Logement en Outre-mer : Les défis de l’habitat social ultramarin

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L’Union sociale habitat outre-mer (USHOM) a dressé les spécificités du logement outre-mer dans le cadre des rencontres de l’outre-mer autour du thème « Le logement social Outre-mer: une exception nécessaire pour atteindre l’égalité réelle en matière d’habitat ».

A l’heure des politiques de réduction de dettes publiques et d’ajustement structurels, les bailleurs sociaux en Outre-mer font face à des spécificités supplémentaires par rapports à leurs homologues hexagonaux.
Dans son introduction aux rencontres outre-mer, le président de l’USHOM, Fernand Lerychard a mis en évidence certaines des problématiques propres aux bailleurs de l’outre mer lors de la première table ronde. « C’est un métier difficile, l’environnement impacte l’outil de façon plus importante nos bailleurs ultramarins que les bailleurs sociaux de l’Hexagone. Quand un ascenseur a une durée de fonctionnement de 20 ans minimum dans l’Hexagone, un ascenseur aura une durée de 12 ans en Outre-mer » a déclaré Ferdinand Lerychard.

Des contraintes très lourdes et coûteuses

Les organismes pour l’habitat social outre-mer sont ainsi pris en étau entre besoins et contraintes. D’une part, elles doivent ainsi combler un sous-équipement en infrastructures, une prégnance de l’habitat dégradé, une forte demande de logement social et une forte dynamique démographique, d’un vieillissement de la population. D’autre part, les bailleurs ultramarins sont soumis à des contraintes physiques (un foncier aménageable rare, des configurations topographiques difficiles, des aléas naturel), des contraintes financières     (collectivités territoriales aux finances fragiles, réduction de la ligne budgétaire unique).

A cela, s’ajoute une architecture actuelle des normes applicables au BTP qui pénalise à la fois les entreprises et les maîtres d’ouvrage ultramarins. A titre d’exemple, les prix des matériaux de construction sont 39% plus chers à La Réunion et 35% plus élevés à Mayotte que dans l’Hexagone. Une situation qui influe in fine sur le prix des loyers. « Les solutions à nos problématiques ne sont pas seulement financières. Il arrive souvent qu’une modification de la réglementation, une amélioration de façon de fonctionnement puisse déterminer une amélioration de notre financement et donc de notre capacité d’investissement de nos outils » souligne Fernand Lerychard.

Des « responsabilités » plus grandes

Toutefois, l’ensemble de spécificités du logement social Outre-mer n’empêche pas les bailleurs sociaux ultramarins de faire preuve d’inventivité pour baisser les coûts. C’est le cas de certains bailleurs en Martinique. « Etant un bailleur de proximité, notre objectif au quotidien est d’essayer d’avoir pour les familles d’avoir les loyers les plus possibles. Nous travaillons beaucoup à réduire nos coûts de construction en s’appuyant notamment sur la maîtrise d’ouvrage direct, ce qui permet de passer des marchés en lots séparés à des entreprises locales et à des prix réduits » a indiqué Jean-Marc Henry, Directeur général de la Société Martiniquaise d’Hlm.

Les organismes sociaux voient également leurs champs d’actions s’élargir au delà de leurs missions premières.  » Le fait d’être bailleur social implique que nous ayons des responsabilités beaucoup plus grande en dehors de l’occupation de logements sociaux. Tout ce qui concerne les désordres qui peuvent intervenir au sein des résidences sociales, tout ce qui concerne l’augmentation des maladies mentales et autres actions particulières au sein des résidences font que notre métier change progressivement de nature ».

Un avis que partage André Yche, Président de directoire de CDC Habitat. « Nous devons intégrer et considérer désormais que la problématique du logement comme une logique économique intégrée, notre réflexion doit porter sur comment, avec les ressources dont nous disposons à optimiser cette chaîne de production dans l’intérêt des populations et en faveur de l’emploi qu’engendre le logement social en Outre-mer ».

L’ensemble des acteurs ont également reconnu lors de ces rencontres outre-mer de l’utilité de travailler sur une meilleure qualification de la demande de logements afin de mieux adapter la production de logements sociaux aux besoins des populations concernées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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