ÉCONOMIE. Fruits et légumes : En Polynésie, la filière locale progresse

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En Polynésie française, la filière couvre 59 % des besoins en fruits et 41 % des besoins en légumes. Si la production locale de fruits et légumes est en baisse constante depuis 1995, les besoins ne cessent d’augmenter, portés par la poussée démographique et l’évolution des comportements alimentaires. 

En effet, le goût des Polynésiens pour une nourriture plus saine, notamment pour le bio, commence à être perceptible à travers les chiffres de l’importation de fruits et légumes : ceux-ci sont passés de 38 milliards de Fcfp en 2010 à 45,1 milliards de Fcfp en 2016. Un dossier de Dominique Morvan pour le Dixit. 

« Entre les deux recensements agricoles réalisés en 1995 et 2012, l’activité agricole polynésienne s’est réduite de 28 % quant au nombre d’exploitations et de 45 % quant à la Surface Agricole Utile (SAU) ». Mais ce n’est pas parce qu’il y a moins d’exploitations qu’il y a moins de production, car les techniques d’exploitation ont évolué. La production locale de fruits et légumes est restée stable dans la mesure où elle continue de couvrir les besoins : « une étude très précise doit être réalisée, nous avons intégré un économiste qui va y travailler en met- tant à niveau la méthodologie » explique Philippe Couraud, directeur du service de l’Agriculture.

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L’agriculture locale est faiblement compétitive à cause du coût élevé des facteurs de production, c’est pourquoi elle fait l’objet d’une politique de soutien actif du Pays. Afin de booster la dynamique des producteurs, la politique agricole a consisté à mettre en place des dispositifs d’aides, à louer des lots agricoles sur le domaine public, mais également à protéger la production locale en réglementant l’importation de certains produits. Avec 5 200 exploitations agricoles, la production locale de fruits et légumes couvre un peu plus de 50 % de nos besoins, en offrant des débouchés pour les jeunes et en maintenant les populations dans les îles.

Pour les acteurs de la filière, les enjeux tournent autour de ces trois objectifs principaux : Assurer la production et la distribution des produits locaux ; Garantir un approvisionnement régulier en produits de qualité, à des prix supportables ; Répondre à l’attente des consommateurs qui veulent également bénéficier d’une diversité d’offre avec des produits importés.

Circuit de distribution de la production locale

La production locale commercialisée de fruits et légumes s’élève à 2,586 milliards de Fcfp en 2017, selon le rapport de l’IEOM. Les légumes, produits majoritairement aux Îles-du-Vent (Tahiti et Moorea), génèrent 1,25 milliard de Fcfp en 2017, soit 18 % de la production agricole totale commercialisée. Les principaux légumes produits sont la tomate (29 %), le concombre (14 %) et la salade (11 %). La production de fruits, 1,2 milliard de Fcfp, représente 17 % de la production agricole commercialisée en 2017. Elle est principalement composée d’ananas (39 %), de cocos secs (10 %), de pastèques (7 %) et de citrons (5 %). Quant aux produits vivriers, principalement taro, patate douce, banane, fe’i, ils ne totalisent que 0,14 milliard de Fcfp par an.

Une étude réalisée par le CIRAD et le Ministère de l’Agriculture en 2014, estimait que les deux tiers de la production agricole s’écoulaient dans ce circuit informel (autoconsommation, vente directe et bord de route). La situation n’a probablement pas beaucoup évolué depuis. Le rapport de la CTC mentionne « des évaluations de ces circuits informels (…) variant de 4 M de Fcfp à 8 M de Fcfp ».

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En 2019, les professionnels de l’agriculture estiment que la moitié de la production est commercialisée par les distributeurs classiques (marchés, magasins, grande distribution) et les grossistes. Les snacks, roulottes, restaurants, hôtels et collectivités s’approvisionnent indifféremment auprès des grossistes ou distributeurs. Les hôteliers bénéficient d’un droit d’importation sans quotas, c’est ainsi que les clients d’un restaurant d’hôtel pourront, par exemple, manger des frites de patates douces importées alors que l’importation de patate douce, même sous forme de frites est interdite.

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Protéger la production locale

La production agricole étant fluctuante, suivant les saisons et les intempéries, des quotas à l’importation sont définis pour chaque fruit et légume, chaque mois, au cours d’une conférence agricole qui réunit tous les acteurs de la filière. Cette conférence a été créée pour favoriser un meilleur placement des produits locaux. Si elle peut être critiquée dans sa finalité et son fonctionnement (voir plus bas), elle reste, pour les autorités, nécessaire à l’épanouissement du secteur agricole qui s’était atrophié pendant les trente années du Centre d’Expérimentation nucléaire du Pacifique.

Les importations de fruits et légumes sont donc contingentées : des quotas d’importation saisonniers sont définis afin de faire face à l’insuffisance de la production locale. Ils sont déterminés, produit par produit, lors de la conférence agricole. Chaque mois, cette conférence réunit, sous la direction des Affaires économiques (DGAE), les parties prenantes de la filière : les distributeurs, les distributeurs/importateurs et représentants des consommateurs, ainsi que les services et établissements administratifs qui sont concernés.

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Dans un premier temps les Affaires économiques présentent un relevé des prix qui permet d’observer de mois en mois l’évolution du panier moyen. Dans un second temps sont présentés les chiffres d’évaluation de la consommation et la production du mois à venir par fruits et légumes. Ces chiffres sont calculés par la Chambre d’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL), via les principaux producteurs de Tahiti et la collecte d’informations par trois agents du Service du Développement Rural (SDR) basés à Raiatea, Huahine et Tubai. Tous ces éléments vont permettre de fixer les quotas d’importation de fruits et légumes chaque mois, par consensus ou par un arbitrage de la DGAE.

Une conférence mensuelle critiquée

Les critiques portant sur le fonctionnement de cette conférence mensuelle font état d’un manque d’assiduité de certains représentants. Il s’avère également que les agriculteurs ont régulièrement tendance à surévaluer leur production pour être certains de la placer, risquant par là même des pénuries sur certains produits.
Les critiques portant sur la finalité de cette conférence sont principalement émises par la CTC, c’est « une forme de protectionnisme qui entrave le principe de concurrence ». Comme le souligne ce rapport, ce protectionnisme générerait « une inflation constante des prix, exclusivement supportée par les consommateurs » et « les prive d’un approvisionnement régulier en produits variés et de qualité ».

De son côté, Philippe Couraud rappelle qu’il est nécessaire de maintenir une agriculture locale à des niveaux de revenus décents, c’est le prix d’une autonomie alimentaire partielle. Il précise également que les prix des produits locaux s’alignent sur ceux des produits importés et non l’inverse. Toujours est-il qu’aucun des acteurs concernés ne souhaite la supprimer : « Tout le monde est content de se retrouver une fois par mois, c’est le seul moment où nous communiquons », confie un distributeur.

Libéralisation des marges sur les fruits et légumes

Par un arrêté de février 2019, le gouvernement a décidé de retirer de la liste des produits de première nécessité (PPN), les tomates, les concombres, les choux verts et blancs, le pota, les salades, les navets, les aubergines, le taro, les courgettes. Pour ces derniers, la marge réalisée par les commerçants était réglementée dans le cadre d’un régime d’exonération de TVA. Les autres fruits et légumes locaux étaient inclus dans la liste des Produits de grande consommation (PGC), avec une marge maximum de 35 % et une TVA au taux réduit de 5 %. Les distributeurs sont maintenant libres de fixer leurs marges sur ces produits.

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Selon Polynésie 1ère, cette décision serait à l’origine d’une flambée des prix en magasins enregistrée ces 6 derniers mois. Deux syndicats de producteurs de fruits et de légumes locaux ont demandé par une lettre ouverte au gouvernement de maintenir ces produits sous l’égide du régime général des prix et des marges, seul moyen selon eux de leur garantir un revenu correct face aux distributeurs. La Direction Générale des Affaires Économiques (DGAE) a confirmé par une comparaison des prix mensuels sur la période de mars à août entre les an- nées 2016/18 et 2018/19 cette forte augmentation. Le secteur de la distribution dans son ensemble a considéré que cette libéralisation décidée par le gouvernement était l’occasion d’augmenter ses marges moyennes dès les premiers mois d’entrée en vigueur de la réforme. Il y a fort à parier que le Pays fasse marche arrière sur cette libéralisation qui ne prend en compte ni les producteurs, ni les consommateurs.

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La production locale doit travailler sur ses prix et développer la concurrence

« Le marché polynésien est étroit et les problèmes logistiques pénalisent la collecte des produits des Australes et des Marquises, ainsi que le ravitaillement de toutes les îles en produits frais. Les marges de manœuvre à la baisse des prix sont limitées par le coût du travail et les fortes instabilités climatiques génératrices de pénuries périodiques ». L’amélioration de la qualité implique une logistique plus lourde : fret bateau ou avion, transport réfrigéré pour certains produits, contenants adaptés pour éviter l’écrasement des fruits et légumes, etc. Pour ce qui est de la concurrence, la donne commence à changer avec l’arrivée sur le marché de plusieurs producteurs, pour beaucoup en bio ou agriculture raisonnée. L’engouement des consommateurs pour des produits plus sains porte ces créations d’exploitations.

Des fruits et légumes locaux particulièrement sains

Si le rapport de la CTC soulignait « le manque de modernisation des pratiques culturales », force est de constater que sur l’utilisation de pesticides, les agriculteurs ont en majorité changé leur comportement. Depuis une dizaine d’années, la direction de l’Agriculture et le ministère de l’Économie verte réalisent des analyses sur les fruits et légumes locaux (sur la base du volontariat des agriculteurs) ou importés deux à trois fois par an, à la recherche de résidus de pesticides. À chaque fois, les produits locaux obtiennent de meilleurs résultats que leurs concurrents importés. Par ailleurs, un fort mouvement vers l’agriculture biolo- gique est engagé depuis une dizaine d’années.

Cette étude doit toutefois être pondérée par le fait que les fruits et légumes locaux analysés sont ceux présentés volontairement par les agriculteurs. « La prochaine campagne d’analyse se fera à l’aveugle, puisqu’on nous critique sur l’aspect du volontariat. Nous irons chercher des fruits et légume directement en magasins et nous nous approcherons des producteurs après analyses » nous révèle Philippe Couraud.

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Un importateur remarque : « aujourd’hui, le laboratoire Agropol ne fait pas de corrélation entre les pesticides importés et les résidus observés sur les produits locaux. Ensuite, certains produits interdits à Tahiti sont autorisés dans les autres pays et inversement, ces pays interdisent des pesticides qui sont en revanche utilisés en Polynésie. Difficile de pouvoir définir quel fruit/légume est « sain » pour le consommateur dans ces conditions. Toutefois, les résultats sur les produits locaux sont encourageants et sont un bon outil pédagogique pour accompagner les agriculteurs locaux dans une utilisation plus raisonnée des pesticides ».

Deux cents producteurs certifiés bio

Bien plus qu’une tendance, le développement de l’agriculture bio prouve une prise de conscience profonde. Il y a désormais 200 exploitations certifiées bio en Polynésie (dont une centaine de producteurs de taro de Rurutu et plusieurs cocoteraies). « Beaucoup plus de produits locaux pourraient déjà être labellisés bio, les uru, mangues, cocos et d’autres fruits du marché sont généralement cultivés sans aucun produit chimique » explique Philippe Couraud. Plusieurs jeunes agriculteurs lancent des exploitations bio et le ministère met en œuvre des moyens pour les accompagner.

Plus de coopératives pour garantir un approvisionnement régulier

Le volet commercialisation est souvent le point faible des agriculteurs. Ils s’appuient essentiellement sur les circuits de la grande distribution, complétés par la vente sur les marchés et le bord de route pour les plus petits. Actuellement, les deux plus gros producteurs de fruits et légumes, Agrifarm (groupe Chung Sao) et Verdeen (groupe Louis Wane), fournissent essentiellement les grandes surfaces. « Du coup, les producteurs de taille moyenne se tournent vers les moyennes surfaces et les petits producteurs vers la vente en bord de route » observe Philippe Couraud.

Les acheteurs de la grande distribution se disent pourtant preneurs de toute la production dans la mesure où celle- ci est regroupée, organisée et conforme aux normes d’hygiène. Leur « puissance de frappe » à travers le réseau des hypermarchés et supermarchés, leur permet de pratiquer des promotions dans les cas de surproduction à écouler rapidement.

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La problématique est encore plus importante pour les agriculteurs des îles éloignées. Plusieurs tentatives de coopératives destinées à mutualiser le transport et la vente de leurs produits ont échoué par le passé, mais une trentaine subsiste qui regroupe la production des archipels, essentiellement des pommes de terre et carottes. Aucune coopérative ne gère la production de pastèques ce qui pose un problème de logistique : non conditionnée, la production est transportée en vrac et une partie arrive abîmée et invendable. « Ce qui manque dans la filière ce sont des compétences en logistique pour acheminer les produits des archipels », se plaint un acheteur de la grande distribution : « Il y a souvent des soucis dans la chaîne du froid, nous sommes soumis à une réglementation précise en termes d’hygiène ».

Outre le problème de conditionnement qui serait une valeur ajoutée, la création de coopératives permettrait de massifier les flux selon un acheteur de la grande distribution : « Nous aurions un seul interlocuteur, une visibilité sur les volumes, les prix et les promotions à faire s’il y a urgence à écouler un produit, ce qui est le cas en ce moment de 60 tonnes de carottes qui n’ont pas été signalées lors de la conférence agricole mensuelle ». En résumé, les agriculteurs écouleraient mieux leurs produits, il y aurait moins de gaspillage ; les fruits et légumes seraient moins abîmés au cours du transport et les prix pourraient baisser si les volumes augmentent.

Transformation des produits locaux

Le plus gros industriel du secteur, les Jus de fruits de Moorea, a réussi depuis des années à sécuriser sa filière d’approvisionnement en ananas en réservant la majorité de la production de l’île. Des distilleries de rhum ont relancé la filière canne à sucre et plusieurs petites sociétés dédiées à la transformation de produits agricoles proposent des condiments (sauce, achards, chutney, etc.) qui trouvent leur public de gourmets. Les sociétés qui perdurent sont celles qui ont résolu le problème de l’approvisionnement. Basée à Raiatea, la Compagnie Agricole Polynésienne (CAP) qui a pour vocation de transformer les produits agricoles de l’île (fruits séchés, purée tarots, chips patates douces, etc.) peine à trouver son équilibre financier, alors qu’elle est un intermédiaire logique dans la chaîne agricole.

L’importation pour répondre à l’attente des consommateurs

Les importations globales de fruits et légumes représentent 45,1 milliards de Fcfp en 2016. Oignons, ail, riz, etc., certains produits basiques de l’alimentation ne poussent pas localement et sont logiquement importés, mais par ailleurs, les consommateurs ont développé un goût pour la cuisine et souhaitent bénéficier de diversité, voire de rareté dans l’offre de produits. Du côté des fruits importés, si les pommes, poires et raisins sont les plus vendus, en saison, les fraises, framboises et cerises rencontrent des acheteurs… Quel que soit leur prix. Le facteur qui permet de faire baisser le prix de vente est le volume importé.

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PRINCIPAUX PRODUITS HORTICOLES EN POLYNÉSIE

Les principales cultures maraîchères sont la pastèque, le melon, la tomate et la pomme de terre. Ces productions ont évolué de manière très contrastée entre les deux recensements avec une très forte progression de la SAU en melon, en canne à sucre et en poireau tandis que la SAU des autres produits s’est réduite. La culture fruitière regroupe 2 343 exploitations en 2012. Entre les 2 recensements, le nombre d’exploitants a baissé de 28 %, soit -1,9 % par an. La surface agricole plantée en fruitiers s’est contractée de la même manière (-28 % entre 1995 et 2012). Ainsi, la surface moyenne par exploitation est restée stable à 0,6 ha. En outre, les femmes dirigent 28 % de ces exploitations. Les principales cultures vivrières sont le taro (193 ha), le fei (146 ha) et le manioc (54 ha). La surface agricole s’est contrac- tée pour l’ensemble des produits vivriers par rapport à 1995.

 

DES CULTURES SPÉCIALISÉES SELON L’ARCHIPEL

Les principales cultures des Îles du Vent : ananas, citron vert, orange, pamplemousse, papaye, banane, mangue, avocat, tomate, concombre, canne à sucre, chou vert, salade, poireau, taro, fei, manioc, tarua, patate douce.

Les principales cultures des Îles Sous le Vent : pastèque, me- lon, taro, fei

Les principales cultures des Australes : litchi, taro, pomme de terre, carotte

Les principales cultures des Marquises : banane, citron vert, pamplemousse, mangue

Les principales cultures des Tuamotu : quasiment rien.

Sources : Recensement général de l’Agriculture 2012.

Si les Tuamotu ne produisent quasiment pas de fruits et légumes à la vente, il faut toutefois nuancer ce constat. L’archipel offre un fort potentiel, l’expérience du vignoble de Rangiroa (7 Ha) le prouve, mais également la ferme bio Le Jardin d’Éden de Tikehau.

 

Une féminisation de l’agriculture
Alors que les femmes ne représentaient que 18 % des chefs d’exploitation en 1995, leur part s’est fortement accrue pour atteindre 29 % en 2012. Cette féminisation est encore plus significative chez les chefs de moins de 40 ans (32 % de femmes) tandis que, chez les plus de 60 ans, cette part n’est que de 23 %.
Source : Recensement général de l’agriculture 2012

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LES BANANIERS POLYNÉSIENS PROTÉGÉS DU BUNCHY TOP

Le Banana Bunchy Top Virus est une maladie qui attaque certaines plantes tropicales notamment les bananiers. Détectée en Polynésie pour la première fois en décembre 2018 sur les ōpuhi, elle ne s’est pas propagée aux bananiers comme le craignait le département de la recherche agronomique au service du Développement rural. C’est une première mondiale qui suscite beaucoup de questionnement. Le Bunchy Top a décimé des plantations de bananiers à Hawaii, en Nouvelle-Calédonie, aux Fidji et dans certaines provinces d’Australie. Le virus est forcément arrivé par une plante introduite frauduleusement sur le territoire, ce qui rappelle à chacun sa responsabilité dans la préservation de nos espèces.

 

L’AQUAPONIE : QUAND LES POISSONS NOURRISSENT LES LÉGUMES

Verdeen (groupe Louis Wane) est implanté à Taravao depuis 2015. Ce producteur vient augmenter l’offre sur quelques produits (essentiellement les tomates et salades). Si le lancement de Verdeen a dans un premier temps, provoqué quelques craintes chez les maraîchers, il s’avère, après trois années de fonctionnement, que toute la production est absorbée par le marché et que le prix de la tomate a baissé de 10%. Verdeen expérimente une agriculture aquaponique mixte d’aquaculture et d’hydroponie. Les poissons sont dans des réservoirs et les plantes sont cultivées hors-sol. C’est-à-dire que chacun des deux est sorti de leur milieu naturel. Les racines des plantes pendent dans les bacs d’eau. Les déjections de poissons sont acheminées vers les récipients pour nourrir les plantes. En effet, les déjections de poissons sont riches en azote et autres nutriments et en font un engrais naturel par excellence. La production est classée « agriculture raisonnée ». L’utilisation des plantes comme répulsif naturel complète ces nouvelles procédures de fonctionnement. Ce type de culture permet également de réduire considérablement la consommation d’eau.

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HYDROPONIE : DES FRAISES DE TOAHOTU

60 tonnes de fraises sont importées chaque année, c’est sur ce constat qu’une société « d’agriculture technologique » dirigée par Paul Coulon a vu le jour à la Presqu’île. Les fraises sont cultivées dans des containers maritimes de 40 pieds rendus étanches et réfrigérés (le fraisier s’épanouit entre 18 et 22°C). Si elles sont cultivées sans pesticides, fongicides ou herbicides, ces fraises ne peuvent pas bénéficier ni de la certification « bio » car l’hydroponie n’est pas reconnue par les textes européens. Elles ne peuvent non plus êtrequalifiées d’« agriculture raisonnée » car elles mobilisent de forts besoins énergétiques. Paul Coulon envisage d’investir dans d’autres containers et de se diversifier en produits.

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KAI HOTU RAU, UNE COOPÉRATIVE RÉGULIÈREMENT RENFLOUÉE

La coopérative Kai Hotu Rau a été créée en 2010 sur la base d’un investissement public-privé, avec l’ambition de devenir un centre de collecte, de nettoyage, de triage de produits agri- coles, avec le projet de gérer au mieux leur offre afin de réguler l’écoulement de ces produits agricoles, notamment ceux en provenance des archipels, sur le marché polynésien.

Depuis l’origine, le Pays possède 49 % du capital de cette SA. Dans l’incapacité d’atteindre une rentabilité, l’entreprise avait été mise en sommeil en mai 2014 avant que le groupe Chung Sao (également propriétaire de Agrifarm) n’en devienne l’actionnaire majoritaire. La coopérative a été à nouveau renflouée à hauteur de 75 millions en novembre 2019 ; comme le rapporte le site Tahiti Infos, le gouvernement estime que pour l’instant « ce secteur manque de structuration et a besoin de soutien, jusque dans la commercialisation. Il aurait été de mauvaise gestion d’abandonner cet effort au moment où nous relançons la production ». L’argument ne convainc pas tous les acteurs du secteur.

Dossier de Dominique Morvan pour le Dixit Magazine

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