Kérosène bas et low-cost: Les prix des billets d’avion s’effritent

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Les prix des billets d’avion au départ de la France (Hexagone) ont baissé de plus de 2% en 2016, et de 8% dans les DOM, poursuivant une érosion observée depuis quatre ans, accélérée par les prix d’un kérosène bas et la vivacité de la concurrence des compagnies low-cost.

Dans les mois à venir, le prix des billets « dépendra de l’évolution de celui du carburant et de l’intensification ou non de la concurrence des compagnies low-cost », a estimé Alain Battisti, le président de la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) qui représente plus de 95% des activités du secteur du transport aérien français. Le coût du kérosène représente entre 15 à 35% du prix de revient complet d’un vol selon le type d’avion et la distance parcourue. Ce coût a été divisé au moins par deux depuis l’amorce de la baisse des prix du pétrole mi-2014, avec un impact très variable selon les pays et les compagnies, les transporteurs européens étant également soumis à la variation des taux de change du pétrole acheté en dollars.

Dans le transport aérien, la répercussion de la baisse se fait avec un effet retard en raison notamment de la pratique -un peu en perte de vitesse- de l’achat par anticipation d’une partie du kérosène par un mécanisme de « taux de couvertures ». Elle devrait donc, selon les experts, être ressentie pour quelques mois encore, malgré des prix qui repartent à la hausse et avec en toile de fond la décision américaine de reprendre les forages de pétrole et du gaz de schiste.

Le boom des low-cost

En 2016, au départ de la France métropolitaine, le voyageur a payé son billet en moyenne 2,1% moins cher, toutes destinations confondues, après déjà trois années consécutives de baisse (-1% en 2013, -0,1% en 2014 et -0,8% en 2015). Sur les routes européennes – devenues ultra concurrentielles avec la montée en puissance des low-cost sur le moyen- courrier – la chute atteint même 7,3%. En 2016, 38% des 62 nouvelles lignes ouvertes à Orly et à Paris-Charles de Gaulle (contre 27 en 2015 et 26 en 2014) ont été lancées par les low-cost comme Transavia (groupe Air France-KLM), EasyJet ou Vueling. Et l’arrivée en fanfare de plusieurs low-cost au départ de Paris sur le segment long courrier, jusqu’ici chasse gardée des compagnies historiques, n’a fait qu’exacerber la concurrence et donc la baisse des prix.

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Quatre destinations long-courrier sont desservies en low-cost depuis 2016 par Norwegian – vers New York, Miami-Fort Lauderdale et Los Angeles – et la nouvelle compagnie française French Blue qui propose des vols, depuis septembre, vers la République dominicaine et lancera en juin une desserte de La Réunion. « L’année 2017 sera « challenging » (représentera un défi, ndlr) parce qu’on va avoir la mise en route effective de beaucoup de vols low-cost long-courriers sur ces nouvelles destinations » avec « une volonté des low-cost d’engager une guerre des prix », analyse Hugo Azerad, expert en transports aériens chez ATKearney. Et si en 2016, l’effet de l’arrivée de ces nouveaux acteurs du low-cost n’a pas encore fonctionné à plein, les compagnies historiques anticipent désormais la concurrence en ajustant leurs prix. Les chutes de prix les plus spectaculaires en 2016 ont été enregistrées au départ des DOM, avec notamment des baisses autour de 8% en provenance de Guadeloupe et de Martinique.

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Les acteurs historiques « essaient d’adapter au mieux leurs capacités pour limiter l’effet d’aubaine » face aux prix d’appel très bas des nouveaux arrivants, explique M. Azerad qui entrevoit également une réponse des compagnies traditionnelles avec une « guerre des services » et une volonté de différenciation. Quatre compagnies sont déjà positionnées au départ de Paris pour desservir les Antilles et l’éventualité de l’irruption en 2017 de Norwegian sur ce juteux marché pourrait encore accélérer la course au meilleur prix.

Avec AFP.

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