Agriculture : Delphine Batho fustige la politique de l’État sur les pesticides en Outre-mer

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Dans un communiqué, Génération Écologie, mouvement politique présidée par l’ancienne ministre Delphine Batho, exprime son « indignation quant à la politique de l’État vis à vis de l’utilisation des pesticides Outre-Mer ». Selon une étude de Santé Publique France, 88% des travailleurs de la canne à La Réunion étaient exposé à un pesticide cancérigène. 

Le mouvement se base notamment d’une récente étude de Santé Publique France, selon laquelle « l’utilisation des pesticides par les planteurs de canne à sucre réunionnais témoigne d’une situation d’urgence sanitaire sur l’Île de la Réunion, avec des résultats « inédits et préoccupants » selon l’agence ». En effet, « les preuves sont apportées d’une exposition chronique à des produits très toxiques pour la santé humaine », plus précisément les pesticides classés CMR, pouvant « provoquer cancer, infertilité et perturbation du système endocrinien ».

« Ils peuvent aussi avoir des effets sur la santé des enfants à naître alors que 25% des travailleurs exposés sont des femmes » souligne encore le mouvement. Selon l’étude de Santé Publique France, l’exposition à ces substances chimiques à La Réunion a augmenté au cours des dernières années. Ainsi en 2010, « 88% des travailleurs de la canne à sucre étaient exposés à au moins un pesticide cancérogène, mutagène, reprotoxique ou perturbateur endocrinien (…), contre 44% en 1981 ». Quant au glyphosate, son utilisation « n’a pas cessé d’augmenter sur l’île, dans des proportions sidérantes ».

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L’ancienne ministre de l’Écologie et président de Génération Écologie, Delphine Batho ©Lionel Bonaventure / AFP

« Le chlordécone utilisé massivement dans les bananeraies aux Antilles a bénéficié de multiples dérogations délivrées par l’État, alors que les risques étaient notoirement connus. Les sols et les eaux sont pollués pour plus de 700 ans et la population est malade, atteinte massivement de cancers de la prostate notamment », rappelle le mouvement de l’ancienne ministre de l’Écologie. « Concernant La Réunion, un rapport de l’association Générations Futures, basé sur les données officielles, démontrait déjà en 2018 que les fruits produits sur l’île contenaient davantage de résidus de pesticides », poursuit-on, en fustigeant « la politique de l’État vis à vis de l’utilisation des pesticides Outre-Mer, abandonnés aux pires pratiques de l’agro-chimie, au mépris de la santé des travailleurs, des habitants et de la préservation d’une biodiversité exceptionnelle ».

A la suite du rapport de Santé Publique France, Génération Écologie exige du gouvernement : « L’interdiction immédiate de l’usage à La Réunion de toute substance d’ores et déjà interdite en métropole ; Une transparence complète sur les autorisations et éventuelles dérogations délivrées au cours des dernières années ; Le déclenchement d’une enquête exhaustive sur l’état de santé des travailleurs agricoles, la mesure de directe de leur exposition par relevés biologiques, et la prise immédiate de toute mesure destinée à protéger leur santé ; Un plan de sortie des pesticides pour faire de la Réunion un territoire zéro-phyto à la pointe de l’agro-écologie, comme le propose le projet Oasis que nous soutenons ».

Interdit en Europe, le Round Up est encore utilisé à La Réunion ©Benoît Tessier / Reuters

Interdit en Europe, le Round Up est encore utilisé à La Réunion ©Benoît Tessier / Reuters

Dans une tribune publiée ce vendredi 8 mars sur le site Reporterre, Fabrice Nicolino, président de l’association Nous voulons des coquelicots, sonne l’alerte sur « des poisons qui endommagent pour des dizaines ou des centaines d’années les sols, et la santé des habitants, qu’ils soient hommes, bêtes ou plantes » à La Réunion. « Certains pesticides interdits dans l’Union européenne sont épandus chez vous, comme l’attestent des déclarations officielles. Et que dire de la canne à sucre — près de 60 % de la surface agricole utile de l’île —, constamment aspergée par au moins une quinzaine de produits différents ? », parmi lesquels le Round Up, l’asulox et le dicamba, « objet de milliers de plaintes de paysans aux États-Unis ». Fabrice Nicolino soutient également le projet Oasis Réunion.

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