Innovation en Outre-mer: « Comparons », premier comparateur des prix en Polynésie

No Comment

©Tahiti-infos

Créée en février 2017, l’association TahitiSphère a lancé début mars le premier comparateur de prix, mobile et collaboratif, en Polynésie française. Elle ne compte pas s’arrêter là et prévoit de sortir très prochainement d’autres applications « qui visent exclusivement le bien commun »

La lutte contre la vie chère, une problématique bien ancrée dans le quotidien des Ultramarins. En Polynésie française, une association a pris les devants et lancé en mars le premier comparateur mobile du territoire: Comparons. Plus qu’un simple comparateur de prix, « cette application mobile à plusieurs options dont celles d’afficher les promotions, de lister les supermarchés avec contacts téléphoniques et leurs heures d’ouverture », nous explique Marilyn Liu, Présidente de l’association TahitiSphère. « Elle contient aussi l’annuaire de tous les magasins des galeries marchandes autour des grande surfaces. Des utilitaires de calcul au Kilogramme ou des pourcentages de remise sont aussi intégrés, afin d’aider les consommateurs ».

« Un comparateur collaboratif »

Informer étant une des devises de TahitiSphère, son application Comparons contient « un lexique des pictogrammes lié à la consommation pour parfaire l’éducation ». « La liste devrait s’allonger très rapidement suite à notre petite étude sur les labels », précise Marilyn Liu. « Cette application est un comparateur collaboratif, entendez que les consommateurs peuvent ajouter leurs produits ou modifier le prix des produits pour l’ensemble de la communauté », ajoute-t-elle. A l’écoute de ses utilisateurs, l’association a ouvert un espace suggestion dans le dernier menu de Comparons, avec ses coordonnées: « Une utilisatrice nous a d’ailleurs suggéré d’incorporer un moyen facile pour informer des promotions de dernière minute, ce que nous ajouterons dans la version 2, d’ici un mois ou deux ».

©Capture / Site Comparons

©Capture / Site Comparons

« L’application n’a qu’un mois d’existence et plus de 400 téléchargements », assure-t-elle. 2 000 produits et 25 supermarchés y sont référencés rapporte Tahiti-infos. « J’ai été interpellée par un utilisateur qui m’a confié l’avoir utilisé pour sa « bringue » pour l’achat de ses courses dans un magasin qu’il fréquentait que très rarement, ça montre son potentiel ». L’association se veut aussi rassurante envers la grande distribution: « les supermarchés pourront valoriser leurs produits en fin de DDM (Date de durabilité minimale) ou DLC (Date limite de consommation) par le biais des promotions, par le simple envoi d’un fichier Excel ».

TahitiSphère développe actuellement la version 2.0 de l’application Comparons, tout en finalisant une nouvelle. Début mai, elle compte lancer GTIP, acronyme de « Garde ton île propre ». Celle-ci « permettra aux usagers, selon 4 thématiques (encombrant, route et signalisation, dégâts des eaux, aléas divers), de prévenir les communes ou les infrastructures privées officiant sur le domaine public, des dysfonctionnements, avec l’usage de la géolocalisation », détaille Marilyn Liu. Pour les encombrants par exemple, la commune sera alertée par les usagers de la présence d’une épave de voiture ou d’un dépôt sauvage, et informera à son tour les services techniques. De même, « si une canalisation explose, la Polynésienne des eaux aura l’information avec une photo pour mesurer l’ampleur des dégâts ». « Toutes les alertes sont centralisées dans une application en deux clics, une note (facultative) et la prise d’une photo ».

Un annuaire santé et une application d’alerte pour les parents d’élèves

Une fois l’application GTIP achevée, TahitiSphère aura encore bien d’autres projets. « Nous avons proposé la réalisation d’une application d’alerte pour les écoles, afin de prévenir les parents lorsqu’un professeur ou un professeur des écoles est absent, de demander aux parents d’accompagner une sortie, ou les informer lors d’un éventuel tsunami », poursuit Marilyn Liu. « Un annuaire-santé est aussi à l’étude, avec la géolocalisation du 15 pour améliorer le temps d’intervention ». Pour le secteur touristique, TahitiSphère souhaite développer « un annuaire  mobile des roulottes, incorporant leur géolocalisation et leur menu dans toutes les langues avec possibilité de passer commande ». Marilyn Liu prévient toutefois, « dans un premier temps, nos applications sont développées sous Android, et dès quelles seront stabilisées et viables, nous passerons sous iOS (Apple) ». Cette version devrait être disponible en même temps que Comparons 2.0.

TahitiSphère, une association qui veut « améliorer l’environnement du bien commun »

Créée début février 2017, sous l’impulsion de Marilyn Liu, Cyril Légale et Jacques Baudhuin, TahitiSphère s’est donnée pour mission « l’amélioration de l’environnement du bien commun » par le biais du numérique, notamment avec la réalisation d’un moteur Web Polynésien (dont le lancement est prévu fin 2017) et d’applications mobiles gratuites et utiles en Polynésie. « Le bureau et les administrateurs proposent de concert des idées, en soulignant le bien fondé, l’aspect bienveillant… Ensuite intervient le chef de projet/développeur qui structure et qui soumet une ébauche de son fonctionnement, puis on passe au développement de l’application ».

Le développement d’une application étant avant-tout un investissement, TahitiSphère a choisi l’auto-financement. « Nous avons 3 types de financements. D’abord les ‘’bienfaiteurs’’, qui sont libres du montant de leurs dons. Ensuite, les ‘’Membres’’ qui interagissent sur le choix des développements futurs (ndlr : 10 000 Fcfp/an). Enfin, les ‘’Dev’’ qui se dédient au développement. Aujourd’hui, nous auto-finançons notre fonctionnement. Une application mobile à un coût moyen de 200 000 Fcfp selon le nombre de connexion en concomitance. Pour cette raison, nous n’excluons pas un partenariat ponctuel avec une structure commerciale pour développer nos supports numériques ».

Consciente que des problématiques comme la vie chère ou l’environnement sont partagées par tous les Outre-mer, TahitiSphère se dit prête à exporter son savoir-faire en dehors de la Polynésie française. « Nos applications peuvent être portées partout dans les Outre-mer », confirme Marilyn Liu. « Un intervenant de Nouvelle-Calédonie est déjà intéressé pour déployer « Comparons » sur le Caillou, et nous sommes heureux d’apporter notre contribution ».

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment