La Réunion : Un grand groupe du BTP (Groupe Apavou) et de l’immobilier en liquidation judiciaire

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©Ludovic Laï-Yu / JIR

La cour d’appel de Saint-Denis a prononcé mercredi la liquidation de dix des onze sociétés du Groupe Apavou, un géant local du BTP et de l’immobilier à La Réunion.

Armand Apavou, patron-fondateur du groupe éponyme et deuxième fortune de La Réunion, a annoncé un pourvoi en cassation. Depuis quelques années cette entité économique était en butte à de graves difficultés financières, son passif atteignant 160 millions d’euros. En mars, le tribunal de commerce de Saint-Denis avait déjà prononcé la liquidation judiciaire de ces entreprises. Armand Apavou avait fait appel. Mais alors que la juridiction d’appel délibérait sur le maintien ou non des activités, il s’était désisté de sa requête pour huit des dix sociétés, ce qui a entraîné de fait leur liquidation.

Armand Apavou espérait conserver les autres entreprises de son groupe, mais la cour d’appel a liquidé aussi ces sociétés. L’offre de la Caisse des dépôts et consignations Habitat (CDC Habitat) de reprendre pour 130 millions d’euros la totalité du parc immobilier du groupe réunionnais, soit 2 500 logements, n’a pas convaincu les magistrats. Cette offre avait fait grincer les dents des créanciers du Groupe Apavou, estimant que la CDC profitait de la mauvaise position de l’entité économique pour faire une offre anormalement basse. Dans un communiqué, Armand Apavou s’est déclaré mercredi « surpris et déçu de la décision de la cour d’appel », « compte tenu des actifs du Groupe qui s’élèvent àplus de 400 millions euros pour un passif de 160 millions euros ». L’homme d’affaires réunionnais dit aussi avoir « une pensée particulière » pour ses salariés, sans en préciser le nombre.

Au milieu des années 1990, le groupe alors au sommet de sa gloire comptait près d’un millier d’employés. Ce chiffre n’a cessé de diminuer depuis et la masse salariale est désormais évaluée à quelques centaines de personnes. Les avocats du groupe imputent sa mauvaise santé financière aux décisions prises entre 1983 et 1995 de construire 3 000 logements ILM (Immeuble à loyer modéré), »à la demande de l’État ». Armand Apavou aurait alors emprunté plus de 150 millions d’euros, via 41 prêts consentis par le Crédit Foncier de France. Toujours selon ses avocats, le taux d’intérêt de 6% de ces prêts aurait contribué à fragiliser les comptes et précipité les autres activités de l’entité dans une « crise financière profonde ».

Avec AFP.

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