Crise du sucre : Le dilemne du choix du sucre ou de la bagasse à la Réunion

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Le développement d’une nouvelle variété de canne à sucre, plus fibreuse que dotée en sucre par un centre de recherche, suscite l’inquiétude chez les professionnels de la filière.

Passer de la production de richesse saccharine à la production de richesse bagasse ? Telle est la question que les professionnels de la filière canne-sucre de la Réunion se posent. L’objet de cette interrogation est la récente création d’une nouvelle variété de canne sucre par l’Ercane, un centre de recherche sur la productivité sucrière et les nouvelles valorisations de la canne à sucre. La particularité de cette nouvelle invention : une canne qui produit davantage de fibre que de sucre, la R587. Le projet peut paraître audacieux mais en plein débat sur l’avenir de la production  après la fin des quotas sucriers prévue pour 2017, il laisse perplexe. Déjà, les divergences apparaissent. Interrogé par nos confrères de Zinfos974, la chambre d’agriculture penche pour la production sucrière même si des discussions sont en cours.  Le vice-président assure que le système « canne sucre » est tout de même plébiscité par la majorité des planteurs. « Ce sont les sucres spéciaux qui font la richesse de La Réunion », rappelle-t-il. Du côté du syndicat, on ne s’oppose pas à la production d’une canne plus fibreuse. « Cela permettrait de continuer à faire de la canne malgré la fin des quotas sucriers annoncés pour 2017. Il nous faut envisager davantage les différentes potentialités que nous offre la canne à sucre à La Réunion. » affirme Frédéric Vienne, le président de la fédération des syndicats d’exploitants agricoles, la FDSEA.

Reste encore à régler la question de la revalorisation la prime bagasse. « Si un changement de cap devait se mettre en place, la bagasse devra faire l’objet d’une meilleure prise en compte », ajoute Frédéric Vienne. En effet, majorer d’1,50€ passant ainsi de 13 à 14,50 euros/tonne de canne à sucre, le montant de la prime est encore jugée insuffisante par les planteurs. À titre comparatif, le prix d’une tonne de canne à sucre doté de 13% de richesse saccharine s’élevait à 39,09 € en 2014. Du côté du centre de recherche, on cherche surtout à rassurer la profession. »Il n’y a pas eu de directive officielle pour maximiser la fibre au détriment du sucre », affirme Bernard Siegmund, directeur d’Ercane. La future variété sortira de laboratoire au cours de cette année 2016. Sur l’ile, les centrales thermiques du Gol et de Bois Rouge utilisent la bagasse en combiné avec du charbon, depuis plus d’une vingtaine d’années pour produire de l’électricité. En 2013, la bagasse couvrait 19% de la production d’énergie. D’ici 2023, elle devrait atteindre les 60% selon Albioma, premier producteur d’électricité de l’île.

 

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