Hydrocarbures: Le député guyanais Gabriel Serville interpelle Nicolas Hulot et déplore un « esprit néocolonialiste »

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Le député de Guyane, Gabriel Serville (groupe communiste), a interpellé mercredi le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, sur son projet de loi sur la fin de la production d’hydrocarbures d’ici 2040, déplorant « l’esprit néocolonialiste qui survit chez quelques-uns de nos dirigeants ».

« Sous couvert de mettre en oeuvre des ambitions partagées en vue d’ériger la France en élève modèle de la transition énergétique, le gouvernement revient en catimini et sans aucune concertation sur des compétences décentralisées au bénéfice des collectivités d’outre-mer depuis la loi d’orientation de décembre 2000 », a souligné M. Serville, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée.

« Dix-sept ans plus tard et dans l’indifférence générale, les Guyanais se voient donc dépossédés de leur droit de décider par eux-mêmes et payent ainsi le prix de l’esprit néocolonialiste qui survit chez quelques-uns de nos dirigeants », a-t-il poursuivi. « Quelle collectivité de l’hexagone aurait supporté qu’on lui interdise d’exercer l’une de ses compétences, privant par là même son territoire d’un potentiel moteur de développement économique, sans même lui demander son avis? », a-t-il demandé, rappelant « qu’un Guyanais sur quatre n’a pas accès à l’électricité et qu’un Guyanais sur cinq n’a pas accès à l’eau potable ».

Nicolas Hulot, confronté à une passe d’armes similaire la veille lors de l’examen de son projet de loi à l’Assemblée, a rappelé avoir accordé, il y a quelques jours, « un droit de suite à la prolongation du permis d’exploration dit de « Guyane maritime » (détenu par Total, ndlr), qui relevait des droits acquis », dans le cadre du projet de loi hydrocarbures.

Un transfert de compétences « dévitalisé »

« Dans les prochaines semaines, a-t-il ajouté, nous allons transférer à la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) la compétence relative au titre minier en mer, conformément à des engagements pris de longue date et qui n’ont jusqu’à présent pas été mis en oeuvre », a ajouté le ministre. « Compétences que la CTG n’aura pas le droit d’exercer à cause de la loi Hydrocarbure. Le serpent qui se mord la queue », a répondu par tweet le député Serville.

Le président de la CTG, Rodolphe Alexandre, avait déjà souligné dans un communiqué le paradoxe entre un transfert de compétences enfin décidé mais « dévitalisé » par le projet de loi. Nicolas Hulot s’est engagé à mobiliser l’ensemble de ses services « pour apporter des réponses concrètes », notamment sur « la qualité de l’accès à l’énergie ».

Avec AFP

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