens représenterait un menace pour ces derniers.

D’emblée, le bilan est inquiétant : les écosystèmes coralliens sont en déclin. 20% des récifs de la planète ont déjà été détruit, 24% sont en grave danger et à l’horizon 2050, 26% d’entre eux le seront également. Les récifs coralliens sont pourtant essentiels pour les populations humaines et l’équilibre de la planète : ils sont une source alimentaire et économique et protègent des éléments et autres aléas climatiques. Selon cette étude, les récifs sont de plus en plus proches des activités humaines, plus de la moitié d’entre eux se situent à moins de 30 minutes de l’homme. L’explication est simple, « les communautés humaines ont toujours eu tendance à coloniser ces sites riches en ressources ». Les récifs situés à plus de 10 heures de trajet de l’homme sont devenus rares alors qu’ils abritent les plus fortes biomasses de poissons. 10 heures de trajet, c’est « un seuil clé pour définir les derniers refuges de la faune marine exploitée ». Ces zones refuges se concentrent principalement dans l’Océan Indien et au large de la Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique. « C’est d’ailleurs cette limite de 10 heures de temps de trajet depuis Nouméa qui sépare les récifs coralliens exploités de Nouvelle-Calédonie des récifs qualifiés de « difficilement accessibles », qui présentent, eux, des niveaux de biomasse très élevés, supérieurs à 500 Kg/ha ».

Autre constat, le développement du réseau routier mondial augmente rapidement afin de permettre à l’homme d’accéder au ressources, équipements et industries. D’ici 2015, c’est plus de 25 millions de kilomètres de routes qui devraient être construits dans les pays en développement et les conséquences sur la biodiversité marine sont négligées. Le développement de nouveaux axes routiers plus rapide et le long des littoraux rendra les récifs coralliens plus vulnérables et exposés à une pression plus importante dû au développement humain. Le temps de trajet entre l’homme et les récifs coralliens est donc devenu une nouvelle mesure définissant l’accessibilité des ressources et de la biodiversité marine. Il révèle aussi le caractère exceptionnel des récifs coralliens isolés ainsi que la rareté des Aires marine protégées (AMP) situées à proximité des activités humaines.

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