« Pour opérer des vols avec des passagers, il faudra (…) que les conditions soient viables économiquement », Muriel Assouline, Directrice générale de French Bee

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Ce mardi 12 mai, la compagnie French Bee a opéré un vol cargo à destination de la Polynésie française qui doit atterrir à Tahiti-Faa’a ce mercredi à 16h (locale). Pour l’occasion, la rédaction d’Outremers360 a posé quelques questions à la Directrice générale de la compagnie du groupe Dubreuil, Muriel Assouline. Elle évoque l’arrêt « brutal » des vols, notamment vers la Polynésie ; la reprise des vols commerciaux soumise à de nombreuses conditions ou encore ; la situation financière des deux compagnies Air Caraïbes et French Bee. 

Outremers360 : Sur la problématique des Polynésiens bloqués en France hexagonale, certains le sont car ils ont pris un vol French Bee et n’ont pas pu rentrer en Polynésie. Par conséquent, on reproche à la compagnie de les avoir « abandonnés ». Que pouvez-vous leur dire aujourd’hui ? 

Muriel Assouline : Ça a été brutal et compliqué pour nous lorsque, le 12 mars, les États-Unis ont fermé leurs frontières aux Européens de l’espace Schengen, même de faire un transit. Nous avons été contraints d’annuler notre escale à San Francisco brutalement dès cette date, sans que l’on ait pu vraiment l’anticiper.

Pour pouvoir au maximum transporter, ramener les voyageurs polynésiens qui étaient en métropole, on a opéré un vol via Pointe-à-Pitre à la mi-mars. Mais ce vol n’a pas suffi pour que l’ensemble des clients, qui voyageaient notamment entre fin mars et début avril, puissent être contacter parce qu’en même temps, nous étions à un programme de vol de deux rotations par semaine pour un gros volume de passagers. On a pu contacter un certain nombre de client pour leur dire d’embarquer sur nos derniers vols au départ d’Orly pour Tahiti via Pointe-à-Pitre mais tous les clients n’ont pas pu être prévenus.

Nous en sommes extrêmement désolés d’avoir été contraints d’annuler. Nous n’avons pas eu le choix. Dans la foulée, toutes les frontières se sont fermées. Plus aucun vol n’a été opéré au départ de métropole et il a fallu attendre qu’Air Tahiti Nui réalise des vols sous délégation de service public pour passer un accord avec eux de façon à acheminer un maximum de passagers bloqués en métropole. Nous avons proposé nos services aux autorités françaises qui ont préféré choisir Air Tahiti Nui pour opérer ces vols tous les 10 jours, ce qui nous paraît normal. Nous avons été très déçus bien sûr mais il est normal que l’on choisisse la compagnie du Pays pour réaliser ces vols.

La reprise de votre activité est fortement soumise à la réouverture des frontières mais aussi d’Orly. Pour la Caraïbes et La Réunion, vous espérez une reprise fin juin. Mais qu’en sera-t-il pour la Polynésie ?

Déjà aujourd’hui, il y a une quarantaine à respecter pour tous les passagers qui arrivent sur le territoire via les vols de continuité territoriale tous les 10 jours. C’est un nombre extrêmement limité et il faut avoir des circonstances très spécifiques pour prendre les vols. Nous attendons une phase 2 du déconfinement début juin pour que les autorités, à la fois de Polynésie et de métropole, nous donnent les conditions dans lesquelles les passagers pourront voyager vers la Polynésie et la France, et bien sûr la réouverture des frontières fermées jusqu’à nouvel ordre.

De toutes évidences, dès que possible, nous redémarrerons un vol sur la Polynésie française. Il faut savoir aussi que quand on redémarre, il faut aussi relancer les informations aux passagers, il faut aussi que les gens aient envie de voyager. Comme vous le savez, French Bee est une entreprise privée, et à l’instar de ce mardi sur ce vol cargo, nous couvrons nos charges variables, pas l’ensemble des frais fixes de la compagnie, parce que c’est important pour nous d’être présent sur la Polynésie et maintenir ce lien. Mais pour opérer des vols avec des passagers, il faudra aussi que les conditions soient viables économiquement.

On évoque notamment des voyages avec des passagers masqués, ou des tests avant embarquement. Est-ce faisable selon vous ? 

Nous sommes en attente des conditions sanitaires pour relancer les vols sur les Outre-mer. Il y a un certain nombre de règles qui sont déjà fixées depuis le décret du 11 mai spécifique au transport aérien. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura des masques à bord pour l’ensemble des passagers. Les autres règles comme la prise de température ou les tests avant embarquement, à ce jour, ne sont pas fixées.

En mars, Marc Rochet évoquait à La Tribune une situation économique, pour les deux compagnies, assez solide pour tenir cette période. Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-ce toujours le cas ? 

Oui. Nous avons fait une très bonne année 2019, que ce soit pour French Bee ou Air Caraïbes. Nous avons la trésorerie pour faire face à cette crise. Nous avons beaucoup travaillé depuis l’arrêt de nos opérations commerciales fin mars pour réduire au maximum l’ensemble de nos coûts et préserver ainsi notre trésorerie. Ça va être difficile, la crise est extrêmement violente mais nous avons la trésorerie pour pouvoir assurer le redémarrage.

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Muriel Assouline, Directrice générale de French Bee ©Outremers360

L’État a aidé Air France à hauteur de 7 milliards d’euros. Les compagnies régionales et autonomes demandent également un soutien. Comment vous vous positionnez en tant que compagnie privée ? 

L’État joue son rôle pleinement. On a des moratoires des taxes qui nous permettent de préserver la trésorerie et payer ces taxes plus tard en 2020 ou 2021, nous avons le chômage partiel qui aide les entreprises. En ce qui nous concerne, cela fait six semaines que les PNC n’ont pas travaillé, ce qui fait énormément de nos salariés sans activités. Maintenant, toutes les compagnies, privée ou publiques, ont besoin de mettre en place des dispositifs financiers particuliers dont les prêts garantis par l’État.

Quid de New York ?

Pour rappel, la compagnie French Bee devait inaugurer son Paris-Orly – New York le 10 juin. Bien évidemment, la crise sanitaire liée au covid-19 l’a contrainte à reporter ce vol inaugural. Pour l’heure, la Direction de la compagnie reste prudente et ne souhaite pas s’avancer quant à une date exacte. Ce qui est sûr, c’est que la compagnie low-cost long courrier ne remet en aucun cas en question cette future ligne. Elle s’opèrera bien. Tout est prêt et French Bee attend le feu vers des autorités américaines mais aussi françaises pour fixer une date et se lancer sur ce Paris – New York.

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1 Commentaire

  1. Runykoz

    Bonjour
    Est que les vols de frenchbee pour Paris Reunion se feront de Orly ou Roissy????

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