Polynésie : Le Pays obtient un prêt de 28,6 milliards de francs de l’AFD et va continuer les réformes

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Édouard Fritch a signé ce mardi au Haussariat la convention de crédit au terme de laquelle l’Agence française de développement (AFD) va octroyer un prêt de 28,6 milliards de francs au Pays, avec la garantie de l’État. Des fonds qui devraient permettre à la Polynésie d’absorber le coût de la crise sanitaire, et d’éviter la cessation de paiement de la CPS. Si les contreparties n’ont pas été détaillées, le Pays s’est globalement engagé à poursuivre ses réformes et ses efforts d’économies. Par notre partenaire Radio1 Tahiti.

Le texte de la convention n’a pas, pour le moment, été publié. Mais les autorités, qui ont bien noté que les conditions du prêt signé par la Nouvelle-Calédonie voilà quelques semaines avaient engendré une certaine polémique, ont promis une « complète transparence » sur le sujet. Les grandes lignes de l’accord entre l’État, l’AFD et le Pays étaient quoiqu’il arrive discutées devant l’assemblée de la Polynésie Française : 28,6 milliards de prêt, amortissable sur 25 ans, avec un différé de remboursement de capital. Le Pays ne devrait donc payer que les intérêts de cet emprunt les deux premières années. Leur taux : « environ 1,37% » par an, le chiffre pouvant fluctuer en fonction de la date de versement des fonds. « Il ne s’agit pas pour nous de dégager des bénéfices, assure Céline Gilquin, la directrice de l’antenne locale de l’Agence française de développement. C’est à peu près le taux qui est pratiqué par l’AFD dans les outre-mer en temps normal ».

« On va faire mentir les scénarios catastrophes »

Comme toute convention de crédit, le document fixe un certain nombre de conditions au prêt de l’AFD et à la garantie de l’État. Il s’agirait « surtout d’objectifs généraux » – sur la maîtrise de la dépense publique ou sur la réforme de la protection sociale, par exemple – et de quelques « mesures précises », explique Dominique Sorain. Le Haut-commissaire assure que ces conditions n’ont pas été difficiles à négocier « parce qu’elles s’inscrivent dans la continuité de l’action et des réformes déjà entreprises par le Pays ».

Certaines de ces conditions ont d’ailleurs déjà été respectées, et notamment celle d’utiliser une partie des fonds pour rembourser par anticipation la dette du Pays à l’égard de la branche maladie du RGS (Fades). « 6,8 milliards de francs sont arrivés hier ou ce matin sur les comptes de la CPS », a pointé le vice-président Teva Rohfritsch. Pour Édouard Fritch, qui a remercié le président Emmanuel Macron pour avoir lancé, dès le mois d’avril, les discussions ayant abouti à cet emprunt, « la conditionnalité n’est de toute façon pas un problème ». « Nous avons toujours tenu nos engagements et nous continuerons à le faire », insiste le président. Pour passer la crise et rembourser la dette, l’administration du Pays, mais aussi ses établissements publics, vont « continuer à se serrer la ceinture ». Objectif : faire mentir les scénarios catastrophes, que ce soit en matière budgétaire, économique ou sociale.

Le président a en revanche exclu la possibilité de rechercher de nouvelles recettes pour rembourser ce prêt. Du moins cette année. « Pas de nouveaux impôts et taxes » dans le prochain budget, donc, si ce n’est des « taxes utiles » dans « des domaines très spécifiques ». Comme par exemple une taxe destinée à alimenter le fonds de continuité du transport interinsulaire » et financer la délégation de service public fraîchement lancée dans l’aérien.

Assez de fonds pour tenir jusqu’en mars 2021

La convention, bien sûr, fait aussi le point sur l’utilisation de ces fonds. « Ils sont avant tout destinés à financer la trésorerie, à s’assurer que le Pays puisse continuer à fonctionner et que la CPS puisse continuer à verser des pensions », explique le Haut-commissaire Dominique Sorain qui estime que l’argent débloqué devrait « permettre de tenir au moins jusqu’à la fin du 1er trimestre 2021″. Pertes de recettes pour le Pays, de cotisations pour la CPS, mesures d’urgences… Le prêt est en fait là pour aider la Polynésie à faire face aux conséquences financières directes de la crise sanitaire. « Sans ce prêt, nous ne pourrions pas assurer la continuation de l’action publique », confirme Teva Rohfritsch, qui salue un « long travail de préparation » avec l’AFD et l’État et « une vision commune des enjeux ».

Le crédit n’a en revanche pas vocation à financer les mesures de relance tant attendues par les entreprises polynésiennes. « Nous faisons face à l’urgence, mais maintenant il va falloir financer l’activité économique, et la commande publique va beaucoup jouer », note Dominique Sorain qui confirme que « l’effort de l’État pourrait se prolonger ». Par des instruments classiques – les contrats de projets et la convention santé-solidarité doivent être renégociés et peut-être intégrés dans un plus large « contrat de développement – ou par une autre action exceptionnelle. Le gouvernement central devrait annoncer, d’ici septembre, un plan de relance national « dans le quel la Polynésie peut avoir une place ». « Nous faisons d’ores et déjà le nécessaire pour négocier la seconde partie de cet emprunt », confirme Édouard Fritch. Le président doit justement s’envoler pour Paris d’ici le début du mois de septembre. Avec de nombreuses commandes dans ses bagages.

Avec Radio 1 Tahiti

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