Desserte aérienne : Islands, première compagnie low-cost en Polynésie ?

No Comment

©Outremer Aviation

L’homme d’affaires du Pacifique, Bill Ravel, notamment patron de Pétrocéan, devrait déposer cette semaine une demande d’autorisation de licence pour la création d’une compagnie aérienne domestique, avec des stratégies commerciales « low-cost », en Polynésie française, a révélé Radio 1 Tahiti.

« Je dépose cette semaine une demande d’autorisation de licence d’exploitation auprès du Pays », a assuré Bill Ravel à nos confrères de Radio 1 Tahiti. Fondateur, dans les années 80, des compagnies Air Calin et Air Vanuatu, Bill Ravel aurait déjà bouclé son « tour de table » des actionnaires, sans révéler l’identité de ces derniers, et donné un nom à sa compagnie : Islands. L’homme d’affaires, qui avait lancé en 2010 une liaison maritime entre Tahiti et les Îles-Sous-Le-Vent, revient donc dans le secteur du transport inter-îles, par les airs.

Le monopole d’Air Tahiti en danger ?

Pour l’heure, seule la compagnie Air Tahiti assure les liaisons domestiques en Polynésie. Si celle-ci est privée, elle assure une mission de service public en desservant les îles éloignées de la Collectivité. Air Tahiti a surtout un monopole difficile à déboulonner, que ce soit en terme de desserte aérienne ou maritime. Au début des années 2000, un autre homme d’affaires polynésien, Robert Wan, avait créé sa propre compagnie : Wan Air. L’expérience fut de courte durée. En cause : des appareils inadaptés et des prix au-dessus de ceux pratiqués par Air Tahiti. De même, la liaison maritime des Îles-Sous-Le-Vent par Ferry, créé en 2010 par Bill Ravel, n’a pas duré en raison notamment du fort ancrage d’Air Tahiti dans le transport inter-îles des passagers. Bill Ravel a également subi quelques déboires commerciaux dans ses entreprises de transport maritime en Nouvelle-Calédonie montées en défiscalisation. E 2012, il avait également été mis en examen dans l’affaire du financement du syndicaliste polynésien Cyril Le Gayic.

En 2010, Bill ravel lançait le ferry King Tamatoa sur la desserte maritime des Îles-sous-le-Vent. Une aventure de courte durée ©Louis Laplane

En 2010, Bill ravel lançait le ferry King Tamatoa sur la desserte maritime des Îles-sous-le-Vent. Une aventure de courte durée ©Louis Laplane

Pour sa compagnie aérienne Islands, Bill Ravel aurait choisi d’exploiter deux Embraer 175. Selon le site Outremer Aviation, ces appareils disposent d’une plus grande capacité (78 à 88 passagers) et sont plus rapides que les ATR d’Air Tahiti (48 ou 68 passagers). La compagnie historique dispose de 2 ATR 42-600 et bientôt 7 ATR 72-600, soit une flotte bien plus conséquente. Néanmoins, Bill Ravel avance un argument de taille : des tarifs « 15 à 20% moins chers » qu’Air Tahiti (360 euros pour un aller/retour Tahiti – Bora Bora en haute saison). Mais si la compagnie Air Tahiti dessert la quasi-totalité des îles de Polynésie française, la compagnie de Bill Ravel sera plus limitée en raison de l’appareil choisi. En effet, les Embraer 175 ont besoin d’une piste d’une longueur minimale de 1200 m pour décoller et atterrir, 2000 m pour un décollage à pleine charge. « A titre d’exemple la piste de Bora Bora fait 1500 mètres de longueur et la plus longue en dehors de Tahiti et Hao est celle de Rangiroa avec 2100 mètres ».

La compagnie Air Tahiti est pour l'heure la seule compagnie domestique de Polynésie ©Frédéric Parisot

La compagnie Air Tahiti est pour l’heure la seule compagnie domestique de Polynésie ©Frédéric Parisot

Pour l’heure, le projet Islands en est à ses balbutiements. La demande d’autorisation de licence sera déposée cette semaine et la mise en route officielle devrait se faire à l’horizon juillet 2018. Cette date dépendra néanmoins des délais administratifs nécessaires à son lancement. Ce qui devrait laisser un répit pour que la compagnie Air Tahiti réagisse à l’arrivée d’un concurrent.

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment