Assises des Risques naturels: Les annonces de François de Rugy

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Ces 25 et 26 mars, les Assises nationales des risques naturels se déroulent à Montpellier sous le signe de l’adaptation dans un contexte marqué par les catastrophes de l’année 2018 : Cyclone Irma dévastateur des Antilles, inondations catastrophiques dans l’Aude, incendies en PACA et en Corse liés aux sécheresses récurrentes. Présent à l’ouverture, le Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire François de Rugy a rappelé l’engagement de l’Etat auprès des collectivités.

François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire l’a rappelé dans son discours : « il nous faut désormais regarder le risque en face et savoir le traiter… Et si il y a eu intensification des risques depuis 2012, il n’y a rien de plus difficile pour un maire que de dire non à une construction dans une zone à risques par temps calme…Or c’est l’action dans la durée, au delà de l’émotion médiatique, qui est nécessaire ».
Bien sûr il faut continuer d’agir sur les causes pour mieux atténuer les effets des catastrophes dont les coûts ne cessent de grimper. « Des missions d’observation ont été lancées dans les territoires et feront l’objet d’une évolution législative fin 2019 » Et de citer deux exemples, comme la prise en compte non seulement des risques d’avalanches en montagne mais aussi des poches d’eau et des chutes de pierre liés aux risques de fontes des glaces, et l’instrumentalisation par trois stations sismologiques de Mayotte en lien avec le CNRS.

Pour faire face à ces risques, François de Rugy annonce plusieurs mesures visant à renforcer les politiques de prévention des risques et l’accompagnement des démarches des collectivités en la matière: la réalisation des Programmes d’actions pour la prévention des inondations (PAPI), portés par les collectivités pour réduire la vulnérabilité de leur territoire, sera simplifiée et accélérée, la réalisation des plans de prévention des risques d’inondations, qui permettent un aménagement durable en tenant compte du risque, sera facilitée grâce à la sortie prochaine d’un décret qui clarifie les règles applicables à ces plans.
François de Rugy a également souligné des mesures déjà engagées comme aux Antilles, le soutien au renforcement face aux risques sismiques et cycloniques des établissements d’enseignement scolaire et des bâtiments publics utiles à la gestion de crise, a été accru.

Diffuser la culture du risque

Le préfet de Guadeloupe Philippe Gustin a insisté sur la nécessaire diffusion de la culture du risque. « Entre deux cyclones graves, une ou deux générations passent et la mémoire s’efface. Ainsi les gens ne savent plus qu’ils doivent faire des provisions d’eau pour trois jours. Pour améliorer cette approche, j’organiserai les 3 et 4 juin prochains des « journées japonaises » en Guadeloupe : deux jours d’exercices pour tous avec tous les volets en place, et des échanges les plus larges possibles avec la population pour que chacun se sente responsable de sa sécurité et ne la reporte pas sur le maire, l’état ou l’assureur…Notre société se déresponsabilise ».

Philippe Gustin est aussi revenu sur le renforcement des règles du bâti. « Nous ne pouvons vivre dans des blockaus. Développer la résilience signifie de construire des bâtiments qui doivent servir en temps de crise et qu’il faut sécuriser en terme de risques sismiques (préfecture, CHU, casernes…) . Egalement, enfouir les réseaux afin de ne pas ajouter de la crise à la crise avec les jours qui suivent les cyclones où nous serions privés d’eau, d’électricité, de communications. Pour le reste continuons à vivre comme nous l’entendons ». Cela ne signifie pas n’importe comment.
Le préfet reste très attentif aux règles territoriales, aux lieux menacés, « car Irma nous a démontré que depuis 1980 plus aucune règle d’urbanisme n’était respectée ». Il a rappelé également « qu’un euro dépensé en termes de résilience, c’est 7euros économisés en terme de reconstruction » Et surtout ne plus s’appuyer sur la croyance « qu’un État paiera » ce n’est plus possible. Les assureurs l’ont également martelé.

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Entretenir la mémoire des accidents passés

Metéo France représentée par son président directeur général Jean Marc Lacave a mis à jour les faiblesses de ses systèmes à l’aune des grandes catastrophes de 2018. « Nous avons découvert que nous n’avions plus de mémoires des accidents passés. Or nous en avons besoin pour comprendre et modéliser…. Notre objectif est toujours de gagner les heures précieuses de la vigilance et de savoir la doser, ni trop, ni trop peu. » Disposer d’une mémoire collective, c’est donc être plus prédictif, mieux réagir.

Mais comment renforcer et quantifier la prévention ? La responsabilité a été redonnée par l’Etat aux collectivités. Elles n’ont pas toujours l’expérience de la gestion des fonds ou de l’attitude à adopter . Le maire de Noirmoutier, Noël Faucher également président du Cepri a rappelé « nous avons souvent une guerre de retard. Pendant la tempête Xynthia l’ordre était de rester confiné alors qu’il aurait fallu évacuer » Tout est un peu mouvant. Quand le trait de côte évolue, la communauté du risque n’est plus forcément celle du bassin, elle devient celle de la communauté qui doit construire sa propre culture du risque.

Travailler à une meilleure couverture en matière d’assurance

Pour Bertrand Labilloy, directeur général de la caisse de réassurance (CCR) les conséquences économiques du changement climatiques sont désormais observables. Les dommages annuels ne cessent d’augmenter : de 10 millions de dollars on est passé à 4 milliards en 1980, puis à 130 milliards en 2016. Certes, le monde devenant moins pauvre, il y a davantage d’assurés, mais cela n’explique pas ces hausses.
La multiplication des accidents doit être surveillée pour changer certaines notions de risques naturels : les fissures dans les constructions par exemple dues aux sécheresses répétées. « Nous devons être capables de prévoir dans la sérénité. Le travail est à mener dans les DOM-TOM »

Le représentant de la fédération des assureurs (FFA) Stéphane Penet rappelle que le régime d’assurance français est sans doute un des meilleurs d’Europe avec trois points faibles.
En Outre-mer alors que s’y cumulent les plus grands risques, la moitié des habitants ne sont pas assurés et les assureurs désertent. Le CEREMA en lien avec la fédération des assureurs essaie d’établir un bilan des constructions souvent auto construites et de voir quelles normes pourraient être un peu mieux adaptées.
Autre point faible : le monde agricole. Seulement 30% sont assurés, dont 5% seulement des arboriculteurs, et 1% des éleveurs. Ils ont peu de moyens, comment les aider à anticiper les sécheresses ? Enfin, concernant la culture du risque il n’existe pas de fonds de prévention .
A l’avenir, « le digital devrait servir. Grace à lui on devrait savoir à tout moment où l’on est, à quoi l’on est exposé… Il faudrait qu’un dimanche par an dans tout le territoire, toutes les communes simulent une alerte générale ».
Proposition retenue par la représentante du ministère de la Transition écologique et solidaires. « Nous avons une journée onusienne du risque le 23 octobre dont nous ne savons pas trop quoi faire, pourquoi pas ? »

Dominique Martin-Ferrari, Métamorphoses Outremer

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