Crise du Nickel : Les résultats d’Eramet en chute libre

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©Angela Bolis / Lemonde.fr

Hier soir à Paris s’est tenu le conseil d’administration d’Eramet. Face à des résultats annuels 2015 en net repli, le minier français va apporter son soutien à sa filiale calédonienne du nickel, la Société Le Nickel, qui subit une sévère crise depuis la chute du cours à la bourse londonienne.

Le groupe minier et métallurgique accuse une perte nette annuelle du groupe de 714 millions d’euros (contre 159 millions en 2014) et a enregistré une perte opérationnelle courante de 207 millions (contre +75 millions en 2014) et un chiffre d’affaires de 3.109 millions (-1,1%). Evoquant une « crise mondiale et profonde du secteur minier et métallurgique, avec des prix au plus bas depuis 15 ans », Eramet a indiqué que son plan 2014-2017 de réduction des coûts et d’amélioration de la productivité s’était traduit par environ 180 millions d’euros d’économies à fin 2015 sur les 360 millions visés en fin de plan. Un plan de réduction des coûts et d’amélioration de la productivité qui sera renforcé cette année. Eramet va également soutenir sa filiale calédonienne la Société Le Nickel, « 150 millions d’euros sont apportés par Eramet pour soutenir la SLN et garantir pour les six prochains mois l’activité de l entreprise », a annoncé le député calédonien Philippe Gomes, membre du Conseil d’Administration d’Eramet, en direct à la radio Nouvelle-Calédonie 1ère.

 Philippe Gomes, député de la Nouvelle Calédonie et membre du CA d'Eramet, lors du dernier comité des signataires © Tenahe Faatau

Philippe Gomes, député de la Nouvelle Calédonie et membre du CA d’Eramet, lors du dernier comité des signataires © Tenahe Faatau

En Nouvelle-Calédonie, la grogne des salariés commence à se faire entendre. Le syndicat majoritaire, Soenc Nickel, a appelé à la grève générale. Un mouvement principalement suivi sur le site de Doniambo, mais peu mobilisateur sur les sites de Thio, Kouaoua, Népoui, Tiébaghi et Poum. Si le syndicat semble satisfait des 150 millions d’euros de soutien apporté par Eramet, il dénonce les « mesurettes » et des décisions « lâches et inadaptés ». Une grande inquiétude plane notamment sur leurs acquis sociaux. De son côté, Philippe Gomes appelle à la responsabilité des salariés, « les salariés de la SLN, doivent prendre leur part de responsabilité dans la survie de leur entreprise car des efforts sont encore nécessaires pour améliorer la compétitivité de l’usine de Doniambo ». Jamais le cours du nickel n’a été aussi faible depuis 15 ans, « il faut désormais se serrer les coudes et assurer l’avenir de la SLN jusqu’à la fin de la crise, car l’industrie mondiale des matières premières est au bord d’une catastrophe sans précédent ».

En Nouvelle-Calédonie, l’industrie du nickel, vieille de 130 ans, est un enjeux stratégique pour l’avenir institutionnel du Caillou. Le dernier comité des signataires s’est entendu sur la nécessité de rassembler les divergences et convergences des acteurs politiques calédoniens afin de trouver les meilleures sorties de crise possibles. De son côté, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a déclaré l’état de crise, laissant la compétence au Fonds Nickel pour intervenir auprès des entreprises de la filière calédonienne.

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