Mayotte: La production locale contre la crise ?

No Comment

Dans sa Lettre d’information hebdomadaire du 20 juin, la Fédération des entreprises d’Outre-mer (FEDOM) met en lumière un constat accablant sur les importations de volailles à Mayotte. Selon la fédération, la mise en place d’une production locale pour éviter les importations pourrait bien être salvateur pour le département.

« Sinistrée« , « en grande difficulté« , « au bord de l’implosion« , les tournures pessimistes ne manquent pas pour décrire l’actuelle situation économique du 101ème département français. Mayotte fait en plus face à une insécurité extrême, une immigration massive en provenance de ses voisins les Comores et le taux de chômage avoisine les 40%, toutes classes d’âge confondues. Pourtant, le département de Mayotte continue à importer, comme toutes les autres Collectivités d’Outre-mer et la consommation de volailles, par exemple, est toujours au beau fixe. En majorité musulmane, il s’agit là d’une denrées particulièrement appréciée. « Mayotte, grande consommatrice de volaille, produit 100 tonnes de viande de poulet par an et en importe 12.000, dont 80% en provenance du Brésil. En un mot, l’île produit uniquement 1 % de ce qu’elle consomme« , constate la FEDOM. Elle poursuit, « si ce poulet était produit localement, il ne coûterait peut-être pas moins cher que celui du Brésil, mais cette production locale profiterait aux habitants de Mayotte« . Naturellement, qui dit production locale dit emploi et valorisation du savoir-faire local. 

©Raul Perez

©Raul Perez

Pour étayer son analyse économique, la FEDOM renvoie ce constat aux autres Départements et Régions d’Outre-mer, « le constat peut-être fait dans tous les autres territoires. A la Réunion la production locale a reculé de 3,3 en 2014 selon l’IEDOM alors que dans le même temps les importations ont progressé de 2,3%. En Martinique, le déficit du solde des échanges extérieurs, hors produits pétroliers augmente de 2,4% cette même année 2014« . En 2011, la Cour des Comptes dressait le même constat dans un rapport: « Face à une augmentation constante de la population (en particulier en Guyane et à la Réunion) et à une évolution des habitudes alimentaires, similaires à celles de la France métropolitaine, la faiblesse des productions locales et des unités de transformation pour y répondre rend nécessaires de très importantes importations de produits alimentaires de consommation courante. L’objectif d’amélioration de l’approvisionnement alimentaire par des produits locaux n’a pas été atteint, et cette situation pèse lourdement sur la balance commerciale ». 

IEDOM-T1-2014-la-balance-commerciale

La FEDOM souligne également l’outil « essentiel » pour aider la production locale : le dispositif d’Octroi de mer « qui permet de soutenir spécifiquement des secteurs exposés à la concurrence extérieure » grâce à un différentiel de taxation. Pour la FEDOM, la production locale est enfin un gage de qualité des produits: « le sens du mot « local » renvoie également à la notion de proximité et de circuit court qui renforcent les caractéristiques de qualité du produit : fraicheur, terroir, savoir faire authentique, etc. Sous cet angle, la production locale peut aussi être perçue comme l’ensemble des produits issus de modes de production sains ou répondant à des savoirs faire de la tradition, en opposition aux approches de production intensive dans les circuits longs« , explique-t-elle. La production locale semble donc pouvoir offrir de nombreux avantages aux territoires d’Outre-mer. En conclusion, la FEDOM félicite d’ailleurs les efforts consentis par La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie ou encore la Polynésie française, qui ont d’ores et déjà misé sur la production locale en mettent en place, notamment, des labels de certification.

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment