Biodiversité : Le Santal polynésien ; endémique, rare et protégé

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En Polynésie, le Santal est connu pour son parfum, ses vertus médicinales et son bois qui se prête facilement à la sculpture. Mais au XIX° siècle, le Santal est victime de surexploitation et des prédateurs. Faisant l’objet d’un reboisement, il ne reste aujourd’hui que quelques hectares aux îles Marquises.

Le Santal polynésien, appelé également Santal rouge, est endémique de Polynésie française, des îles Cook et de Pitcairn. S’il existe dans le Monde 16 espèces de Santal, la plus connue est l’espèce indienne, appelée aussi Santal blanc. En Polynésie française, le Santal rouge est présent surtout dans tous les archipels, hormis celui des Tuamotu-Gambier, dont la typologie (atolls) ne permet lui permet pas de pousser. Alors que l’arbre tient une place particulière dans la société polynésienne ancestrale, l’arrivée des européens bouleverse complètement les rapports qu’entretiennent les polynésiens avec l’arbre. Le Santal devient une monnaie d’échange, « généralement exploité avec l’aide des habitants en échange de pacotilles, métal, tissu, baleinières, alcool et armes. Ces échanges avec les santaliers furent ainsi synonymes du début de l’effondrement des valeurs traditionnelles dans de nombreuses îles du Pacifique », explique Jean-François Butaud, spécialiste en agro-foresterie.

Le fruit du Santal ©Tahiti Heritage

Le fruit du Santal ©Tahiti Heritage

En plus de la surexploitation, le Santal a également subit les invasions biologiques qui limitent ou bloquent sa régénération. Le rat noir, les herbivores, les chats, les plantes envahissantes ou encore, les éléments pathogènes et parasites sont autant de menaces pour l’arbre endémique. Au début des années 90, un plan de sauvegarde de l’espèce a été lancé par le Service du Développement rural (SDR), le Centre de Coopération internationale en Recherche agronomique pour le Développement (CIRAD) et l’Université de la Polynésie française. Un plan de sauvegarde dont le spécialiste Jean-François Butaud a prit part. « Un peu plus de 4000 Santals polynésiens ont été recensés en Polynésie française, avec comme principale cause de leur raréfaction, la prédation des graines par les rats. Le contrôle localisé des rats par poses régulières de raticides a donc été développé afin de récolter des fruits. Jusqu’à aujourd’hui, près de 10 000 graines ont pu être récoltées dans les différentes îles », explique le spécialiste. Ces récoltes ont permis la réalisation de plantations conservatoires pour approvisionner les populations polynésiennes attachées au Santal. Au final, c’est près de trois hectares de Santal qui ont été replantés par le SDR à Nuku Hiva (îles Marquises) et Moorea (îles de la Société).

Le bois de Santal est utilisé dans l'artisanat, notamment dans la sculpture, la confection de colliers odorants et d'huile de Monoï ©Tahiti Heritage

Le bois de Santal est utilisé dans l’artisanat, notamment dans la sculpture, la confection de colliers odorants et d’huile de Monoï ©Tahiti Heritage

En Polynésie, le Santal est connu pour son parfum mais aussi ses vertus médicinales. Il permet de soigner les métrorragies, les conjonctivites, angines, plaies, otites, sinusites et rhumatismes, entre autre. Les polynésiens confectionne également du Monoï à partir du Santal, huile qui permet de cicatriser le nombril des nouveaux-nés. Le bois de Santal est aussi largement utilisé dans l’artisanat local. « Les usages principaux du Santal en Océanie apparaissent donc intrinsèquement liés à son odeur mais également à ses propriétés antiseptiques, en parties reconnues » par la communauté scientifique. Le Santal fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt écologique, environnemental et économique. La Nouvelle-Calédonie s’est d’ailleurs, elle aussi, lancée dans un plan de conservation et d’exportation protégée de son bois de Santal. Cher, il peut être exporté entre 40 et 84 euros le kilo. Mais les cinq hectares de Santal plantés aux Marquises ne permet pas d’en faire un produit dont l’exportation serait rentable. Pour l’heure, le Santal nourrit les artisans des Marquises qui s’en servent pour la confection de Monoï ou pour la sculpture.

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