Crise du sucre : 2017 déjà dans les esprits

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Alors que la campagne sucrière a démarré sur les chapeaux de roues à la Réunion, les acteurs de la filière canne-sucre pensent déjà à 2017. Cette année marque la fin des quotas sucriers dont la date est fixée au 1er octobre plus précisément.

Mis en place dans les années 1960, les quotas sucriers fournissent aux agriculteurs un prix minimal garanti. Un mécanisme installé dans le but de soutenir la filière de la concurrence mondiale. Mais l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est passée par là et a préconisé un réforme du régime du marché du sucre. La filière se prépare donc à une crise sans précédent, qui fait l’objet d’un dossier Outremers 360. À partir du 1er octobre 2017, la fin des quotas induit une concurrence plus vive tant sur le point du volume que sur la tarification de la production. Avec un secteur qui emploie 20 000 personnes et qui produit chaque année plus de 100 000 tonnes de sucre, la Réunion est le premier département touché de plein fouet par les effets de la libéralisation du marché du sucre. Des producteurs qui doivent faire face à une concurrence à double ressorts. La première sur le front européen avec les professionnels du sucre de betterave, la seconde à l’échelle mondiale avec les grands producteurs comme le Brésil ou l’Inde.

Une source d’inquiétude qui se mêle à un climat économique morose pour la filière. Comme un signe précurseur, le prix garanti du sucre au sein de l’Union Européenne continue sa dégringolade. Établi à 632 euros la tonne en 2006, il est actuellement fixé à 404 euros la tonne. Une fois ce quota supprimé en 2017, cette tarification pourrait subir une nouvelle baisse et s’aligner sur le prix du cours mondial, défini pour le moment à 369 euros la tonne. Mais le problème de la tarification du prix n’est pas la seule inquiétude avancée. À la Réunion qui exporte essentiellement du sucre roux sur le marché européen, on redoute l’arrivée du sucre roux vietnamien. En effet, l’ouverture du marché au sucre roux vietnamien constituerait un nouveau danger pour le sucrier réunionnais, qui à des coûts de production plus élevé que ses concurrents mondiaux.

Catégories : Economie

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