Biodiversité : Les raies manta de Polynésie à l’étude

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En collaboration avec l’association Observatoire des Requins de Polynésie (ORP), l’association Manta Trust identifie depuis le mois de juin la population de raies manta de Polynésie. Le but ? Nourrir la base de données pour améliorer la préservation de l’espèce.

La collaboration remonte au mois de juin et a d’ores et déjà permis d’identifier une présence forte des cousines des requins autour des Îles du Vent (Tahiti, Moorea et Tetiaroa). Nicolas Burray, créateur de l’ORP, confirme à Tahiti-infos que plusieurs individus ont pu être observer autour du Port autonome de Papeete et de plus en plus à Moorea. Pour améliorer l’identification et le recensement des raies manta, Nicolas Burray confie, « nous travaillons ensemble depuis juin à l’identification des individus polynésiens de raies manta. Dans ce contexte, toutes informations et photographies sont les bienvenues ». Entre 2001 et 2007, Moeava de Rosemont a photographié et identifié 98 individus sur le site d’Anau, sur l’île de Bora Bora, dans le sous-archipel des Îles Sous le Vent (Îles de la Société). Des photographies qui ont permis de gonfler la base de données de Manta Trust et aujourd’hui, Cecile Berthe, étudiante à l’EPHE et membre de l’ORP, les utilise pour étudier les raies manta de Maupiti (Îles Sous le Vent).

Un face à face avec une raie manga est toujours impressionnant. Ses grandes ailes lui procurent une grâce inégalée dans le règne animal ©Nelly Massoud

Un face à face avec une raie manga est toujours impressionnant. Ses grandes ailes lui procurent une grâce inégalée dans le règne animal ©Nelly Massoud

Le but ultime de la collaboration entre l’ORP et Manta Trust est d’améliorer la compréhension, la connaissance et la protection de ces animaux marins majestueux et mystérieux. Les raies manta garde secrètement leur façon de vivre, de se nourrir et de se déplacer. Difficile alors de réfléchir à un plan de sauvegarde, surtout que l’animal est directement menacé par l’activité humaine, tout comme son cousin le requin. Il a notamment fallu attendre 2009 pour se rendre compte qu’il existe deux sous-espèces de raies manta : la raie manta géante « Manta Birostris » (pouvant atteindre 7 mètres d’envergure) et la raie manta de récif « Manta Alfredi (entre 2 à 5 mètres d’envergure). Cette découverte a été faite par Andrea Marshall aux îles Maldives. En Polynésie, la confusion persiste. Dans les ouvrages d’identification, seules les raies manta géantes sont mentionnées, alors que celles de Bora Bora sont des raies manta de récif.

©Yannick Verdez

©Yannick Verdez

En Polynésie, les raies manta sont relativement tranquilles et protégées. Peut être est-ce dû au fait que la mythologie polynésienne considère son cousin proche comme un animal protecteur ? Néanmoins, dans le monde, les raies manta sont victimes d’une mauvaise réputation et de la sur-pêche accidentelle. Depuis quelques années, elles sont également victimes de pêche direct. En Chine, leurs branchies sont de plus en plus utilisées dans la médecine traditionnelle. Les associations Shark Savers et Wildaid estimaient à 400 euros le prix du kilos de branchies cuites et séchées avec d’autres extraits de poissons. Shawn Heinrichs, blogueur au New York Times, déplorait que ces vertus médicinales « n’ont jamais été démontrées par les médecins ». Malheureusement, la pêche, même ponctuelle et faible, a un impact considérable sur la population de raies manta. Pour l’heure, sur les zones étudiées (Mexique, Equateur et Mozambique), on estime qu’il y aurait à peine un millier d’individus. Pourtant, une raie manta vivante et en liberté est une manne économique (via le tourisme notamment) plus que considérable puisque qu’elle peut rapporter jusqu’à 1 million de dollars tout au long de sa vie.

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