Océan Indien : Avec Terres d’Afrique, Stéphane Helary créé des cosmétiques « écoresponsables »

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©Phytotrade

En créant Terres d’Afrique en 2011, Stéphane Helary n’a pas uniquement conçu une marque de cosmétiques de luxe produits essentiellement à partir d’ingrédients naturels. Véritable citoyen du Monde, Stéphane Helary se fournit au plus près des femmes agricultrices pour développer leur autonomie et offrir aux clients des plus beaux hôtels de la région Afrique de l’Est – Océan Indien, des produits écoresponsables et uniques.

Né à Madagascar, Stéphane Helary quitte la Grande île à 12 ans pour l’île de La Réunion. « J’y ai vécu 6 ans, jusqu’à l’âge de 18 ans et je suis parti faire mes études de vétérinaires en Belgique », confie-t-il à Outremers360. Féru d’études, Stéphane Helary fait également un Master en Environnement et Gestion de la faune, toujours en Belgique, avant de faire son service militaire au sein du Ministère des Affaires étrangères en Namibie. « J’ai toujours travaillé dans la conservation et j’ai rencontré des gens qui travaillaient avec les rhinocéros, pour le Ministère de l’Environnement et de la conservation en Namibie. C’est ce qui m’a amené à travailler dans une réserve dans le sud de la Namibie, pendant 8 mois, pour essayer d’identifier s’il y avait suffisamment de végétation pour les rhinocéros », raconte-t-il.

De l’alimentation des rhinocéros au potentiel commercial des plantes

« J’ai passé 8 mois à collecter et identifier des plantes sur cette réserve privée ». Un travail qui le pousse à faire un Doctorat sur l’écologie nutritionnelle des rhinocéros noirs, en Afrique du Sud. « Le but de ma recherche était de comprendre, d’un point de vu nutritionnel, pourquoi certaines populations se reproduisaient beaucoup mieux que d’autres : même si dans certaines région la végétation est plus dense, le taux de reproduction était plus faible », explique Stéphane Helary. « Pendant que je rédigeais ma thèse, j’avais déjà réfléchi à ce que je ferais après », poursuit-il, « en Namibie, j’ai eu la chance de travailler pour une petite ONG dont l’approche était de trouver des plantes utilisées traditionnellement, pour l’alimentation ou la cosmétique, et voir s’il y avait un potentiel commercial pour ces plantes ».

Le marula, fruit duquel on collecte l'huile de marula ©DR

Le marula, fruit duquel on collecte l’huile de marula ©DR

« Ils ont démarré avec des petits projets en rassemblant les femmes, en organisant des coopératives, en les aidant à collecter et à presser l’huile de marula et c’est de là que l’idée est venue pour moi de créer une marque de cosmétiques qui soit vraiment africaine et de haut de gamme, et qui correspond aux demandes des consommateurs d’aujourd’hui : naturelle, bio, commerce équitable, développement durable… ».

L’autonomisation des femmes africaines

C’est ainsi que Stéphane Helary créé en 2011 la marque Terres d’Afrique, qui travaille de près avec des groupements de fermiers et de récoltants, à travers l’association Phytotrade. « Le but était de créer une marque pour travailler sur le terrain et faire en sorte à contribuer à l’ « empowerment » (autonomisation) des femmes. En Afrique, se sont souvent les femmes qui font vivre la famille, et dans la plupart de ces régions, l’agriculture n’est pas toujours facile et rentable. La récolte de plantes sauvages qu’elles vont ensuite vendre, comme le baobab ou le marula, leur apporte une source de revenu assez importante qui leur permet de subvenir à leurs besoins mais aussi d’envoyer leurs enfants à l’école ».

C'est directement auprès des femmes Himbas que Stéphane Helary se fournit, grâce à l'association Phytotrade ©DR

C’est directement auprès des femmes Himbas que Stéphane Helary se fournit, grâce à l’association Phytotrade ©DR

Les produits de Terres d’Afrique sont à 99,5% naturels : « On utilise essentiellement des ingrédients naturels et on a dû faire un compromis pour la stabilité du produit. On est certifié Bio par écocert en France donc il y a 0,5% de conservateur dérivé d’alcool de canne à sucre dont l’utilisation est autorisée », explique Stéphane Helary. « Dans nos produits pour les chambres, on a fait en sorte à utiliser les mêmes parfums que ceux utilisés dans nos produits spas, comme l’omumbiri, une résine utilisée traditionnellement par les tribus Himbas du Nord-ouest de Namibie. On souhaitait qu’il y ait aussi pour la gamme des produits réservés aux chambres une dimension « responsabilité sociale », qui bénéficie aux communautés de femmes en Afrique ».

« Il y a une ONG en Namibie qui récolte et paye les Himbas pour la résine achetée et l’augmentation de nos volumes va permettre d’acheter davantage d’omumbiri et ça bénéficie encore plus à ces communautés », ajoute-t-il.

Vers le Consulting…

Stéphane Helary fournit essentiellement les spas et hôtels de luxe de la région : Afrique de l’Est, Dubaï, île Maurice, Seychelles ou encore, Saint-Denis. Sa marque, Terres d’Afrique, orne les luxueuses chambres et spas de grands noms de l’hôtellerie tel que Four Seasons, Six Senses, Hilton, Pullman ou encore, Singita Lodges. « On a des projets à Kaba en Jordanie avec un des Hôtels du groupe Starwood, probablement avec Kempinksi au Ghana ». Pour le marché français, Stéphane Helary travaille actuellement sur la vente en ligne.

Stéphane Helary dans son showroom, en Afrique du Sud ©DR

Stéphane Helary dans son showroom, en Afrique du Sud ©DR

En quelques années d’existence, Terres d’Afrique s’est très vite transformée. « On a démarré en créant des produits de haute qualité avec toutes les caractéristiques pour cibler un marché et au cours des 5 dernières années, le business a évolué en fournissant des produits mais aussi des services. On travaille en ce moment sur le concept d’un nouveau Spa pour Four Seasons aux Seychelles et donc on est devenu une marque expérientielle : on se dirige vers du Consulting, vers une marque qui couvre tous les aspects de l’expérience qu’une personne peut retrouver dans un hôtel », conclut Stéphane Helary.

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