Brasserie du Pacifique : Nouvelle usine, nouvelle boisson

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©Radio 1 Tahiti

La Brasserie du Pacifique vient de présenter sa nouvelle boisson qui arrive aujourd’hui dans les étales des supermarchés polynésiens : le Tahitian Cola. À base de vanille de Tahiti, le soda est produit à Tahiti, dans l’usine toute neuve de la Brasserie du Pacifique (Brapac).

Breizh Cola, Gwadacola, et maintenant Tahitian Cola, les déclinaisons locales de la célèbre marque Coca Cola ont le vent en poupe. « Il fallait trouver quelque chose pour compenser la baisse du chiffre d’affaire » a expliqué Félix Bernadino, P-dg de la Brasserie du Pacifique. Avec le Tahitian Cola, la Brapac veut donner le choix aux consommateurs polynésiens qui apprécient beaucoup (trop ?) le Coca-Cola. Petite différence, la recette de ce Tahitian Cola intègre la vanille de Tahiti, lui offrant un goût naturellement sucrée, mais avec une petite nuance, « ce n’est pas un cola vanille, qui sont des produits qui ne marchent pas et ne sont pas bons. C’est très différent, dans le Tahitian Cola il y a une touche de vraie vanille de Tahiti dans la recette, de l’ordre de 0,5 pour mille qui donne une touche locale », insiste Marotea Virac, directeur d’exploitation de la nouvelle usine où est produit le Tahitian Cola. Selon Tahiti-infos, la boisson contiendrait moins de sucre que le leader du marché Coca-Cola, mais une différence qui reste minime.

Quelques ministres polynésiens ont répondu présents à la présentation du nouveau Tahitien Cola et de la nouvelle usine de la Brasserie de Tahiti ©Tahiti-infos

Quelques ministres polynésiens ont répondu présents à la présentation du nouveau Tahitien Cola et de la nouvelle usine de la Brasserie de Tahiti ©Tahiti-infos

Le Tahitian Cola est produit dans une usine nouvelle, équipée d’un outil industriel dont le coût s’élève à 2 millions d’euros et qui a bénéficié de la défiscalisation hexagonale. Cette nouvelle usine est entièrement automatisée, elle répond aux derniers standards d’hygiène et d’efficacité et la Brapac souhaite, à terme, y brasser la marque Pepsi, dont elle est le distributeur. Éco-responsable car équipée de panneaux solaires qui assurent la consommation énergétique de l’usine, l’investissement aurait aussi permis de créer trois emplois directs et six indirect. La Brapac compte bien élargir la gamme Tahitian Cola avec une version sans sucre, une autre à l’orange et une au citron. Pendant la présentation de cette nouvelle usine et du Tahitian Cola, Félix Bernardino a également souhaité dévoiler les trois véhicules électriques qui composent la flotte de l’entreprise. Mais au-delà de l’innovation, de la production locale et de l’investissement éco-responsable faite par la Brapac, cette nouvelle boisson ne pose-t-elle pas un problème sanitaire ?

La Polynésie française affiche le plus fort taux d'obésité en Outre-mer et un des plus important du Pacifique ©DR

La Polynésie française affiche le plus fort taux d’obésité en Outre-mer et un des plus important du Pacifique ©DR

En effet, en Polynésie française, « un enfant sur trois est obèse ! ». Un constat alarmant lancé par Jean-Louis Boissin, endocrinologue et Vice-président de l’association des diabétiques et obèses de Polynésie. Le taux d’obésité infantile en Polynésie française bat les records américains ; 34% des 5-14 ans sont obèses, soit 14% de plus qu’aux Etats-Unis. Chez les adultes de 25 à 64 ans, ont enregistre un taux d’obésité de 62% ! Un chiffre qui place la Polynésie française parmi les pays du Pacifique où l’obésité fait des ravages. Et la première cause est inéluctablement « la sédentarité et l’abandon progressif des régimes alimentaires traditionnels au profit de produits alimentaires transformés et bourrés de graisses et de sucres ». En d’autres termes, la nourriture a toujours eu une place privilégiée dans les îles du Pacifique, sauf qu’avant, les produits étaient sains, naturels. Ils ont, petit à petit, été remplacés par une alimentation industrielle, plus grasse, plus sucrée. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir un enfant se nourrir d’un biberon rempli au Coca-Cola.

En somme, l’arrivée d’une nouvelle boisson sucrée, bien que locale, n’est pas forcément de bon augure dans une Polynésie malade de mal bouffe, d’obésité et autres cancers.

©Etude Podium

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