Santé : Suppression de postes, manque de matériels, déficit, les CHU d’Outre-mer en souffrance

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Alors qu’un compromis semble être trouvé dans le conflit du CHU à la Réunion,   le personnel du CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe vient d’entamer une grève pour dénoncer les conditions de travail. Une situation qui traduit la difficulté d’exercice dans ces établissements de santé. 

 Ce mardi 14 mars, la Ministre de la Santé Marisol Touraine a rencontré l’intersyndicale du CHU de la Réunion et la direction du centre hospitalier pour trouver une sortie de crise à une grève débutée le 28 février dernier. En présence des trois députés de la Réunion, Huguette Bello, Jean-Jacques Vlody et Philippe Naillet, Marisol Touraine s’est engagée à geler «  toute suppression de postes le temps de mener une mission d’évaluation sur les spécificités avérées de la Réunion ». mais aussi s’est dit prête à « soutenir l’opération d’investissement du CHU de la Réunion, indépendamment de toute évolution de trajectoire budgétaire future ». Une décision dont se réjouissent les députés Jean-Jacques Vlody et Phillipe Naillet, soulignant tout deux  une « avancée encourageante » et qu’ils ne manqueront pas de veiller attentivement aux suites données à ce dossier.  Du côté de l’intersyndicale, on salue aussi cette décision mais on fait preuve de prudence. « Nous attendons que la directrice des affaires des hôpitaux puisse formaliser ces engagements par écrit, et que l’on puisse les décliner au niveau local pour pouvoir le traduire  par un protocole de sortie de grève », souligne David Belda représentant FO du personnel hospitalier.

46 millions d’euros de dettes

A l’origine de ce conflit, un plan social mis en oeuvre par la direction du CHU pour redresser une gestion financière jugée calamiteuse par un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, l’IGAS rendu public le 17 février dernier. Sur les années 2015 et 2016,  le CHU de  la Reunion a ainsi cumulé un déficit de 46 millions d’euros.Dans ce document, les inspecteurs de l’IGAS mettent en exergue un manque de rigueur de la part de la direction couplée à un manque de vigilance de l’ARS de l’Océan indien.« La gouvernance n’a  pas développé des méthodes et des outils de gestion matures et rigoureux rendant ainsi le pilotage aléatoire. Mais aussi le CHU a aussi bénéficié d’un  niveau d’exigence insuffisante de la part de l’ARS de l’Océan Indien », précise le document.  Une situation financière qui impacte désormais les conditions de travail selon les syndicats. Au CHU de Saint-Pierre dans le sud de l’île, le personnel connaît régulièrement arrêts maladie, burn out et fatigue. A titre d’exemple, les effectifs prévus pour accueillir 90 personnes dans le service d’urgences, voient passer jusqu’à 165 patients par jour.  Le site de Saint-Pierre regroupe la plus forte population de l’île, et détient également le record d’interventions, aussi bien en nombre qu’en gravité.

Grève illimité en Guadeloupe

CHU-Guadeloupe

Mais la Réunion n’est pas le seul département à voir la situation de son centre hospitalier se dégrader.  Le CHU de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, est également dans la tourmente. Le déficit du CHU de Pointe-à-Pitre s’élevait à 87 millions d’euros en 2015. En manque de trésorie, le CHU est aujourd’hui dans l’incapacité de régler ses fournisseurs. «Les fournisseurs, dont la situation financière s’est dégradée au fil des années, ont relevé leur seuil de tolérance et bloquent systématiquement les approvisionnements ou la réalisation des prestations pour défaut de paiement quel que soit le montant de la dette (+ de 47 millions d’euros au 01 Janvier 2017) », relevait récemment le Directeur Général par intérim Alain Philibert.  Conséquence, certains médicaments connaissent une pénurie, des équipements médicaux tombent en panne.

Une mesure qui n’a pas convaincu le syndicat UTS-UGTG qui a appelé à la grève illimité dès ce 15 mars.  Comme revendications, il réclame « un retour à tous les équilibres (financiers, organisationnels, fonctionnels etc.), l’attribution constante de tous les moyens, que l’actuel CHU continue d’assurer ses missions et obligations avec des équipements et matériels aux normes, en quantité suffisante et l’élaboration concertée d’un projet médical, social, psychologique et d’établissement ».

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