Tourisme en Martinique: Le nautisme et la plaisance, des filières économiques à enjeux pour les Antilles françaises, l’exemple de la Martinique

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Le bassin caribéen est actuellement un des premiers bassins de navigation et de pratique nautique au monde, même le premier pendant l’hiver de l’hémisphère nord. L’industrie nautique française étant leader mondial sur plusieurs segments d’activité du marché du nautisme, notamment la construction de voiliers.

Les Antilles représentent un marché stratégique, véritable vitrine des marques et savoirs faire français, grâce au grand nombre de voiliers naviguant dans la zone (voiliers de propriétaire ou de location). Les Antilles françaises sont particulièrement bien positionnées en matière de nautisme, grâce à une offre large reposant sur quatre destinations aux positionnements différenciés et complémentaires :
• Saint-Barthélémy : la grande plaisance,
• la Guadeloupe : l’archipel nautique,
• la Martinique : le kite-surf, la location et l’entretien de navires de plaisance,
• Saint-Martin, avant Irma : le stockage, l’entretien de navires et l’achat de pièces en hors-taxes). La reconstruction de Saint-Martin doit d’ailleurs intégrer fortement les enjeux de la filière et affirmer un positionnement nautique clair.

Les Antilles françaises sont donc prisées par les acteurs économiques du secteur, et plus particulièrement la Martinique qui est devenue en un peu plus d’une décennie une place incontournable de la filière nautique antillaise, notamment pour la location, l’entretien et la réparation de navires de plaisance. Ce segment d’activité représente environ 260 entreprises pour environ 1000 emplois. Ce développement a été possible grâce à :
• un contexte fiscal favorable (défiscalisation, TVA Non perçue récupérable -NPR- notamment),
• des infrastructures de qualité (port de plaisance du Marin, première marina des Antilles, aire de carénage permettant de sortir des navires jusqu’à 440 tonnes)
• compétences et aux savoirs-faire des techniciens issus de la filière nautique française.
Mais au-delà de la plaisance, la Martinique possède de nombreux atouts nautiques qui ont permis le développement d’un très grand nombre de pratiques (ex : 50 000 entrées de navires de plaisance sur le territoire, 100 000 plongées/an, 5000 kite-surfeurs/an) ainsi que le développement de nouvelles clientèles, comme la Grande Plaisance, qui reste malgré tout un secteur à conquérir.

Des atouts à conforter et à valoriser

Malgré son poids économique, une croissance régulière au cours de la dernière décennie et de réels atouts, la filière nautique en Martinique et aux Antilles françaises doit faire face à plusieurs défis afin de réellement devenir une activité structurante pour les territoires français :
– La structuration de la filière et l’affirmation d’une réelle destination nautique « Antilles françaises » : dans un contexte post-Irma les équilibres se redessinent dans la Caraïbe, les Antilles françaises doivent se structurer et affirmer leur positionnement stratégique afin de conserver et conquérir de nouveaux marchés.
– Réaliser la nécessaire transition écologique du nautisme, en développant des capacités d’accueil respectueuses de l’environnement, en organisant les pratiques nautiques tout en garantissant l’accès à la mer à ces activités, ainsi qu’en procédant à l’enlèvement des navires de plaisance hors d’usage. (A noter que la Marina du Marin a obtenu le
plus haut niveau du label qualité de gestion environnementale portuaire de la Fédération Française des Ports de plaisance).
– Augmenter la disponibilité et la qualité de l’offre, en lien avec les collectivités fin de conquérir de nouvelles clientèles (notamment, les touristes de séjour, la clientèle locale, la grande plaisance, croisiéristes) tout en restant compétitif
– Développer la formation et la pratique nautique pour le plus grand nombre (et dès le plus jeune âge) : tourner les îliens ultra-marins vers la mer en favorisant l’accès aux pratiques nautiques via le secteur éducatif, sportif, associatif et dans le cadre d’événementiels (sportifs ou culturels). De réelles synergies sont à développer entre la voile traditionnelle (yoles et gommiers) et les autres activités nautiques afin que l’ensemble des activités se développe et s’ouvre au plus grand nombre, notamment en tant que support de l’insertion sociale et professionnelle
– Maintenir nos atouts compétitifs en confortant les compétences techniques des entreprises du nautisme. La filière  rencontre actuellement des difficultés de recrutement de techniciens spécialisés dans l’entretien des navires. Le défi consistant à former des jeunes martiniquais.

Lors de sa venue en Martinique en septembre 2018, le Président de la République a d’ailleurs souligné l’importance et le potentiel de développement de la filière nautique dans l’économie martiniquaise.

Par Guillaume Nardin (chef du pôle plaisance, nautisme et croisière, direction de la mer de la Martinique) et Michel Peltier (Directeur de la Mer)

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