Pêche illégale de thon: Le Pacifique et l’Océan Indien face à la pénurie de thons, recherchent des solutions

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Le thon rouge du Pacifique et l’albacore de l’Océan Indien sont victimes de surpêche. Face aux manques à gagner de cette industrie, les commissions régionales  chargées de la pêche réfléchissent à de nouvelles solutions pour sauver la ressource.

Le thon serait-il une espèce en voie d’extinction ? À quelques semaines d’intervalle, la commission de Thon de l’Océan Indien (CTOI) et l’Agence du forum des pêches (FFA) dans l’Océan Pacifique et ont toutes les deux tiré la sonnette d’alarme sur leurs stocks respectifs de ressources halieutiques. Ensemble, c’est 80% du stock mondial ( 60% dans l’Océan Pacifique et 20% dans l’Océan Indien) qui sont aujourd’hui  L’extinction de l’espèce aurait de lourdes conséquences dans l’économie des pays exploitant la pêche du thon. Dans les îles du  Pacifique, l’industrie du thon génère 4300 milliards de francs pacifiques par an, soit près de 36 millions d’euros par an. Aux Seychelles qui possèdent la plus grande conserverie mondiale, l’économie thonière se place au second rang du PIB et sert à financer les grands projets touristiques de l’île. Selon l’Autorité de pêche des Seychelles, cette activité représente un revenu de 370 millions de dollars  annuel (320 millions d’euros) dans l’économie locale.

La pêche illégale dans l’Océan Indien, combat des ONG 

Outre ce constat économique, les pratiques illégales de pêche, très rentables, mettent définitivement en péril les mesures de gestion et de conservation en place. Une rentabilité qui s’explique par plusieurs facteurs :  l’absence de règlementation sur certaines zones maritimes, peu de surveillance, des sanctions limitées. Sensibilisées sur ces questions, les ONG comme SeaShepard ou Greenpeace mènent depuis de nombreuses années des opérations en haute-mer. Le 15 avril dernier, l’Esperanzaun bateau de Greenpeace, effectue une « expédition Thon 2016 » dans l’Océan Indien. Un voyage de six semaines pendant lequel l’ONG va enquêter et s’opposer aux techniques de pêche les plus destructrices de la deuxième zone de pêche au thon du monde. « La pêche intensive aux thons tropicaux est aujourd’hui clairement hors contrôle », explique Greenpeace. Dans cette même zone maritime, Sea Shepherd a annoncé  le 20 avril  le lancement de l’opération Albacore, du nom d’une espèce de thon menacée. Les défenseurs de la nature mettent en cause les DCP (Dispositif de concentration de poissons) des thoniers senneurs.

Comment garantir le maintien des espèces et par extension, l’activité économique qui en découle ? Quelles solutions contre la pêche illégale ? Autant de questions que se posent l’Agence du Forum des Pêches et la CTOI. Pour la première, la réponse pourrait venir avec la mise place d’un consortium. Quant à la seconde, les Seychelles vont proposer à la commission de Thon de L’Océan Indien de réduire de 20 % la pêche de ce poisson dans l’Océan Indien, pour éviter que les stocks ne s’épuisent. Une réunion sur l’avenir de la filière doit se tenir à la fin du mois à la Réunion.  Une trentaine d’acteurs du secteur viennent de prendre des engagements pour sauver l’albacore. C’est le cas de la marque Petit Navire qui s’engage à réduire sa production de boîte de thons issus de la zone océan Indien de 20% dans les trois ans,  soit 15 millions de boîtes de moins.

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