Polynésie : L’État bientôt au capital d’Air Tahiti Nui ?

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Détenu à prêt de 90% par la Collectivité d’Outre-mer Polynésie française, l’État pourrait bientôt entrer au capital de la compagnie polynésienne Air Tahiti Nui. C’est en tout cas le souhait du président de cette Collectivité du Pacifique sud, Édouard Fritch. 

Dans un courrier adressé au Premier ministre Édouard Philippe le 22 mai, le président de la Polynésie française a évoqué « la situation difficile que traverse notre compagnie aérienne Air Tahiti Nui ». « Au regard des sommes colossales débloquées à Paris au chevet de la compagnie nationale et de certaines compagnies régionales outre-mer, j’ai proposé 3 mesures d’accompagnement qui pourraient être mises en œuvre par l’État », a-t-il poursuivi, devant les élus de l’Assemblée territoriale polynésienne.

La première mesure consiste à faire prendre en charge par l’État « une allocation de chômage partiel, au même titre que pour les compagnies aériennes nationales », la Collectivité ne disposant pas de dispositif de chômage. Durant la crise, l’entreprise a fait le choix d’une baisse de 30% des salaires sur une période de trois mois renouvelable. Pour la suite, elle envisagerai de faire appel à un « dispositif exceptionnel de sécurisation de l’emploi », « destiné à soutenir les entreprises qui auront réduit leurs activités par une aide financière du Pays permettant de compenser partiellement la perte de revenu des salariés impactés par la réduction du temps de travail », expliquait le gouvernement polynésien lors de son adoption.

L’autre proposition est « l’ouverture du capital de la compagnie à un organisme de financement public de l’État » et enfin, « l’émission d’obligations convertibles en actions ». Interrogé par la délégation sénatoriale le 21 mai dernier, le PDG de la compagnie Michel Monvoisin évoquait déjà une entrée de l’État au capital et surtout, son classement en « entreprise stratégique ». Pour rappel, le syndicat des compagnies régionales et autonomes, dont Air Tahiti Nui est une des compagnies membres, avait demandé au gouvernement français une aide similaire à celle qu’a obtenu Air France.

N’ayant pas eu de réponse à son courrier, le président polynésien Édouard Fritch a annoncé une mission à Paris courant juillet. Devant les élus de l’Assemblée de la Polynésie, il a regretté l’absence de soutien de l’État pendant la crise économique liée au coronavirus. « Serions-nous victimes de la bonne gestion de nos deniers publics conduisant ainsi certaines hautes administrations à minimiser nos besoins d’accompagnement ? Serions-nous aussi victimes d’un filtre lointain qui considère les collectivités du Pacifique comme similaires et indissociables alors que nos économies, notre exposition internationale et nos défis, tout comme nos aspirations, sont profondément différents ? », s’est-il interrogé.

Dans une interview accordée à Outremers360 ce jeudi, Édouard Fritch soulignait également que « la solidarité nationale dans ce statut d’autonomie et dans le cadre des relations que nous avons avec la métropole est un petit peu mis à mal » par la gestion du Covid-19.

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